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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

7 décembre 2010 2 07 /12 /décembre /2010 09:34

(Syfia/CRP) À Brazzaville, les filles mères sont généralement rejetées par leurs compagnons et leurs familles. Pour les aider à conquérir leur indépendance, associations et autorités leur donnent des cours d'éducation sexuelle et leur apprennent des petits métiers.

 

"Lorsque je suis tombée enceinte, l'auteur de ma grossesse m'a rejetée et mon père m'a chassée. Je suis donc allée vivre avec ma tante", se souvient Carmen, 20 ans. Aujourd'hui, elle aide cette dernière dans son commerce, à Brazzaville. "Elle a mal agi, mais ce n'est pas une raison pour la mettre dehors. Je l'ai accueillie parce que, à son âge, elle risquait de faire n'importe quoi dans la rue", explique sa tante qui l'avait inscrite dans un centre de formation en couture. Mais sa nièce n'a pas été au bout de son apprentissage : "Depuis que je suis avec ma tante, je ne manque de rien", justifie-t-elle.

Patricia a, elle, été formée et a reçu l'aide de la Fondation Charles Ebina. "L'association me loue la maison et m'a donné les moyens pour mon commerce. Ça me permet de m'occuper de mes cinq enfants", confie-t-elle. Elle a été abandonnée par son mari et rejetée par sa famille. "Dès qu'il a été recruté dans l'armée, il n'a plus pris soin de nous", regrette-t-elle.

Soucieuses de l'indépendance de ces mamans délaissées, cette Fondation et des ONG comme l'AED (Action des éducatrices pour le développement) leur dispensent des cours d'éducation sexuelle. On explique notamment comment éviter les grossesses non désirées. "Nous organisons des formations sur le VIH/sida et la contraception. Nous donnons également des cours d'alphabétisation pour remonter leur niveau, car, si une fille ne sait pas lire, c'est encore une autre difficulté…", affirme Bernadette Miassouassana, présidente d'AED.

 

"Mon père apprécie maintenant ce que je fais"

Pour être complète, l'indépendance doit aussi être économique. Cette association a donc formé en 2009 près de 300 filles mères au métier d'auxiliaire de vie (bonne ou femme de ménage). "Nous avons placé près de 60 % d'entre elles", se félicite Bernadette. Celles qui n'ont pas été engagées se recyclent. En contribuant aux besoins de la maison, les filles mères commencent à être regardées autrement dans certains foyers. "Celles que nous avons formées sont considérées par leurs proches", assure-t-elle. Elles se comportent aussi différemment. "Leur mentalité change quand elles ont plus de moyens. Quand elles travaillent, elles ne contractent plus de grossesses non désirées", généralise Christ Ndoba, secrétaire au ministère de la Promotion de la femme.

Depuis le début de 2010, ce ministère organise lui aussi des cours d'éducation sexuelle suivis de formations à différents métiers. Une centaine de filles mères et de prostituées ont été formées depuis le début de l'année. "Beaucoup de celles que nous avons initiées à de petites activités sont devenues autonomes", se félicite Christ. "Nous leur apprenons plusieurs métiers pour diversifier leurs sources de revenus et faire en sorte qu'elles ne soient plus dépendantes des hommes", précise Alphonse Samba, directeur de l'encadrement, de l'animation et de la vulgarisation dans ce même ministère. "À présent, on ne les retrouve plus avec de nouvelles grossesses. L'éducation sexuelle a été bien assimilée", constate-t-il. L'AED observe la même évolution.

"Depuis qu'on m'a donné des informations sur la sexualité, mon regard sur les hommes a changé. Je préfère aider ma tante que de les suivre", conclut Carmen. Fière de sa nouvelle indépendance, elle ajoute : "Mon père apprécie maintenant ce que je fais."

 

El-Staël Enkari

Décembre 2010

 

 

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com