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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 09:29

(Syfia/CRP) À Brazzaville, de nombreux jeunes découvrent ou redécouvrent la pêche, qu'ils considéraient hier encore comme une activité de vieux. Une coopérative leur apprend le métier et met à leur disposition des pirogues et du matériel à moindre coût. Une opportunité pour eux et toute une profession.

 

Les premières pirogues parties la veille accostent une à une. À leur bord, des cuvettes pleines de poissons. Il est neuf heures en ce matin de novembre, au port de Yoro, à Brazzaville. Des femmes accourent, pressées d'acheter et d'aller ravitailler les marchés de la ville. Les pêcheurs présents sont en majorité des jeunes. Grâce à la Coopérative des pêcheurs de Mpila (COPEM), les jeunes reviennent ces derniers temps en force dans cette activité. C'est le cas d'Apollinaire, 27 ans : "Au départ, je louais des pirogues à la COPEM qui m'a ensuite aidé à acheter une pirogue non motorisée. J'ai également bénéficié de son encadrement". Depuis 2009, la Coopérative multiplie des actions de ce genre pour attirer les jeunes dans ses filets...

Elle cherche ainsi à renouveler ses effectifs vieillissants et en forte baisse. La COPEM ne compte en effet plus que 30 membres (entre 45 et 65 ans) contre 81 à sa création en 1992. Elle loue donc à toute personne désireuse d'entrer dans le métier le matériel nécessaire (pirogue, pagaies, filets, etc.) à moindre coût. La stratégie utilisée pour faire venir de nouvelles recrues consiste aussi, explique Donatien Aniniyo, coordonnateur, "à leur faire comprendre l'importance de la pêche sur le plan économique d'une nation, à leur expliquer les avantages et les difficultés du métier".

 

Plus que le salaire minimum

Grâce à l'arrivée d'une cinquantaine de jeunes qui, comme sympathisants, renforcent l'action des membres, la COPEM a retrouvé un second souffle. Et, lors des campagnes collectives de pêche, les prises ont globalement augmenté. Cela devrait se poursuivre puisque, se félicite Donatien Aniniyo, de nombreux jeunes continuent de contacter les anciens pour apprendre le métier. Cette vitalité retrouvée permet à des chômeurs de trouver un emploi et de mieux approvisionner certains marchés en poissons.

Chaque jour, les jeunes pêcheurs louent 20 à 30 pirogues à la COPEM contre 500 à 1 000 Fcfa (0,75 à 1,50 €) par voyage et par embarcation. Les captures individuelles (30 à 40 kg) sont vendues aux commerçantes jusqu'à 5 000 Fcfa pour les plus gros poissons. La recette par pêcheur grimpe parfois jusqu'à 60 000 Fcfa (plus de 90 €) par mois. "Chaque membre de la coopérative reçoit entre 35 000 et 50 000 Fcfa (entre 55 et 75 €) par mois en dehors de ce qu'il gagne individuellement", précise Donatien.

En règle générale, les pêcheurs sont donc mieux lotis que le travailleur congolais moyen dans un pays où le Smig est à 50 000 Fcfa. "Mon métier me permet de louer une maison et de subvenir aux besoins d'une femme et de deux enfants", se réjouit Apollinaire. La coopérative s'autofinance sans trop de problèmes. Une bonne partie de ses revenus sert en effet à financer l'entretien et le renouvellement du parc matériel.

 

Nouvelles vocations

Ce rajeunissement de la main d'œuvre donne de l'espoir aux plus vieux, à l'instar de Daniel Okouya, 60 ans, dont 40  d'activité : "Nous avons là des jeunes qui sont sur nos traces. Deux de mes enfants vont souvent avec moi à la pêche. Je leur transmets ce que je sais." Jean Baptiste, 35 ans, est de ceux qui ont gardé le lien avec leurs origines. Né d'un père pêcheur et d'une mère revendeuse de poisson, ce riverain du fleuve Congo a été très tôt à l'école de ses parents. À force d'imiter certains de leurs gestes, explique-t-il, "voilà que je suis devenu à mon tour pêcheur !"

Nadège, vendeuse de maboké (poisson cuit à l'étouffée), se réjouit en tout cas de "voir les jeunes s'intéresser à la pêche". "C'est une bonne chose, apprécie-t-elle, car plus ils sont nombreux, plus les prix des poissons sur le marché vont baisser." Une bonne nouvelle donc, pour les consommateurs qui devraient pouvoir en acheter davantage.

Félicité Malouata, un chef de service de la Direction départementale de la Pêche et de l'Aquaculture continentale de Brazzaville, juge "encourageante" l'action de la COPEM. Son service organise des séminaires sur les techniques de pêche, la conservation et la traçabilité des produits halieutiques. Félicité Malouata souhaite aller plus loin et recommande de créer une filière pêche à l'Institut de développement rural (IDR) pour mieux la faire connaître aux étudiants : "La jeunesse connaît mal cette activité. Elle pense qu'elle est réservée aux vieux. Si l'État pouvait mettre à la disposition des pêcheurs le matériel qu'il faut, cela intéresserait plus les jeunes."

 

Marien Nzikou-Massala

Novembre 2010

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com