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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 13:07

(CRP/Syfia) Depuis deux ans, Novie Mbizi est receveuse à Brazzaville. Les bus dans lesquels elle travaille sont plébiscités par les clients et ses collègues. Son sérieux et sa combativité ont fini par faire l'unanimité. L'adoption de la loi sur la parité pourrait permettre à d'autres femmes de se lancer dans ce genre de métiers.

 

"J’ai commencé à travailler comme receveuse de bus, il y a deux ans. Au départ, certains pensaient que je ne tiendrais pas longtemps. Même ma famille n’était pas au courant. Je voulais éviter qu’elle soit déçue par ce que je faisais. Pourtant, j'aime ce métier. Il me procure bonheur et dignité." Novie Mbizi, la vingtaine révolue, est toujours aussi déterminée à relever le défi. Elle est l’une des premières femmes à exercer ce métier à Brazzaville.

Chaque jour, vêtue d’un pantalon et d’une chemise en jean, sac en bandoulière, elle démarre sa journée par un nettoyage rapide de son bus. Elle invite ensuite les passagers à monter à bord. L’interpellation des clients se fait poliment, en français. Son élocution est acceptable par rapport à son niveau d'études. Après avoir obtenu son certificat d’études primaires élémentaires (CEPE), Novie a en effet mis un terme à son parcours scolaire en classe de 4ème, faute de soutien financier.

Depuis 2010, elle dit être inspirée par la secrétaire permanente du Parti congolais du travail (PCT), chargée de la promotion de la femme, Esther Ayissou Gayama, "toujours entourée d’hommes et capable de résoudre certaines situations". Novie l'a connue à travers l’association Jeunesse éducation et développement (Jed), dont Esther est présidente.

 

"Très ponctuelle et très polie"

Aujourd'hui célibataire et mère de deux enfants de 4 et 6 ans, elle a su surmonter les difficultés de ses débuts dans le métier. "Je me lève très tôt et je rentre à 20 heures. Dieu merci, ma maman s’occupe des enfants. Je ne prends la relève que le week-end." Elle explique que si elle tient le coup, c'est aussi grâce à son "fair-play", son "courage" : "Cette attitude m’a valu la familiarité des clients. Nombreux m’attendent aux arrêts pour emprunter mon bus. Ils m’ont déjà adoptée !" A Brazzaville, Novie fait pourtant "pratiquement toutes les lignes. Loutassi-Total est le parcours que j’effectue le plus souvent."

Elle est aussi appréciée par Ted Diamesso, le chauffeur de son bus : "Novie est très ponctuelle dans son travail et très polie. D'ailleurs la recette journalière a augmenté depuis qu'elle est là !" Membre de l’Association amis coaster transport (AACT), Novie précise que cette recette varie en fonction de la qualité et du confort du bus. Au bout du compte, elle reçoit 90 000 Fcfa (137 €) de salaire mensuel et son chauffeur autour de 150 000 Fcfa (229 €).

La jeune femme a donc su s'imposer contre la volonté de ses parents et opter pour le travail de son choix. "Nous avons proposé plusieurs métiers à notre sœur, mais elle ne s’y est pas intéressée. Les parents auraient voulu qu’elle fasse la médecine, mais, puisque c’est son choix, je l’encourage à réussir", félicite Lionel Teddy Dianzinga, son frère ainé. Il ajoute : "Nous sommes aux temps modernes. Les choses changent. La femme s’intègre dans tous les domaines. Et, pour son épanouissement, ce n’est pas reprochable."

 

En attendant la loi…

Une vision partagée par un releveur de bus, qui remplace le receveur en cas d’absence et travaille souvent avec Novie : "Je suis subjugué ! Elle travaille comme un homme. Je la préfère même à mon ami receveur, à cause de sa clairvoyance dans les recettes. Les clients qui empruntent ce bus sont aussi fascinés par elle. Nombreux veulent savoir comment elle travaille. Si bien que tout le long de notre parcours, le bus est toujours plein !" Un client, qui a requis l’anonymat, pense ainsi que du point de vue marketing, l’idée est bonne d’avoir une femme receveuse : "Sa voix n'est pas agressive, elle vous adoucit. L'accueil est comparable à celui dans un avion. C’est le meilleur bus de la ville !" Ce client demande aux législateurs de donner aux femmes qui seraient intéressées, des ouvertures dans ce genre d'emplois par l’adoption de lois sur le genre.

Un assistant parlementaire est du même avis : "Sans mesures d’accompagnement, Novie risque d’abandonner ce qu’elle a commencé. La question genre doit donc être examinée avec beaucoup de délicatesse." Une loi sur la parité a été initiée par le président Sassou Nguesso lors de son message à la nation du 13 août 2010. A ce jour, ce texte est soumis au secrétariat général du gouvernement et attend toujours d’être transmis au Conseil des ministres pour adoption.

Directrice générale du Centre de recherche d’information et de documentation de la femme (CRIDF), Joséphine Tsika, souligne que, "si aujourd’hui, nous avons des jeunes filles receveuses de bus, c’est une satisfaction pour le ministère de la Promotion de la femme. Donc une manière de briser le tabou et d’affirmer devant l’opinion publique qu’il n’existe plus de métiers réservés aux hommes !" En attendant la loi, chaque jour, dans son bus, Novie montre la voie…

Flore Michèle Makoumbou

 

 

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com