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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 13:32

(Syfia/CRP) À Brazzaville, des religieuses accompagnent des filles mères jusqu’à l’accouchement, leur apprennent des métiers et scolarisent leurs enfants. Des cours d’éducation sexuelle aident ces jeunes mamans à devenir plus autonomes.

 

Dans une salle de formation, Sœur Catherine, une religieuse plus connue sous le nom de "Maman catho", promène son regard sur les apprenties brodeuses. Certaines font des nappes, d’autres des serviettes, d’autres encore des chapeaux ou des napperons. Nous sommes à la Glacière, un quartier sud de Brazzaville. Depuis 1998, Mouvement pour la vie (MV), une association qui regroupe des religieuses et des laïcs, forme chaque année une quarantaine de filles mères à la broderie et à la pâtisserie.

Mme Banzoukassa détaille les étapes de l’aide que son Mouvement apporte aux jeunes mamans : prise en charge jusqu’à la naissance (examens prénataux, layette, etc.), puis scolarisation des enfants et apprentissage de petits métiers pour les plus pauvres. Chaque année l’association aide environ 260 jeunes femmes enceintes et scolarise 1 500 enfants. "Depuis notre création, nous avons sauvé 3 200 vies (enfants à naître, Ndlr)", calcule une religieuse qui a demandé l’anonymat. Elle poursuit : "Notre assistance n’est pas éternelle. Nous aidons ces jeunes femmes pour qu’elles deviennent indépendantes et responsables plutôt que de mendier ou de se livrer à la débauche."

Conscientes de la durée relativement courte (trois ans) de leur formation, les filles mères ont à cœur d'apprendre rapidement leur métier. "J’ai brodé quatre grandes nappes qui m’ont rapporté 217 000 Fcfa (330 €). Une fois par an, nous vendons nos articles au cours d’une exposition", témoigne Chancelle, 25 ans, mère de deux enfants. Une opportunité pour beaucoup de ces jeunes femmes qui vivent encore sous le toit familial de mettre de l'argent de côté et de préparer l’avenir. "La broderie est l’activité phare de l’association. Nos articles sont achetés par des VIP (Very important person) et des Blancs. J’ai ainsi pu investir 150 000 Fcfa (près de 230 €) pour faire un hectare de manioc", confie Chancelle, qui en est à sa troisième année de formation.

 

Petits métiers et éducation sexuelle

Ce qu’elles apprennent au centre de Mouvement pour la vie leur permet aussi de sortir d’une certaine oisiveté. Laetitia, 26 ans, maman d’un enfant, a intégré le centre en 2008. "Par manque de soutien, j’ai abandonné mes études secondaires en 2000. Je ne faisais plus rien. Le centre m’a transformée. C’est grâce à lui qu’aujourd’hui je reçois des commandes de clients", témoigne-t-elle. Elle ajoute : "À la fin de ma formation, j’aimerais ouvrir mon propre atelier de broderie." En une année de formation, elle a déjà engrangé 65 000 Fcfa (près de 100 €) en exposant et en vendant ses articles.

Par son soutien, le centre veut éviter que les jeunes femmes et leurs enfants ne retombent plus ou pas dans le même piège. "J’ai toujours dit à ma fille d’aller à l’école. C’est la base de tout", affirme Carole, qui chaque matin, le rappelle à sa fille de 12 ans. Elle lui parle également de sexualité. "Nous leur enseignons une sexualité responsable", insiste une religieuse. MV n’est pas la seule association à œuvrer dans ce domaine. Marie-Laure Kibangou, chargée de la communication, du marketing et du plaidoyer à l’Association congolaise pour le bien-être familial (ACBEF), explique que celle-ci a aussi pour but d’éduquer les filles et les garçons pour éviter les grossesses indésirables : "En groupe de dix, nous faisons des causeries éducatives, puis nous formons des pairs éducateurs qui animent des séances d’information." Chaque année, l’ACBEF organise plus de 1 500 de ces causeries et forme en moyenne 30 pairs éducateurs.

Il reste cependant encore du travail pour convaincre les garçons irresponsables... Serge, 24 ans, rencontré à Brazzaville, estime que la grossesse de sa petite amie n’est pas son problème, qu’il peut refuser de l'assumer, simplement parce qu’il est au chômage et n’a pas d’argent. Tout juste envisage-t-il, quand il aura trouvé du travail, de reconnaître son enfant. La fille qu’il a mise enceinte avant de l’abandonner n’a, elle, pas eu d’autre choix que de porter et mettre au monde son bébé dont elle s'occupe seule aujourd'hui.

Au Congo Brazzaville, l’avortement est en effet interdit sauf si la vie de la mère est en danger. Certains parents y recourent néanmoins pour leur fille si elle est encore mineure ou s'ils manquent d’argent.

Jean Thibaut Ngoyi

Janvier 2011

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com