Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
  • Le blog de Syfia Congo Brazza
  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
  • Contact

Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

Recherche

.

Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

5 février 2010 5 05 /02 /février /2010 09:32

(Syfia/CRP) Ces derniers temps, à la morgue et dans des veillées mortuaires de Brazzaville, des femmes en tenues légères troublent le recueillement des familles éprouvées. Certaines vendent ainsi leurs corps, d'autres cherchent un mari. Des associations militent pour trouver des solutions en amont à ce phénomène lié à la pauvreté, l'ignorance et l'isolement de ces femmes.

 

8 h 30 du matin. Les gens arrivent en masse à la morgue municipale de Brazzaville pour les cérémonies de recueillement. Dans un groupe, deux femmes, très légèrement vêtues, sont stoppées à l’entrée du portail principal par des agents de sécurité. Depuis août dernier, la direction leur a confié pour mission de refouler toutes celles qui portent des tenues qu'ils jugent indécentes. Jasmine, venue soutenir sa camarade de classe qui vient de perdre son père, n'y trouve rien à redire : "C’est normal de chasser les femmes qui ornent leurs corps de bijoux, mettent des dos nus ou sont 'en bras cassés' (manches coupées à la limite des aisselles, Ndlr). Nous ne venons pas ici pour nous faire voir, mais pour partager la douleur de celui qui est éprouvé."

"Quand je suis habillée ainsi, mon corps respire bien et je me trouve à l’aise. Maintenant, s’il y a des gens qui pensent qu'être en sexy signifie attirer des hommes, ça n’engage qu’eux. Ceux qui tombent dans le piège n’ont peut-être pas la maîtrise de leur instinct sexuel…", répond une universitaire. Après six mois de strict contrôle vestimentaire, le nombre de femmes qui se présentent en tenue sexy à la morgue a, d'après la direction, diminué. Toutefois, de temps à autre, même des mamans y exposent leur corps pour attirer les regards.

Pour certaines célibataires ou veuves, les veillées mortuaires sont aussi une occasion pour trouver l'âme sœur. "Elles y vont pour trouver un mari ou se faire de l’argent, en portant des habits qui ne les honorent pas. Puis, elles vont s’asseoir dans les bars pour prendre de l'alcool. C’est là qu'elles marchandent leur corps contre de l’argent", raconte Patrick Ngoma, diplômé sans emploi.

 

"Leur proposer de vraies activités"

"Ce racolage a pris de l’ampleur au lendemain des guerres récurrentes que le Congo a connues, comme si les mauvaises mœurs en sommeil s'étaient réveillées. Ces derrières années, la situation a empiré, car la femme est de plus en plus pauvre. Beaucoup de veuves ont des enfants à charge", analyse Jeanne Ngouma. Cette veuve, ingénieur en développement rural et coordonnatrice de projets d'ONG féminines, poursuit : "Ces femmes ne parviennent pas à vivre et à s’assumer seules parce qu’elles sont ignorantes de leur rôle dans la société. Des associations les appuient, mais certains hommes préfèrent qu'elles restent dans la précarité pour continuer à les exploiter", analyse-t-elle.

Plutôt que de les exclure encore plus ou de les sanctionner, les ONG militent pour différentes solutions de fond. Martial Édouard Yoka, membre de l’Association Mibeko, une OSC congolaise œuvrant pour la défense des droits des femmes, suggère : "L’État et la société civile devraient procéder à des campagnes de sensibilisation, afin de ramener la femme aux bonnes mœurs et à la conscience". Jeanne Ngouma, appelle également à traiter le problème en amont : "Pour éviter que des femmes pauvres et oisives ne se livrent au racolage, il faut leur proposer de vraies activités qui leur permettent de se prendre en charge."

 

 

Jean Thibaut Ngoyi

 

Janvier 2010

Partager cet article

Repost 0
Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
commenter cet article

commentaires

Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com