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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 09:27

(Syfia/CRP) Depuis des années, des pêcheurs utilisent des engins explosifs, des filets à petites mailles et même du poison pour capturer en masse les poissons du fleuve Congo. Certains commencent toutefois à renoncer à ces mauvaises habitudes depuis qu'une coopérative les informe sur la nouvelle réglementation.

 

"Payer jusqu'à 100 000 Fcfa (plus de 150 €) d'amende ? Non merci, je préfère abandonner mon ancienne façon de pêcher !", assure un pêcheur kinois rencontré au port de Yoro, à Brazzaville, à environ 3 km du Beach. Comme d'autres, il vient de prendre connaissance de la loi du 14 juin 2010 réglementant la pêche continentale au Congo Brazzaville. Cette dernière prévoit que quiconque utilise des filets, du matériel ou des engins non conformes aux normes pour capturer des poissons sera désormais puni d'une amende comprise entre 10 000 et 100 000 Fcfa.

Donatien Aniniyo, coordonnateur de la Coopérative des pêcheurs de Mpila (COPEM) explique que depuis que la loi a été votée et promulguée, son groupement fait des descentes dans tous les campements de pêcheurs de la zone nord (de Brazzaville à l'île Mbamou) pour leur expliquer le contenu de la nouvelle réglementation. La coopérative assure ainsi le relais du ministère de la Pêche pour vulgariser ce texte. "Je me réjouis de cette loi qui va dans le sens de l'intérêt général. Il ne faut pas que les pêcheurs pensent que nous freinons leur activité", précise Donatien.

 

"Difficile de trouver des poissons comme avant"

L'engagement de la COPEM pour une pêche durable ne date pas d'aujourd'hui. "Depuis 1998, nous luttons contre la pratique de pêche avec engins (explosifs, Ndlr) dans le fleuve Congo. Nous avons informé maintes fois le ministère de cette situation", rappelle Donatien Aniniyo. Ce à quoi Félicité Malouata, un chef de service à la Direction départementale de la Pêche et de l'Aquaculture continentale de Brazzaville, répond que si la loi a traîné, c'est à cause de l'instabilité qu'a connue le pays à la suite des différentes crises socio-politiques.

Jusqu'ici, l'absence de réglementation a en tout cas laissé libre cours à toutes sortes de pratiques préjudiciables à la préservation de la ressource et du milieu. Tous les moyens étaient bons pour attraper un maximum de poissons en un minimum de temps : engins explosifs (grenades), filets à petites mailles et même poison… Autre technique fort dommageable pour l'environnement : le Ndouka express, qui consiste à arracher à l'aide d'un filet toutes les herbes dans un rayon donné afin de capturer les poissons, petits et grands, qui y vivent. Elle détruit ainsi leur milieu et favorise l'érosion.

Les conséquences sur la ressource se font déjà sentir. "Il est difficile de trouver des poissons comme avant dans le fleuve. Nous allons parfois jusqu'à Mossaka (400 km environ en amont de Brazzaville, Ndlr)", déplore un pêcheur de Yoro. Rufin Mackita, de la Coordination nationale des ONG de développement et de l'environnement du Congo (CONADEC), tire lui aussi la sonnette d'alarme. Il pointe du doigt les habitudes de certains pêcheurs de RDC et du Congo Brazzaville qui emploient des grenades : "Ces deux pays doivent réagir. Sinon, à force d'appauvrir le fleuve, les générations futures n'auront plus rien à manger."

 

Faire appliquer la loi

Face à ce désastre annoncé, Félicité Malouata déplore le manque actuel de textes d'accompagnement pour appuyer et faire appliquer la loi. Un membre de la COPEM insiste sur la nécessité que les autorités voire les forces de l'ordre, prennent ensuite le relais pour discipliner les éventuels contrevenants. "La marine (de RDC et celle du Congo Brazzaville habilitée à surveiller le fleuve et à infliger des amendes, Ndlr) devrait faire des efforts. Ces deux pays devraient mettre en pratique une même législation", insiste Rufin Mackita.

En attendant, conscients qu'ils se mettent à long terme eux-mêmes en danger en détruisant leur gagne-pain, certains pêcheurs commencent à réagir. Jean-Baptiste, 40 ans d'expérience, explique : "Je souhaite aujourd'hui attirer l'attention des pêcheurs sur certaines pratiques qui détruisent l'écosystème. Je n'ai pas d'autre métier qui me fasse vivre. Seul le fleuve nous permet de survivre !"

Jean Thibaut Ngoyi

Novembre 2010

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com