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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 09:00

(CRP/Syfia) Une douzaine d'enfants de la rue ont dernièrement été formés, pendant six mois, à la photographie grâce à une OSC congolaise. Une découverte prometteuse pour eux et pour tous ceux qui les jugeaient juste capables de mendier.

 

Espace Jarrot, un pensionnat d'enfants de rue. Nous sommes à Bacongo, dans le 2ème arrondissement de Brazzaville, un samedi de janvier 2013. Blaise, 13 ans, regarde à travers le viseur de son appareil photo. Il s'agenouille délicatement pour prendre sa première prise de vue de la journée. Il est visiblement content et savoure avec ses amis ces instants. Même hardiesse pour Destin, 14 ans.

Blaise et Destin font partie de la douzaine d'enfants de la rue qui ont suivi, tous les samedis de juillet à décembre 2012, une formation sur comment bien utiliser un appareil photo et comment s'exprimer à travers la photographie. Formation financée par la Fondation espagnole Almayuda et organisée par le Collectif Génération Elili, une OSC congolaise regroupant de jeunes photographes. Pour Baudouin Mouanda, coordonateur de ce collectif : "Les enfants se sont familiarisés avec les outils et notions de la photo, mais ils ont aussi appris à s'exprimer à travers cet art."

 

"Douées comme les autres !"

Guy Richard, 17 ans, confirme : "Je croyais qu'être photographe, c'était s'enfermer dans un studio et prendre des photos d'identité ! Mais, j'ai appris à photographier avec mon cœur !" Blaise, qui espère apprendre encore, puis à son tour initier d'autres de ses camarades, explique : "Durant six mois, j'ai pris beaucoup de plaisir à photographier des choses qui, à première vue, paraissent anodines, mais qui ont en fait beaucoup d'importance pour moi." Parmi ses photos, on voit des enfants jouer au foot, des portraits de ses copains, une poubelle publique, etc. Autant de fruits de balades dans Brazza et qui parlent de son quotidien. Selon Richard Fabrice Ngoma, directeur artistique adjoint du Collectif Elili et formateur de ces jeunes, cette initiative leur "a offert une occasion unique de se familiariser avec la photographie et de développer leur sensibilité par rapport à leur environnement. Chacun était libre de traiter le sujet qui lui tenait à cœur."

Ces enfants ont aussi apprécié de pouvoir exposer leurs travaux. Ces derniers ont en effet été projetés dernièrement au siège du Collectif. Les habitants du quartier ont été invités. Une fierté pour Blaise : "Avant, certains se moquaient de nous… Mais, quand ils ont vu nos photos, ils n'en revenaient pas. Beaucoup pensent qu'un enfant de la rue ne peut rien faire d'autre que quémander !" Un début de reconnaissance appelé à se renforcer, selon Antoine Massamba, agent de la mairie de Makélékélé (1er arrondissement de Brazzaville) : "Lors de cette projection, j'ai vu les photos des enfants de l'Espace Jarrot. Je ne m'attendais pas à cela ! On a tellement de préjugés sur eux qu'on oublie que ce sont des personnes à part entière douées comme toutes les autres !" Antoine regrette simplement que ce genre d'initiatives intéresse jusqu'ici trop peu les autorités de cet arrondissement.

A ce sujet et faisant référence à l'espoir des jeunes d'exposer prochainement leurs clichés à l'Institut français du Congo, Baudouin préfère aller étape par étape : "Connaissant la lenteur de certaines administrations et autorités locales, notre Collectif a d'abord préféré travailler seul. Nous leur en parlerons dans les jours à venir quand les enfants présenteront à nouveau leurs travaux."

 

Un seul rêve

Pour l'heure, Blaise et ses amis s'activent donc à améliorer, encore et toujours, leurs photos en vue des prochaines expositions. Une visibilité qui permettra peut-être à certains de révéler leur sensibilité artistique, leurs créations personnelles et, pourquoi pas, d'affirmer leur identité. L'initiative donne en tout cas des idées. Notamment à Sir Daniel Samba, psychologue de l'association Enfance créatrice de développement (Encred), qui souhaiterait en faire bénéficier les jeunes de son centre : "Ce genre de formations pourrait être un loisir après les cours ou devenir un élément déclencheur de talents cachés." Avis partagé par M. Philip, du département de l'enseignement professionnel de Brazzaville : "La photographie est un secteur peu développé dans notre pays, mais beaucoup d'artistes vivent de ce métier."

Blaise et ses copains n'ont à présent qu'un seul rêve : devenir des stars de la photo, publier leurs clichés dans les magazines du monde entier et continuer à faire taire leurs détracteurs.

Annette Kouamba Matondo

 

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com