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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 16:30

(Syfia/CRP) A Brazzaville, quelques femmes font des métiers traditionnellement réservés aux hommes. Des associations ou des parents leur apprennent à faire la mécanique ou à réparer des pneus. Ces apprenties motivées et travailleuses, appréciées de leurs formateurs et de leurs clients, gagnent assez bien leur vie.

 

Garage moderne, Bacongo, Brazzaville. Penchée sur un moteur, Rose Boukouta 21 ans, vidange, nettoie et vérifie l'état d'un véhicule. "Il ne démarre pas. Je suis venu au garage en le tractant", s’inquiète Stéphane, le chauffeur. Il est 13 heures, Rose, débordée, n’a pas encore pris sa pause déjeuner. "Depuis 9 heures, je suis sur ce moteur. Il y a tant de choses à faire…", se presse-t-elle d'expliquer. Faute de soutien financier, elle a abandonné ses études en classe de 3ème. Comme elle, quelques filles choisissent désormais d'apprendre la mécanique plutôt que la couture ou la pâtisserie pour "découvrir autre chose".

Avant de travailler dans ce garage, Rose a été formée par l'association Attaque contre la prostitution infantile, la drogue et le sida (ATTAC3). Pour Sosthène Nganga, président de cette ONG, aucun métier n’est en effet réservé exclusivement aux garçons. La plupart des femmes hésitent encore cependant à se lancer. "A part Rose, aucune autre fille n'a accepté de se former à la mécanique. Pour elles, c'est un métier difficile", regrette Sosthène.

 

"J'ai tenu le coup"

Il est vrai que les apprenties rencontrent plusieurs difficultés au cours de leur initiation. "Au début, Rose était fatiguée. Ce travail nécessite de l'endurance", souligne Faustin, propriétaire du Garage moderne. "Je voulais abandonner, confirme l'intéressée avant d'ajouter, c'était dur. Les gens (clients, amis, Ndlr) se moquaient de moi. Mais, grâce aux conseils de mon formateur, j'ai tenu le coup." Faustin se souvient : "Je lui ai dit que seul le travail libérait et que aucun métier n'était facile." Rose se sent aujourd'hui à l’aise : "Je peux dépanner les voitures sans problème. Les clients sont contents de mon travail." Un habitué du garage confirme : "Ne la sous estimons pas. Elle fait bien son métier."

Soutenu par les siens, Rose a bien fait d'insister. En plus de son salaire mensuel (45 000 Fcfa, 69 €), elle reçoit entre 2 000 et 3 000 Fcfa (entre 3 et 4,5 €) par jour de pourboires. "Depuis trois ans que je suis dans ce garage, je m’occupe bien de mon enfant et je contribue aux besoins de la maison", se félicite-t-elle. Elle rêve à présent d'ouvrir son propre garage.

La réussite de certaines commence à donner des idées à d'autres. Patherne Ndombi, enseignant en technologie (spécialité mécanique automobile) au lycée technique du 1er mai à Brazza, observe : "Il y a trois ans, je n'avais aucune fille en cours. Cette année, j'en ai trois. Elles pourraient faire encore mieux si on les encadrait."

 

Filles hésitantes, employeurs réticents

Ces apprenties ne sont en effet pas toujours bien perçues par les employeurs. "Dans certains domaines, ils sont réticents à employer des femmes pourtant qualifiées. Certains se demandent si elles seront capables. Plusieurs pensent même qu'une femme qui fait la mécanique ou la maçonnerie perd son caractère féminin !", déplore Anne-Marie Bikindou, directrice de la prospection et du placement à l’Office national de l'emploi et de la main d’œuvre (ONEMO). Depuis 2008, cette structure organise des formations à différents métiers pour les jeunes sans qualification. Mme Bikindou poursuit : "Des efforts doivent être faits par le ministère de la Promotion de la femme pour encourager les filles, afin qu'elles comprennent qu'elles peuvent braver tous les secteurs. Il ne faut pas que elles-mêmes se marginalisent !"

Michaëlle Koutsotsana l'a bien compris. Depuis 2008, elle répare des pneus au sein de l’entreprise de son père. "J'ai choisi ce métier parce que je peux facilement m'en sortir", témoigne-t-elle. A 23 ans, cette étudiante en économie, soutenue par ses parents et sa sœur qui fait le même travail, se dit à l’aise. "J'apprécie de travailler avec les hommes. Ils me montrent ce qu'il faut faire", explique-t-elle. A cheval entre l'entreprise familiale et l'université, elle se dit heureuse et gagne bien sa vie. Pour elle aussi, le travail et la persévérance ont fini par payer : "Quand j'étais stagiaire, j'avais 25 000 Fcfa (38 €) le mois. Depuis ma titularisation, je gagne le double !" Elle ajoute : "Avant, les clients étaient méfiants. Maintenant, que je finis de réparer, ils apprécient et m'offrent parfois des pourboires."

Un début de reconnaissance.

 

El-Staël Enkari

Février 2011

 

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com