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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

27 février 2015 5 27 /02 /février /2015 16:46

(CRP/Syfia) Absence de contrat de travail, maigre salaire, multiples tâches... A Brazzaville, les femmes de ménage appelées aussi "bonnes", peinent à faire respecter leurs droits. Une association épaulée de juristes est pourtant là pour les défendre.

 

"Quand j’ai commencé à travailler, il était prévu que je finisse à 17 heures. Mais, je restais parfois jusqu’à 21 h chez ma patronne. Le comble, c'est qu'elle ne me payait que le déplacement, alors que je faisais des heures supplémentaires", se souvient Noëlle Bassissa, la quarantaine. Employée comme "femme à tout faire", elle cumulait les tâches de femme de ménage et de cuisinière depuis six ans.

Au Congo Brazzaville, bon nombre de ces personnes, communément aussi appelées "bonnes", sont sous payées. Elles touchent le plus souvent 50 000 Fcfa (75 €) le mois de la part des familles pourtant relativement aisées qui les emploient. Quelquefois, leur profession étant peu réglementée, elles travaillent sans contrat et s’exposent à toutes sortes de privations de leur droits.

 

"Un contrat en bonne et due forme"

Solange, la cinquantaine dépassée, a les yeux cernés et rouges. Elle dit travailler de 8h à 18h, parfois même jusqu'à 21h, selon le programme et l’humeur de sa patronne. "Je n’ai pas le choix. Mon mari est au chômage et j’ai trois bouches et demie à nourrir. Ma fille de 16 ans est en effet enceinte. Je ne peux pas restée les bras croisés", fait-elle savoir. Noëlle, elle, semble bien décidée à ne plus se laisser faire : "La prochaine fois, si je dois à nouveau travailler pour un ménage, je demanderai un contrat en bonne et due forme, avec un droit aux congés."

Informée des lois en vigueur et consciente du volume de travail quotidien de Mâ Rosy (maman Rosy), sa "bonne", Nelly est parmi les rares patronnes à ne pas lésiner sur son salaire : "Je lui verse chaque mois 90 000 Fcfa (135 €, le même montant que le Smig congolais dernièrement revalorisé, Ndlr) auxquels j'ajoute parfois des primes en cas de dépassements d’horaires ou quand je la fais travailler les jours fériés. Nous l'augmentons de 5 000 Fcfa (7,5 €) le 1er janvier de chaque année et elle échelonne ses congés en fonction de ses besoins et des nôtres ." Nelly affirme respecter son employée à tous les niveaux : "Jamais je ne pourrais lui demander de nettoyer mes sous-vêtements ou de faire mon lit. Il s’agit tout de même de mon intimité !"

Pour alléger le volume de travail de sa ménagère, la patronne modèle a trouvé une alternative : "Nous occupons une grande maison et nous avons davantage d'enfants. Cela implique une plus grande charge de travail. Nous avons donc recruté une deuxième personne qui aide Mâ Rosy. Elles se repartissent les tâches sur la base d’un emploi du temps hebdomadaire."

 

Préparer sa retraite

Aujourd’hui, Nelly mène des démarches administratives inscrire sa "bonne" à la Caisse nationale de la sécurité sociale (CNSS), afin "de la mettre à l’abri du besoin lors de sa retraite." Mâ Rosy ferait ainsi figure d'exception, car la plupart des "femmes à tout faire" ne sont pas couvertes par ce régime et ne touchent ensuite quasiment aucune retraite.   

Autre évolution, ces derniers temps à Brazzaville : l’apparition  de "Prest à dom", des structures qui mettent des femmes de ménage à la disposition de cadres pour certaines entreprises. Avantage : une mise en relations avec une liste d'employées à destination des employeurs potentiels. Inconvénient : ces "Prest à dom" ont un pouvoir limité et ne discutent pas des salaires à verser... "Ma femme est tout le temps fatiguée quand elle rentre. De plus, son salaire n’est pas conséquent... Elle a pourtant été recrutée grâce à une structure de la place qui avait reçu son CV. Dans ses précédents emplois, elle avait un entretien direct avec sa patronne", compare Jules Mbama, chauffeur de bus, dont l'épouse est employée grâce à ce système.

Raison de plus pour l'Association pour la défense des droits des techniciens de surfaces de rester vigilante et de continuer à batailler pour "vulgariser les droits" de ces employées. Cette structure d'une centaine de membres, assistée parfois de juristes, anime ainsi des formations sur le respect d'un contrat de travail ou comment le résilier en cas de litige 

 

 

Annette Kouamba Matondo

 

Février 2015

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com