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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

15 janvier 2010 5 15 /01 /janvier /2010 10:10

(Syfia/CRP) À Brazzaville, beaucoup d'enfants et d'adolescents ont passé les fêtes de Noël et de la Saint-Sylvestre à boire de la bière dans les bars. Agressivité, comportements sexuels déséquilibrés et risques de dépendance… Parents, patrons de bars et autorités se renvoient la responsabilité.

 

Sur l’avenue des Trois martyrs à Brazzaville, tous se préparent à fêter Noël. Le ciel s’éclaircit après deux heures de pluie. Les rues sont pleines de flaques d’eau. "Il a plu, mais nous allons au bar pour faire plaisir aux enfants", soutient Bienvenue. D'autres parents prennent la pluie pour prétexte pour ne pas sortir : "Je n'irai pas au bar avec les petits. Ils y tenaient pourtant tellement…"

Pour fêter Noël ou la nouvelle année, les adultes sortent seuls ou avec leurs enfants, qui consomment alors du jus. Certains emmènent même leur fille ou leurs fils de… 4 ans dans les débits de boisson ! Mais bon nombre de mineurs de 8 à 17 ans y vont seuls et se laissent tenter par l’alcool. "J'en bois par ce que c’est la fête. Si mes parents m’attrapent avec de la bière, ils vont me 'tuer' !", témoigne un garçon de 13 ans, inconscient des multiples dangers qu'il coure. "L’abus d’alcool pousse les jeunes à avoir des comportements sexuels déséquilibrés. Ils peuvent devenir agressifs et alcooliques à la longue", résume un médecin, avant de conclure : "Ils ont tendance à imiter les adultes".

 

Parents démissionnaires

"A 9 ans, on ne sait pas encore se contrôler. Les responsables, ce sont les parents qui donnent à ces jeunes de l’argent pour aller boire avec les amis !", s'indigne Firmin Antsoutsoula, père de famille. "Certains sont coupables et démissionnaires", insiste Christ, 23 ans, qui pense que quand on tient à son enfant on ne peut pas l’amener dans un bar "ni l’autoriser à boire de l’alcool".

Certains parents rejettent la faute en partie ou totalement sur les pouvoirs publics. "C’est le laisser aller des parents qui occasionne ce genre d’agissements, mais les autorités peuvent aussi veiller à ce que ces mineurs n’aillent pas dans les bars", estime Abbé, un père de famille. "La force publique doit nous aider à éradiquer ce problème. Quand tu donnes de l’argent à ton fils, tu ne lui demandes pas d’aller consommer de l’alcool", juge de son côté Martial.

Pendant les fêtes, les autorités ont mis en place une opération dite Tranquillité et placé devant les bars et au niveau des ronds-points, des policiers. Leurs missions : surveiller les jeunes et ordonner aux gérants des débits de boisson de ne pas les accepter après 20 heures. "Nous arrêterons toute personne qui mettra en cause ces dispositifs et ferons fermer les bars hors la loi ", promettait une autorité de la force publique avant les fêtes. Une sévérité affichée qui a réussi dans certains quartiers, mais non dans les zones périphériques que la police sillonne rarement, où les mineurs ont envahi les bars. "Ils représentaient 80 clients sur 100 là où j’étais !", affirme encore Martial.

 

Barmen passifs

Les patrons de bars, qui n'encourent aucune sanction quand ils vendent de l’alcool aux enfants tentent de justifier leur passivité. "Nous ne leur demandons pas de venir en acheter !", se défend sans état d'âme un gérant. "Je ne vends pas de la bière à un mineur s’il ne me dit pas qui l’a envoyé", ajoute Cédric, un propriétaire de bar, plus modéré.

En dehors des fêtes, les jours ordinaires, les enfants ne fréquentent pas beaucoup les débits de boissons. Les autorités promettent cependant de rester vigilantes. "Notre travail ne s’arrête pas à la période des fêtes. Nous assurons la sécurité au quotidien", conclut le colonel Jean Aive Alakoua, porte-parole de la police nationale.  

 

 

El-Staël Enkari

 

 

Janvier 2010

 

 

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Published by Syfia Congo Brazza
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com