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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

29 avril 2011 5 29 /04 /avril /2011 08:55

(Syfia/CRP) A Brazzaville, plusieurs femmes deviennent chefs de familles lorsque leurs époux partent à la retraite. Elles prennent en charge maris et enfants, grâce à de petites activités commerciales. Difficile, mais elles s'en sortent.

 

"Avec ce que je gagne dans mon commerce, je m'occupe de mes enfants et de mon mari retraité. En principe chaque trimestre il touche sa pension (55 000 Fcfa/mois, près de 85 € Ndlr), mais cette dernière n'est pas régulièrement payée", témoigne maman Alphonsine. Entre les rayons de poissons frais, on se bouscule, les cris fusent de partout. Chaque vendeuse essaye de persuader le client d’acheter. Teint clair, taille moyenne, Alphonsine, 50 ans révolus, est mère de sept enfants. Elle vend du poisson frais dans un marché de Brazzaville depuis plusieurs années, mais aussi du foufou dans son quartier. Elle fait partie de ces femmes devenues, un peu malgré elles, chefs de famille. Une responsabilité qu’elle a commencé à assumer en 1988 quand son mari a fait valoir ses droits à la retraite.

Combattive, avec son franc-parler, cette maman d’un tempérament comique, nourrit son époux, fait face à ses problèmes de santé et prend en charge la scolarisation de ses enfants. Une inversion des rôles qui ne perturbe pas plus que cela le retraité. "C'est normal. Quand j'étais en activité, c'est moi qui m'occupais d'elle. Elle a pris le relais et doit continuer à faire exactement ce que je faisais", estime Daniel. "Lorsque papa travaillait, il donnait de l'argent pour la popote, les études… Aujourd'hui, il est retraité et ne vit que de la pension qui passe difficilement. Quand maman vend un peu de foufou, l'argent encaissé sert à faire le marché et à subvenir aux besoins de la famille", observe Larissa, fille aînée du couple.

L'atmosphère dans le foyer semble être restée la même. "Nos relations sont bonnes. Prendre le relais ne veut pas dire dominer son mari. Même s'il est fatigué, ce dernier reste toujours le chef de la famille ", assure Daniel. "Nous sommes des humains et les écarts de langage ne peuvent pas manquer... Mais, cela ne veut pas dire que la femme doit dominer parce qu'elle soutien la famille. Le mari reste toujours le chef !", confirme Larissa.

 

Être entreprenantes, pour le bien des enfants

D’autres familles sont dans la même situation. "Depuis 1995 que papa est retraité, c'est maman qui prend en charge la maison. A travers son commerce, elle donne l'argent de la popote et paie l'école de mes deux cadets qui fréquentent dans le privé (12 500 Fcfa/mois, chacun, près de 20 €)", explique Mlle Irma, 23 ans. Depuis 2007 et le départ à la retraite de son mari, Antoinette, mère de 4 enfants, fait face à la même situation grâce à son commerce d’arachide. "J'ai commencé à vendre en 1990, quand mon mari était encore actif. Aujourd'hui, c'est moi qui réponds à presque tous les besoins de la maison", témoigne-t-elle. Elle poursuit : "Quand mon époux touche sa pension, il me donne un peu pour renforcer mon commerce."

Pour les autorités, ces femmes qui gèrent leurs familles avec les revenus de leurs petits commerces ne doivent pas se sentir seules ou abandonnées. Elles peuvent solliciter "l'aide financière et morale du ministère des Affaires sociales", explique Daniel Mondinzoko, directeur départemental à Brazzaville dans ce même domaine. Tout en reconnaissant le problème d'information et de communication à propos de ce soutien, il ajoute : "Le ministère aide toutes les couches sociales. Que ces femmes viennent nous voir, mais avec l'idée qu'elles sont elles-mêmes actrices dans la résolution de leurs problèmes."

Plusieurs associations accompagnent également les femmes de retraités "en situation difficile", à travers des conseils ou l’initiation à différents métiers. Tel est le cas de l’association Œuvre Notre-Dame des veufs et orphelins du Congo (ONDV-OC). "Nous avons aidé des femmes mariées qui, sur le plan économique, n'avaient pas assez de moyens. Elles sont maintenant indépendantes. En dehors de cette aide, nous les accompagnons aussi moralement", déclare François-Xavier Mayouya Mifoundou, président de l’ONDV-OC.

Pour ces femmes devenues chefs de familles à la retraite de leurs maris, un des secrets pour éprouver moins de difficultés est sans doute d'être très tôt autonomes et d'exercer une activité quand l'époux a encore un travail. Maman Alphonsine conclut : "J'exhorte les femmes qui ne sont pas entreprenantes à se débrouiller, surtout pour le bien de leurs enfants. Un problème peut arriver, mais si, dans la maison, tu n'as pas d'argent, comment sauras-tu y faire face ?"

 

El-Staël Enkari

Avril 2011

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com