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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

7 octobre 2010 4 07 /10 /octobre /2010 10:07

(Syfia/CRP) Formées et soutenues par des associations et des autorités, des prostituées quittent les rues de Brazzaville, apprennent un autre métier ou reprennent le chemin de l'école. Elles découvrent ainsi une autonomie et une dignité nouvelles.

 

À Brazzaville, assises devant leurs machines, dans l'atelier de l'association Attaque contre la prostitution infantile, la drogue et le sida (ATTAC3), cinq couturières confectionnent des habits. "C'est ma deuxième année. L'apprentissage n'a pas été facile, mais je me suis adaptée avec le temps", témoigne Sandrine*. "Au début, je voulais laisser tomber, mais grâce aux conseils de mon encadreur je suis toujours là", ajoute Félie*.

Depuis que ces ex-prostituées apprennent la couture, elles ont retrouvé leur fierté. "Les encadreurs m'ont expliqué les dangers auxquels je m'exposais en me prostituant. Dans la rue, je me cachais pour que mes proches ne me reconnaissent pas. Aujourd'hui, je peux dire devant tout le monde ce que je fais, sans gêne", se félicite Sandrine. "Mes parents me donnent de quoi me déplacer. Ils sont contents du métier que je fais", se réjouit Félie. "Je l'ai connue prostituée, mais actuellement, elle gagne honnêtement sa vie", témoigne la voisine d'une de ces filles qui, il y a trois ans, vivaient encore de la prostitution.

 

Formation et suivi

Depuis 2008, ATTAC3 a mis en place un programme de formation et d'encadrement de dix-sept prostituées. Cinq d'entre elles sont devenues d'habiles couturières, trois ont repris leurs études. Selon Sosthène Nganga, le président de cette ONG, par manque de suivi et de moyens, les neuf autres n'ont pas supporté les contraintes de leur nouveau métier et ont recommencé à se prostituer.

De son côté, le ministère chargé de la Promotion de la femme organise depuis janvier 2010 des séminaires et des ateliers de formations à différents métiers au profit d'une centaine de filles-mères et de prostituées. "Beaucoup d'entre elles sont aujourd'hui autonomes", affirme Christ Ndoba, secrétaire audit ministère. "Nous leur apprenons plusieurs métiers pour diversifier leurs sources de revenus et leur éviter de retomber dans la prostitution", déclare Alphonse Samba, directeur de l'encadrement, de l'animation et de la vulgarisation au ministère. Il poursuit : "Les filles ont un soutien financier (3 à 5 000 Fcfa, 4,5 à 7,5 €) pour se déplacer, et à la fin de leur formation, elles reçoivent des kits de couture." Christ ajoute : "Nous avons mis en place une équipe de suivi qui passe dans nos sites pour évaluer le travail".

 

"Que mes sœurs viennent apprendre la couture !"

Méfiantes, les ex-prostituées rencontrent en général plusieurs difficultés au cours de leur initiation. "Au départ, elles ont des lacunes. La couture nécessite un certain niveau (scolaire, Ndlr)", souligne Béatrice qui les encadre à ATTAC3. Celles qui insistent et s'investissent n'ont en tout cas plus le temps de se prostituer. "Je ne fais que coudre. Regardez les habits que je dois finir d'ici une semaine !", dit Dora*, en montrant un panier rempli de pagnes.

Devant sa machine, Fabienne* reçoit plusieurs clients. "Je couds quatre à cinq chemises par jour, mais je pourrais en faire plus", déclare-t-elle, ambitieuse. Soutenue par ses parents, elle se dit heureuse et compte un jour ouvrir sa propre maison de couture. Félie partage le même rêve, mais regrette de "ne pas gagner beaucoup" (2 500 à 4 000 Fcfa chaque jour) grâce à sa nouvelle activité. Orpheline, Dora parvient- lle à louer un studio où elle vit seule avec son enfant. "Cela fait 3 ans que j'apprends. Nous ne recevons rien de l'association en dehors de quelques fournitures", ajoute-t-elle. Un manque de moyens que les associations déplorent également. "Nos actions sont limitées, il faut que les autorités nous viennent davantage en aide", renchérie Sosthène.

En attendant, Félie lance un appel à toutes celles qui se prostituent encore : "Je ne peux plus y retourner, car j'ai maintenant un métier. Que mes sœurs fassent comme moi et viennent apprendre la couture ou la pâtisserie!"

 

* À la demande des intéressés, les prénoms ont été changés.

El-Staël Enkari

Octobre 2010

 

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com