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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 13:29

(Syfia/CRP) Une salle de jeu aménagée dans un hôpital de Brazzaville par une association redonne le moral et parfois la santé à des enfants malades. Très appréciée des petits, des parents et du personnel soignant, l'initiative est cependant limitée, car les financements manquent.

 

"Maman on va à la maison, je suis guéri !" Conduit dans un état fiévreux à l'hôpital de Talangaï, quartier nord de Brazzaville, Rodrigue, trois ans, a pris son traitement, puis regardé le dessin animé Kirikou dans la salle de jeux de cet hôpital. De quoi se sentir soulagé et croire qu'il a recouvré la santé. Aménagé dans le service de pédiatrie, cet espace ludique dispose de téléviseurs, de lecteurs DVD, de divers jouets (voiture, vélo, etc.) et de livres scolaires. Un environnement presque familier... "Le jeu rappelle un peu au malade la maison et lui fait oublier le côté médical qui inspire de la peur", résume le Dr Régis Ntsila, pédiatre à l'hôpital de Makélékélé, au sud de Brazzaville. Sœur Claudine, la religieuse qui encadre bénévolement les activités, estime qu'en permanence, cinq à dix enfants de deux à dix ans fréquentent la salle de jeu de Talangaï.

Cette initiative, lancée en 2007, est l'œuvre de l'Association Veille et réveille pour le développement (AVRD), qui a également aménagé et équipé une salle similaire dans le service de pédiatrie de l'hôpital de Makélékélé. L'idée de créer des espaces de jeux à des fins thérapeutiques prend sa source dans les coutumes bantoues. Suivant cette tradition, explique Martine Béatrice Pongui, présidente de l'association, quand un enfant traîne une maladie chronique, on organise pour lui une fête appelée salaka durant laquelle on distribue des friandises et on invoque les âmes des ancêtres de la famille afin qu'ils intercèdent pour sa guérison. "La salle de jeu joue un peu ce rôle", compare-t-elle.

Certains jeunes malades s'y plaisent tellement qu'ils ne souhaitent plus, comme Junior, retourner chez eux… "Je veux rester ici pour jouer !", marmonne-t-il, semblant déjà moins souffrir de son palu... Non sans une certaine exagération, un parent estime : "Sans cette salle, mon enfant n'aurait pas guéri de son paludisme." Sans aller jusque-là, Sœur Claudine constate que les patients qui y vont pour la première fois sont en général accompagnés et souvent portés. Mais, après les soins, "lorsqu'ils regardent la télévision, jouent et mangent, le lendemain, ils reviennent seuls".

 

Mieux suivre son traitement grâce aux jeux

Un pédiatre du CHU de Brazzaville confirme que "le jeu contribue à la guérison des enfants". Il leur permet de mettre quelques instants entre parenthèses leur douleur et les incite à mieux suivre leur traitement pour aller ensuite jouer. "Il y a des jouets là-bas ; on va bien s'amuser", invite Emmanuel, hospitalisé depuis trois jours à la suite d'une anémie, s'adressant à un autre jeune patient. À plus long terme, selon le psychologue Julien Makaya, président de l'Association Serment universel, le jeu en milieu hospitalier aident également l'enfant à vivre "sans séquelles psychologiques" que peut provoquer la présence de personnes en blouses blanches, de malades qui gémissent de douleur ou de parents qui pleurent un proche qui vient de mourir.

Cette salle, précise encore le Dr Régis, permet enfin aux adolescents en âge scolaire qui séjournent longtemps dans le centre d'apprendre à lire et à écrire. Le lieu apporte également à ceux gravement atteints une ouverture aux autres. Julien Makaya y a par exemple conduit quelque 20 jeunes porteurs du VIH/sida afin qu'ils puissent établir des liens avec d'autres jeunes de leurs âges. Car, justifie-t-il, "souvent ces enfants vivent dans le rejet et dans la discrimination, et n'ont pas la parole dans leur milieu".

Malgré les multiples bienfaits de ce projet, l'AVRD ne compte que sur ses ressources propres, de plus en plus maigres, pour le faire fonctionner. Du coup, sa pérennité est remise en question. Depuis juillet dernier, la salle de Makélékélé est fermée, les caisses de l'association ne lui permettant plus de payer les 15 000 Fcfa (environ 23 €) de salaire à son animatrice. Pour nous permettre de continuer les activités, lâche Martine, "nous avons l'oreille et les mains tendues partout où nous pouvons avoir quelque chose".

 

Flaure Tchicaya

Janvier 2011

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com