Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
  • Le blog de Syfia Congo Brazza
  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
  • Contact

Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

Recherche

.

Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

24 mai 2013 5 24 /05 /mai /2013 13:19

(CRP/Syfia) Ces dernières semaines, pour maîtriser les flux migratoires au Congo, des autorités locales enregistrent dans des quartiers de Brazzaville les étrangers. Pas de dérapages xénophobes pour l'instant, mais déjà une centaine d'interpellations.

 

Près d'une centaine d'étrangers interpellés. Le 12 mai dernier, à Brazzaville, la direction générale de l'immigration a arrêté ces personnes, majoritairement des commerçants ouest-africains, sans cartes de séjour, ni visas en règle. Elles devraient être prochainement reconduites à la frontière. Ces interpellations ont eu lieu à la suite de recensements menés depuis plusieurs semaines dans les quartiers.

"Nous allons faire un contrôle de recensement de proximité. Nous passerons de parcelle en parcelle contrôler les étrangers. Sont-ils en situation régulière ou irrégulière ?", avait annoncé mi-avril, aux représentants des communautés étrangères à Brazzaville, Alphonse Obouande, directeur général de l'immigration. Ce recensement, les chefs des quartiers de blocs et zones de Poto-Poto et Moungali avaient commencé à le faire à la veille des fêtes de fin d'année 2012, sur instruction du ministre de l'Intérieur. Ils avaient par ailleurs suivi une formation à Poto-Poto, commune qui a une forte concentration d'étrangers originaires d'Afrique de l'Ouest, de RD Congo ou encore du Tchad.

 

"Mêmes droits et libertés"

Ce genre de mission est d'ordinaire réservée à la police et aux services d'immigration. Mais, ces dernières semaines, les chefs de blocs collectent les données des recensements auprès de logeurs et les transmettent aux chefs de quartiers qui à leur tour envoient des fiches de renseignements aux administrateurs maires et aux services d'immigration. Objectif affiché : maîtriser les flux migratoires dans le respect des individus. "Nous avons fait comprendre aux chefs de quartiers qu'un étranger n'est pas un ennemi. Il bénéficie des mêmes droits et libertés qu'un Congolais", rappelle Jacques Elion, administrateur maire de Poto-Poto, citant la Constitution du 20 janvier 2002 (article 42).

A ce jour, aucun chiffre précis des étrangers en situation régulière ou irrégulière n'est avancé par l'immigration. Pour le maire de Poto-Poto, le contrôle devrait se faire à deux niveaux : "Entre ceux qui gèrent les frontières et nous autres, autorités locales, les responsabilités sont partagées. A nous de contenir ces personnes dans nos quartiers, nos zones et blocs respectifs en demandant aux chefs de quartiers de tenir des registres avec les noms des étrangers rentrés frauduleusement pour qu'on puisse les interpeller au moment opportun."

Jean Aive Allakoua, porte-parole de la police, demande lui "à certains logeurs d'instaurer des contrats qui pourraient être une bonne base de renseignements. En cas de problème, cela pourrait faciliter notre travail." Une demande auxquels certains logeurs ne semblent pas répondre, car souvent leur bail n'est que verbal. "L'important, c'est le rapport de confiance que j'instaure avec mon locataire, surtout s'il me paye chaque fin du mois son loyer. Pour le reste, à la police de faire son travail !", estime Félix Bitori, un logeur du Plateau des 15 ans, à Moungali.

 

Tenace étiquette

De son côté, Johnny, ressortissant de RD Congo, marié à une Congolaise de Brazzaville, ne s'inquiète pas outre mesure des dernières mesures sécuritaires. "Je suis ici depuis cinq ans. Il suffit d'être en règle avec les lois du pays qui nous accueille. Mais, il faut reconnaître que nous sommes parfois mal appréciés, car les anciens Zaïrois venus ici étaient réputés voleurs. Encore aujourd'hui, tous ceux qui arrivent ont cette étiquette collée à leur peau. Dans les maisons où nous sommes locataires, il y a souvent cette méfiance, mais on s'habitue."

La société civile semble, elle, confiante que les recensements en cours se font et se feront sans xénophobie. Kevin Mviri, chargé de programmes à l'Association pour les droits de l'homme et l'univers carcéral (Adhuc), estime que "le chef de quartier est une autorité qui représente l'administrateur maire. Logiquement, il ne devrait donc pas y avoir de dérapages. Si cela arrivait, ces chefs de quartiers et agents recenseurs devraient être sanctionnés." Il conclut : "en envoyant de temps en temps nos membres sur le terrain, nous veillons à ce qu'il n'y ait pas de problème au cours de ces opérations. Jusque là, aucun dérapage n'est signalé."

 

Marien Nzikou-Massala

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
commenter cet article

commentaires

Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com