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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 15:01

(Syfia/CRP) Le manque de sérieux de certaines banques amène de plus en plus de Brazzavillois à cotiser à des systèmes d'épargne collective. Simples, ces derniers permettent d'économiser au quotidien et de recevoir ensuite une somme importante pour investir. Gérés de façon artisanale, ils offrent cependant peu de garanties à leurs adhérents.

 

"Tous les jours, je versais 1 000 Fcfa (1,5 €) pour le carnet de pointage. L'initiatrice de ce système m'a aidée à aller au bout du cycle de six mois. J'étais commerçante de foufou, je suis maintenant propriétaire d'un restaurant !", se félicite Viviane Balenda, veuve avec quatre enfants à charge, en essuyant délicatement son comptoir, le sourire aux lèvres. Le principe du carnet de pointage (ou de "la ristourne") est plus ou moins toujours le même : chaque adhérent verse une petite somme tous les jours ou toutes les semaines. Après plusieurs mois d'épargne collective, chacun, à tour de rôle, reçoit une grosse somme d'argent.

En famille ou sur le lieu de travail, dans les marchés ou les grandes administrations de la place, le carnet de pointage est une pratique de plus en plus courante à Brazzaville depuis une dizaine d’années. Elle offre une alternative aux banques et organismes de crédit dans lesquels bon nombre de Congolais n'ont plus confiance depuis la fermeture de plusieurs d'entre eux. Un employé de la DRTV (Digital Radio Télévision) raconte avoir perdu l'argent qu'il avait placé à Humberto Brada, une société qui, au début des années 2000, promettait 30 % d'intérêt après 45 jours de dépôt, là où les banques classiques offrent des taux d'intérêt annuels de 5 à 12 %. Cette société a rapidement fermé ses portes, ruinant plus de 25 000 clients… "Mon père a aussi perdu de l'argent par le passé (dans d'autres banques, Ndlr). Avec les banques congolaises, il faut s'attendre à tout !", conclut cet employé de la DRTV.

 

Double intérêt

Pour ceux qui cotisent aux ristournes, l'intérêt est double : s'imposer au quotidien des économies et disposer ensuite d'une somme importante d'argent à investir dans un projet. "Grâce à ce système, j'ai acheté une parcelle. Avec mon salaire, je n'aurais pas pu le faire", se félicite Jocelyne, une secrétaire. Marcel, un commerçant, est tout aussi enthousiaste : "J'avais parié avec ma femme qu'avant la fin de l’année, j'ouvrirais ma boucherie. C'est désormais chose faite, car le mois passé, j'ai reçu un million de Fcfa (plus de 1 500 €) grâce à une ristourne que j'avais commencée en janvier."

"Le carnet de pointage permet d'acquérir une somme donnée à une date fixe. Il suffit de respecter ses engagements", explique Irène Silakouna, monteuse à la DRTV, qui a découvert ce système dans sa famille, puis l'a expérimenté avec des amis marchands quand elle était vendeuse de beignets, et enfin mis en place à son arrivée à la DRTV. Elle est persuadée de permettre ainsi aux plus pauvres d'épargner "sans payer de frais d'ouverture ou d'entretien de compte, ni être confronté aux longues procédures administratives nécessaires pour obtenir un crédit."

"Ma joie à la fin de chaque cycle, qui dure en général dix mois, est de voir un adhérent s'acheter une machine à coudre, un ordinateur ou un sac de foufou… Bref, quelque chose qui va lui servir dans son domaine d'activité", se réjouit Mélanie Tsamounoukou, fonctionnaire et vendeuse de friperie, qui a mis en place une ristourne de cinquante adhérents, il y a cinq ans environ sur son lieu de travail.

 

Pratiques peu sécurisantes

"Je gagne 1 % sur chaque versement, confie Irène. Mélanie reconnaît cependant que gérer une telle organisation n'est pas toujours facile : "Une fois, j'ai eu un décès et j'ai emprunté de l'argent dans la caisse en me disant que j'allais le remettre le jour de la paye. Mais, il m'est arrivé un autre malheur. Heureusement, j'avais prévenu mes adhérents…" Un exemple révélateur des faibles garanties qu'offre ce système.

Ceux qui cotisent font presque aveuglément confiance à leurs caissiers. "Le contrôle se fait à partir d'une fiche, tous les jours, semaines ou mois et l'argent est conservé au domicile du trésorier…", précise Brice, un ancien adhérent. Un agent des Mutuelles congolaises d'épargne et de crédit (Mucodec) désapprouve lui aussi ces pratiques qu'il juge peu sécurisantes. Même son de cloche du côté du Forum des jeunes entreprises, institution bancaire qui aide des jeunes à entreprendre une activité : "Dernièrement, un incendie s'est déclenché dans une boutique dont le gérant tenait un carnet de pointage. Tout a brûlé. Plusieurs personnes ont perdu leur argent et ne peuvent s'en prendre qu'à elles-mêmes…"

 

Annette Kouamba Matondo

Septembre 2010

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com