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Présentation

  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
  • Le blog de Syfia Congo Brazza
  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 14:07

(CRP/Syfia) Informées sur leurs droits par une OSC de Brazzaville, des parajuristes transmettent leurs connaissances à d'autres femmes de différents milieux. Objectif : dénoncer à la police ou aux cliniques juridiques les viols et violences.

 

"Le viol est un problème réel dans plusieurs familles, mais les victimes ont encore du mal à dénoncer leurs tortionnaires. Il faut en parler pour trouver des solutions !", lance maman Pauline, présidente de l’Association 61/62, affiliée au parti politique Mouvement action et renouveau (Mar). Elle s'adresse ainsi à une vingtaine de femmes avec lesquelles elle débat des violences sexuelles. Cette scène s'est déroulée à Mpila, à Brazzaville, fin janvier dernier. Maman Pauline est parmi la cinquantaine de parajuristes formées par le Comptoir juridique junior (CJJ) en décembre 2012. A leur tour, ces dernières informent d'autres femmes.

Esther, une des participantes au débat de Mpila, souligne : "C’est la première fois que je discute de ce sujet, souvent considéré comme tabou. Cela m'éclaire !" De son coté, Angela, étudiante en droit, affirme avoir "pris connaissance des lois qui protègent la femme. Nous saurons désormais comment agir !" Martine, mère de quatre enfants, avoue quant à elle : "La Congolaise méconnaît ses droits et ne sait pas auprès de qui s'adresser quand elle est violentée. Il faut beaucoup l'informer !"

Pourtant, à ce jour, aucun député ne fait une préoccupation de cette question à l’hémicycle. Rappelons que le Code pénal (articles 332 et 333) sanctionne le viol de 10 à 30 ans de prison et d’une amende allant de 4 000 à 1 million de Fcfa (de 6 à 1 500 €). La victime doit d'abord se rendre à la police ou à la gendarmerie pour porter plainte, puis son dossier est transféré chez le procureur de la République au Tribunal de grande instance. De même, la victime peut saisir les cliniques juridiques. Ces dernières vérifient les éléments de preuves et aident la personne à rédiger la plainte, puis transmettent le dossier au procureur.

 

"Faire de la femme une actrice"

Former des femmes parajuristes représente une première pour le CJJ. Lilian Barros, secrétaire permanent de cette association, se félicite des résultats obtenus par les apprenantes formées fin 2012 : "Nous avons reçu 18 cas de viols orientés par elles ! Nous avons aidé les victimes à rédiger leurs plaintes et à les déposer auprès du procureur." Plaintes qui suivent actuellement leur cours au tribunal.

Certaines autorités adhèrent à l’initiative des OSC. Jeanne Maloumbi, inspectrice à l’inspection générale de l’enseignement primaire, secondaire et de l’alphabétisation, estime que bon nombre de "femmes sont violées et subissent souvent des violences domestiques. Notre rôle est de remonter ces cas au CJJ, afin que les victimes bénéficient d'une assistance juridique." Pour sa part, Issami Costelie, directrice à la formation qualifiante, membre de la Convention d’action du développement et de la démocratie (CADD), pense que pour "combattre le viol, il faut d’abord que la femme sache réellement qui elle est et son rôle dans le foyer." Toujours aussi motivée, Peguy Mouanda, diplomate formée elle aussi en décembre dernier et qui a fait depuis des restitutions à des collègues du ministère des Affaires étrangères, précise : "Nos ennemis ne sont pas les hommes. Nous devons agir au niveau de toute la société. Nous voulons faire de la femme une actrice. Nous avons été formées pour aller travailler avec toutes les couches sociales."

 

Violeurs : membres de la famille ou voisins

De son côté, Azur Développement, assiste depuis 2009 les victimes, en achetant leurs médicaments ou en leur assurant un appui psychologique. Leticia Okombi, assistante aux programmes dans cette association, explique : "Nous les référons ensuite à l’Observatoire congolais des droits de l’homme (OCDH) pour l'assistance juridique. Les victimes sont en majorité des adolescentes et leurs violeurs principalement des civils, pour certains membres de la famille ou des voisins…"

Selon le Dr Samba, psychologue à l’unité de lutte contre les violences sexuelles de l’hôpital de Makélékélé, sur 10 victimes, seules 4 reviennent pour un suivi psychologique. Elles sont pourtant nombreuses à avoir besoin de soutien moral… Ainsi, au sein de cette unité, entre 2010 et 2012, le Dr Samba a dénombré 542 viols et incestes !

Pour Lilian Barros, la meilleure chance de prévenir ces violences est de permettre aux Congolais en général et aux Congolaises en particulier d’en prendre conscience, de dénoncer leurs auteurs et de se former aux questions juridiques. Autant de précieux outils pour résister à ces actes inhumains.

 

Jean Thibaut Ngoyi

 

 

 

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com