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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

29 avril 2011 5 29 /04 /avril /2011 08:52

(Syfia/CRP) Initié à la menuiserie par une ONG à Brazzaville, Merveille, un ancien enfant de la rue qui excelle dans la fabrique des jouets en bois, a ainsi gagné son indépendance. Il fait la fierté de ses anciens camarades d'infortune.

 

"Mon âge était très avancé ! J'ai donc jugé bon d'aller apprendre la menuiserie, un métier simple que j'affectionne. Je fabrique des jouets, des boîtes à mouchoirs, etc.", détaille Merveille, 15 ans, occupé à assembler les pièces d'un jouet en bois à l'atelier d'Handicap d'Afrique, une ONG congolaise. Il apprend ici, à Brazzaville, le métier de menuisier depuis deux ans.

Merveille revient de loin. André Kabi, président de l'association, se souvient : "Cet enfant avait été mis dans la rue pour faciliter les déplacements de son père aveugle. À la mort de ce dernier, il a été récupéré par l'association Espace Jarrot qui m'a sollicité. J'ai dit qu'on pouvait lui donner l'occasion d'être sauvé. Je savais qu'en Merveille, il y avait quelque chose de positif. Nous l'encadrons pour lui redonner sa dignité."

Sorti de la rue, Merveille arrive aujourd'hui à vivre de son art. "Nous travaillons sur commande. Les femmes des diplomates et des Blancs achètent des jouets à 3 000 Fcfa (entre 4 et 5 €) l'unité", explique-t-il. Il lui arrive de fabriquer cinq à six jouets par jour, selon sa rapidité et celle de deux autres apprenants qui l'aident. À la fin du mois, une fois les jouets vendus, il reçoit du président d'Handicap d'Afrique un minimum de 50 000 Fcfa (plus de 75 €), soit l'équivalent du SMIG. "Ce que je pourrais dire aux enfants qui sont encore dans la rue, c'est de suivre des études ou d'apprendre un métier, car c'est de là que proviendra la réussite." Il est ainsi devenu un exemple pour bon nombre de ces gamins sans repères. "Merveille fait l'honneur de notre groupe et d'autres petits d'Espace Jarrot. Parmi nous, certains souhaiteraient être comme lui", explique Blaise, un autre apprenant d’Handicap d’Afrique, rencontré au sortir de l’atelier, qui apprécie l'assiduité et le savoir-faire de son ami.

 

Le long chemin de la réintégration

Appréciant la bonne ambiance avec les autres, Merveille veut continuer à travailler dans le même atelier jusqu’à ses 20 ans. "Pour l'heure, je préfère y évoluer. Je laisse tout entre les mains de Dieu pour conduire mon destin." L'apprenti menuisier souhaite ainsi parfaire ses connaissances pour avoir ensuite un jour la possibilité de monter son propre atelier, avec des stagiaires.

Il peut déjà être fier du chemin parcouru. Son indépendance financière actuelle lui permet en effet de louer un studio avec deux amis. Il veut désormais vivre loin de ses tantes et oncles et se prendre en charge seul : "Je ne souhaite plus repartir chez les parents. Là-bas, j'ai l'impression de ne pas réussir dans ma vie, car je n'ai ni suivi, ni soutien."

Didier Tchibinda, chef de projet réintégration des enfants de la rue, au ministère des Affaires sociales, connaît bien ce genre de situations : "Il arrive que certains enfants refusent de regagner le toit parental et préfèrent rester dans la rue. De même, des parents disent qu'ils ne reprendront jamais tel ou tel enfant. Nous ne pouvons pas les y obliger, mais nous leur faisons comprendre leur responsabilité civile vis-à-vis de cet enfant."

Fin 2009, le projet de ce ministère, démarré en 2005, avait réintégré durablement dans leurs familles une centaine d'enfants de la rue ou en "situation difficile". Une première victoire, car, pour les autorités, "la cellule familiale est le lieu où l'enfant doit grandir et se développer en sécurité grâce à ses parents." Mais le chemin est long, et pour Didier Tchibinda et le ministère, la mission n'est vraiment accomplie que "quand un enfant de la rue, stabilisé et réintégré en famille, commence à exercer un métier ou un commerce pour être autonome."

 

Marien Nzikou-Massala et Passi Bibene

Avril 2011

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com