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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
  • Le blog de Syfia Congo Brazza
  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

7 décembre 2010 2 07 /12 /décembre /2010 09:53

(Syfia/CRP) À Brazzaville, plus de 3 000 personnes vivent dans la promiscuité et la saleté dans les bâtiments de l'ancienne usine textile de Kinsoundi. Regroupés dans un collectif, ils revendiquent depuis plus de dix ans le droit à un logement décent. Pour l'heure, ils n'ont reçu que des aides très limitées.

 

"On est bien que chez soi !", lance Ma Pierre, président du collectif qui regroupe l'ensemble des habitants de l'ex-usine textile de Kinsoundi, à Brazzaville. "Un agent du PNUD est passé fin 2002 pour nous recenser. Depuis, aucune nouvelle… Ces dernières années, nous recevons des médias auxquels nous confions nos doléances pour qu'ils soient nos porte-parole, mais nous continuons à croupir dans ce taudis…", regrette-t-il.

Après les guerres de 1994, 1997 et 1998, plusieurs familles se sont réfugiées dans les bâtiments de l'ancienne usine textile de Kinsoundi, fermée au début des années 80. À l'intérieur, au milieu de machines rouillées, plus de 3 000 personnes (retraités, chômeurs, diplômés sans emploi) soit près de 400 familles se partagent des sortes de compartiments. Ils font des séparations à l'aide de cartons, de pagnes, de tôles ou de sacs de farine. Les lieux empestent l'urine et la fumée. Privés d'eau depuis 2005, les habitants s'approvisionnent dans le quartier auprès des particuliers, à raison de 50 Fcfa (0,07 €) le bidon de 25 litres.

 

Pas les moyens de louer ailleurs

"Je suis arrivée à Brazzaville il y a trois ans pour me soigner. Après mon hospitalisation, je n'avais pas d'endroit où aller. J'ai obtenu ce petit bout d'espace. Je vis ici comme un oiseau du ciel… Quand je sors, si quelqu'un pense à moi, je me nourris et j'économise le reste. Je demande parfois aussi aux voisins à l'intérieur de l'usine de m'aider", raconte Mado, paralysée d'une jambe et assise dans un fauteuil roulant.

Plusieurs familles partagent ces misérables conditions d'existence. Leurs logements se résument le plus souvent à une seule pièce qui sert de salle de séjour le matin et de chambre à coucher pour toute la famille le soir. Une pensionnaire, qui a souhaité garder l'anonymat, est encore moins chanceuse… Elle a en effet été chassée récemment avec ses enfants. Son emplacement est depuis occupé par des gendarmes. Leur mission officielle, d'après un agent présent devant le local en question : "Veiller sur la sécurité des habitants du quartier Kinsoundi." Depuis son expulsion, cette maman squatte chez des voisins, toujours dans l'usine. "Nous sommes une famille nombreuse. Pour louer (à l'extérieur de ces murs, Ndlr), il nous faudrait au moins 75 000 Fcfa (115 € environ). Nous ne les avons pas", confie-t-elle.

 

Pas de logements pour les démunis

La mission Caritas, qui a apporté son aide en 1996-1997, connaît bien la détresse de ces familles. Mais, explique M. Malonga, coordonnateur de Caritas Congo, "nous n'intervenons que dans les situations d'urgence : guerre, catastrophe, famine…" Au ministère chargé de l'Action humanitaire, des agents soutiennent : "Pour nous, cette affaire est close depuis 2004. Nous avons demandé à tous ceux qui logeaient là-bas de nous prouver qu'ils possédaient des maisons avant la guerre. Ceux qui ont pu le faire ont été réinsérés et nous leur avons remis un kit pour débuter une nouvelle vie. Ceux qui sont encore à l'usine sont des cas isolés que nous ne maîtrisons pas !"

Plus conciliant, un agent de la Direction départementale des Affaires sociales et de la famille de Makélékélé, déclare : "S'ils ne sont pas pris en compte, c'est parce qu'ils ne se sont pas fait enregistrer. Ils devraient se rapprocher de nous, pour qu'ensemble, nous envisagions une aide au cas par cas." Une solution de toute façon limitée par rapport au droit au logement prévu dans la Déclaration universelle des droits de l'Homme de 1948 (article 25). Ce à quoi répond un agent du ministère des Affaires sociales : "Notre département ne dispose pas de logements sociaux ou de budget spécifique pour abriter ces familles démunies. Nous jonglons avec le peu d'argent que nous avons". Cette même source reconnaît que le problème de logement à Brazzaville est réel et constate la ruée des plus pauvres vers des sites ou terrains inappropriés. Elle déplore "l'absence de véritable politique de logement. Ceux dits 'sociaux', construits par les Chinois ces dernières années, ne sont pas à la portée du Congolais moyen."

 

Annette Kouamba Matondo

Décembre 2010

 

 

 

De plus en plus de Brazzavillois à loger

 

(Syfia/CRP) Il est difficile aujourd'hui pour certains Brazzavillois de trouver un toit. Et la demande de logements n'a pas fini d'augmenter… En 2025, la capitale de la République du Congo devra loger 1,878 million d'habitants (contre "seulement" 1,323 million aujourd'hui). Dans son rapport, publié le 23 novembre dernier, intitulé L'état des villes africaines 2010 : gouvernance, inégalité et marchés fonciers urbains, l'ONU Habitat estime qu'en 2010, le Congo compte plus de 62 % de citadins. En 1950, ils étaient moins de 25 %. En 2030, ils devraient être plus de 70 %.

Le rapport rappelle que "la population de Brazzaville a connu une poussée vertigineuse entre 1997 et 2000, lorsque le pays a été dévasté par la guerre civile et que les populations ont dû fuir l'arrière-pays et les petites villes pour s'y réfugier". "Brazzaville, poursuit-il, maintient sa croissance rapide (…) en raison, également, de l'exode rural consécutif à l'anéantissement des économies rurales, de la montée en puissance du chômage et du manque de produits de base dans l'arrière-pays, ainsi que de l'émigration des populations en provenance de Kinshasa (…)". Pour tous ces Brazzavillois d'adoption, la réussite serait rarement au rendez-vous… "La richesse pétrolière tend à alimenter l'inflation des prix, tandis que la répartition inégale des richesses renforce les inégalités existantes en matière de consommation et de revenu et creuse l'écart qui prévaut dans la satisfaction des besoins fondamentaux."

À l'échelle du continent, la population des villes devrait plus que tripler ces quarante prochaines années. En 2009, l'Afrique a dépassé le milliard d'habitants (dont 395 millions, soit quelque 40 % de citadins). Cette population urbaine atteindra 1,23 milliard en 2050, date à laquelle… 60 % des Africains vivront en ville ! Joan Clos, directeur général d'ONU Habitat, demande aux politiques publiques "d'énormes investissements" pour "une fourniture équitable de services, un habitat d'un coût abordable et une meilleure répartition des richesses". Un défi immense, étant donné "la pénurie notable et toujours accrue de logements, de services et de moyens de subsistance".

 

Emmanuel de Solère Stintzy

Décembre 2010

 

http://www.unhabitat.org/content.asp?cid=9141&catid=7&typeid=46&subMenuId=0

 

 

 

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com