Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
  • Le blog de Syfia Congo Brazza
  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
  • Contact

Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

Recherche

.

Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

19 mars 2010 5 19 /03 /mars /2010 09:24

(Syfia/CRP) Le 8 mars dernier, la Journée internationale des femmes a aussi été la fête des détenues de la maison d'arrêt de Brazzaville. Ces dernières ont en effet reçu différents dons. Un peu de baume au cœur pour des personnes qui vivent dans des conditions extrêmement difficiles, déplorées par plusieurs associations. Reportage.

Il est  onze heures, le soleil est à son zénith. En ce 8 mars, Journée internationale des femmes, la cour de la maison d’arrêt de Brazzaville est remplie de dames de l’association Femmes du corps de Christ en action (FCCA). Chacune d’elles tient un sac rempli de savons, détergents, habits, serviettes et papiers hygiéniques… Elles sont quarante à être venues soutenir les prisonnières et ainsi "accomplir la volonté de Dieu".

Derrière une porte métallique, les mains tendues, une détenue, à l'air fatigué, demande l’aumône aux visiteurs. Une quête réprimandée rapidement et brutalement par des geôliers. "Hé ! toi, recule ou je te frappe !", lance l’un d’eux. "S’il te plaît, j’ai faim, achète-moi du pain", supplie une autre. Lorsqu’un visiteur fait irruption dans ce couloir mal éclairé, tout le monde se met à crier.

Âgées de 20 à 40 ans, les 16 détenues ont toutes l’air malade. Elles sont entre cinq et sept par cellule qui leur sert à la fois de dortoir et de toilettes avec des seaux pour leurs besoins. Quand elles reçoivent les dons, elles se disent "contentes, car, même si c’est petit, c’est essentiel". "Depuis ce matin, nous attendions la visite des mamans qui pouvaient partager notre peine", confie une prisonnière. A l'occasion de la Journée des femmes, la FCCA a été la seule association à visiter ces détenues.


En quête de soutien

En présence des visiteurs, ces femmes sont obligées de rester discrètes. "Nous n’avons pas le droit de dire quoi que ce soit aux visiteurs, sinon les chefs (geôliers ou autres détenues, Ndlr) vont nous taper ou nous punir", affirme l'une d'elles. Certaines, qui sont là depuis plus de sept ans et qui n’ont pas été jugées, ni même été entendues par un juge d’instruction, apprécient toute marque de soutien. Un soutien d'autant plus précieux que certaines "n’ont plus de famille et personne pour leur rendre visite", remarque un geôlier. "Même la prière compte pour nous", confirme l'une d'elles.

Construite pour accueillir 100 détenus au maximum, la prison de Brazzaville reçoit jusqu'à 600 personnes. Les ONG soulignent qu'aucune maison d'arrêt n'a été construite depuis l'indépendance du pays, en 1960, et déplorent cette surpopulation carcérale à l'origine de conditions de détention déplorables. "Ce constat de désolation est largement partagé par tous, y compris par la majorité des autorités en charge de cette question", souligne, dans un rapport publié à l'occasion du 61e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme, en décembre 2009, la Fédération congolaise des droits de l'Homme (Fécodho), une plate-forme qui regroupe une dizaine d'ONG.

Pour améliorer, un tant soit peu, le quotidien de ces personnes et permettre aux prisonniers de se nourrir et d’apprendre l’agriculture, l’Association pour les droits de l’Homme et l’univers carcéral (ADHUC) a aménagé en 2005 des jardins potagers dans les prisons. Elle a aussi organisé, en 2006, un séminaire sur les droits des détenus, avec tous les régisseurs des maisons d’arrêt du Congo. Pour le responsable de cette association, Louamba Moké, "le budget de l’État ne répond pas aux besoins des détenus. C'est ce qui explique qu’ils vivent dans de telles conditions". Il insiste sur le fait que ceux qui sont privés de liberté "ont leurs droits", notamment ceux "d’être nourris et soignés."

 

"Extrême promiscuité"

De son côté, l’Observatoire congolais des droits de l’Homme (OCDH) apporte une assistance juridique aux prisonnières et assure le suivi des conditions de détention au Congo. Pour Rock Euloge N’zobo, responsable de programmes dans cette structure, "la situation de la femme incarcérée est déplorable". "Non seulement, les détenus vivent dans la plus extrême promiscuité, entassés (…) comme du bétail, mais aucune norme des règles minima des Nations unies n'est observée", dénonce plus généralement dans son rapport la Fécodho.

En théorie, la prison ne doit pas uniquement punir, mais aussi éduquer et réinsérer. Pourtant, au Congo, les femmes ne bénéficient actuellement pas de ces droits. Il est donc question que le gouvernement construise des maisons d’arrêt plus modernes, conformes aux standards internationaux. Pour maman Dorcas Passi, présidente de l’association FCCA, en tout cas, "pas question d’abandonner nos sœurs au moment où elles ont le plus besoin de nous".

 

El-Staël Enkari

Mars 2010

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
commenter cet article

commentaires

Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com