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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

4 décembre 2014 4 04 /12 /décembre /2014 13:48

(CRP/Syfia) A Brazzaville, Madeleine Apélé, handicapée vendeuse de "coco", un légume sauvage, a conquis dignité et autonomie.

 

"Grâce à la vente de 'coco', je prends en charge mes deux enfants", se félicite Madeleine Apélé, 40 ans. Cette courageuse paraplégique de naissance, actuellement célibataire, vend donc le gnetum africanum appelé communément en lingala et kituba "coco" ou "mfumbu". Un légume sauvage prisé des Congolais.

Madeleine est vendeuse de coco au marché "bas-prix" de Nkombo, dans le 9e arrondissement de Brazzaville. Elle a été initiée à cette activité par sa mère à 14 ans, dans son Ewo natal, dans la Cuvette-Ouest, à 630 kilomètres au nord de Brazzaville. "Après les cours, je partais aider maman à couper le coco au marché. A sa mort, je n'ai eu personne pour me soutenir dans mes études. Je les ai abandonnées en classe de 4ème et j'ai commencé à vendre le coco", se souvient-elle.

A son arrivée à Brazzaville fin 2012 pour des soins médicaux et faute de moyens financiers, elle vend au marché malgré son handicap moteur. Aujourd’hui encore, elle estime que sans ce métier, "elle ne pourrait ni vivre, ni se faire soigner." Très tôt chaque matin avec son tricycle, elle parcourt 3 km, en quittant le quartier Nkombo pour la gare routière du marché lycée Thomas Sankara au quartier Mikalou II et s'approvisionner en coco auprès des vendeurs grossistes. Elle achète ce légume sauvage 5 000 Fcfa (7,5 €) et gagne par jour 5 000 Fcfa supplémentaire en le revendant au détail au petit marché "bas-prix".

 

Ténacité payante

Mais, acheter auprès des grossistes n’est pas une partie de plaisir... "Pour acheter le coco, j'attache l'argent à un morceau de bois que nous appelons 'parasoleil' et je le tends vers le vendeur perché sur un gros véhicule. Il prend l'argent et me donne le coco. Mais, si l'argent tombe ou est volé, je suis perdante...", fait savoir Madeleine. "Nous aidons les femmes handicapées à acheter le coco, car elles ne peuvent pas s'approcher du véhicule, surtout quand ce légume est rare sur le marché",  assure Ibara Honoré, un vendeur grossiste.

"Pendant la saison sèche, le paquet de coco passe de 100 à 250 Fcfa (de 0,15 à x 0,4 €)", confirme Madeleine. Avant d’énumérer d’autres difficultés (telles que se couper les doigts en découpant le légume sauvage) auxquelles elle fait face. Cependant, grâce à ses revenus journaliers, Madeleine organise avec d'autres vendeuses des ristournes de 1 000 Fcfa (1,5 €) par jour et 10 000 Fcfa (15 €) par mois. Une ténacité et des recettes qui lui ont dores et déjà permis "d'acheter double parcelle à Ewo", où elle a construit deux maisons et fait louer.

Téméraire et sympathique, Madeleine est appréciée par Marguerite, sa sœur ainée : "Son métier lui permet de vivre avec ses deux enfants et de se faire soigner." Françoise Edaya, une amie également vendeuse de coco, est elle aussi admirative : "Grâce à Madeleine, ses enfants s'en sortent et ne mendient pas."

Hortense Nathalie Ngatsongo

 

Novembre 2014

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com