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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 15:24

(Syfia/CRP) Formés par Agricongo à Brazzaville et Pointe-Noire, des éleveurs d'aulacodes gagnent leur vie, satisfont les consommateurs et aident à conserver une espèce menacée. La moitié des stagiaires abandonne toutefois ce métier, faute d'un soutien suffisant.

 

Balai en mains, torse nu et serviette autour du cou, Samuel Bidzouta ne chôme pas. Dès sept heures du matin, il nettoie la cinquantaine d'enclos où vivent ses 21 aulacodes, rongeurs sauvages appelés ici sibissi. Nous sommes à Mounkondo, dans le 4e arrondissement de Brazzaville. "Un documentaire à TV5 sur un éleveur béninois m'a poussé à pratiquer moi aussi cette activité", explique ce retraité de la Société nationale de distribution d'eau, formé en 2004 à Kombé, à 17 km au sud de Brazzaville.

C'est là, sur la route nationale n°1, que se trouve le site d'Agricongo. Après Samuel et quatre autres apprenants de la même année regroupés depuis dans un collectif, Agricongo a continué ses formations. Trois stagiaires se forment actuellement à cet élevage. "J'ai l'ai découvert dans la région de la Cuvette. Je le pratique parce que l'aulacode est une espèce rare, mais comestible", résume Alphonse, un stagiaire.

Ce rongeur est en effet apprécié de certains consommateurs et restaurateurs. "J'aime déguster cette viande douce et appétissante", confie Alain, client d'un restaurant. Il est cependant parfois difficile de trouver le sibissi sur le marché. "Depuis quatre ans, je suis ravitaillée par un collectif d'éleveurs. J'achète la bête 20 000 à 25 000 Fcfa (30 à 38 €)", révèle une restauratrice de Maya-Maya. En vendant au détail ou en gros, les éleveurs gagnent en général plutôt bien leur vie. "J'ai vendu 48 aulacodes en 2008 et réalisé une recette de 842 000 Fcfa (plus de 1 280 €)", précise Samuel. Jean Paul Bakabana, retraité, ingénieur chef des Eaux et forêts, poursuit : "Je gagne en moyenne 700 000 Fcfa (1 070 € environ) par an." Soit, selon les éleveurs, 58 000 à 70 000 Fcfa chaque mois. Plus que le Smig congolais (50 000 Fcfa, 75 €).

 

Éleveurs et aulacodes trop rares

Élever des aulacodes n'est toutefois pas de tout repos. Parmi les difficultés qu'il rencontre au quotidien, Jean Paul note la flambée des prix des aliments et la difficulté de trouver la fausse canne (ou herbe à éléphants), aliment de base des aulacodes, devenue rare près des ruisseaux de Brazzaville depuis que les maraîchers y cultivent des légumes. Ces difficultés sont à l'origine de l'échec de certains stagiaires. Sur les 167 éleveurs que Berthe Loumouamou dit avoir formés à Kombé depuis 2003, seule la moitié continue à pratiquer cette activité au Congo, notamment à Brazzaville et à Pointe-Noire et à Kinshasa en RDC. Les autres ont abandonné, faute de structures aux normes et par manque de moyens. Agricongo n'a en effet pas les fonds nécessaires pour financer l'installation de tous les stagiaires formés.

Le nombre de bêtes élevées a lui triplé, mais reste encore très modeste : 86 au démarrage, 233 aujourd'hui. Jean Ngoko, vétérinaire inspecteur, chef de service des élevages non conventionnels au ministère chargé de l'Élevage, précise que cette activité s'inscrit dans le projet de Développement d'alternatives au braconnage en Afrique Centrale (DABAC). Le Cameroun, le Congo et le Gabon sont les pays concernés par ce programme piloté au Congo par Agricongo qui a deux centres à Kombé et à Tchibambouka (Pointe-Noire).

Toussaint Koulengana, ingénieur agronome, chef de centre Agricongo à Kombé, estime que l'élevage d'aulacodes est une alternative pour sauvegarder ces animaux menacés, absents de la liste des espèces intégralement ou partiellement protégées au Congo. "Si nous avions beaucoup d'éleveurs, cela permettrait de conserver cette espèce", indique-t-il. Jean Ngoko estime qu'Agricongo devrait aider à installer un plus grand nombre de personnes. Il souhaite également que l'État incite les populations riveraines à pratiquer elles aussi cet élevage plutôt que de braconner.

Comme les éleveurs, les aulacodes ont besoin de sang neuf. "Depuis 2003, Agricongo ne compte que des sujets d'origine béninoise. Il devrait faire des captures dans les forêts congolaises, afin de réduire la consanguinité et limiter ses effets (sensibilité accrue aux maladies, mort subite, etc., Ndlr) dans les élevages", explique Hortense Goma, vétérinaire et chercheur au Centre de recherches vétérinaires et zootechniques de Brazzaville.

 

Jean Thibaut Ngoyi

Octobre 2010

 

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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commentaires

Alexis Boueya 13/06/2011 20:04


Je suis congolais , je vis en dehors du Congo et je suis très interressé par les explications que je viens de lire à propos de l'élevage des aulacodes. je souhaiterai que les éléveurs déjà
expérimentés ou les encadreurs d'Agricongo me disent combien faut il avoir pour investir dans cette activité; je veux avoir un projet détaillé et chiffré.


Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com