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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 07:13

(Syfia/CRP) A Brazzaville, l'homme qui n'a pas épousé sa compagne de son vivant, doit doter son cadavre... Ce rite imposé par la belle-famille, que ne reconnaissent ni la loi, ni la tradition, ruine les familles. Autorités et associations tirent la sonnette d'alarme.

 

Étienne*, secrétaire général d'une mairie de Brazzaville est encore sous le choc : "Quand mon frère a perdu sa concubine, sa belle-famille a exigé 3 millions de Fcfa (plus de 4 500 €). Nous avons finalement du verser 500 000 Fcfa (plus de 750 €)". Brice, 32 ans, a lui aussi été obligé d’épouser le cadavre de sa compagne : "C'était dur, la belle-famille m'a réclamé 1,5 million Fcfa. Grâce à mes parents, j'ai pu verser 350 000 Fcfa." Il aurait préféré, et de loin, marier sa bien-aimée de son vivant... "Nous avions fait sept ans d'union libre. Je n'avais pas assez d'argent pour la doter", se souvient-il, amer. Vial a subit le même sort après avoir vécu huit ans avec une femme. "A sa mort, j'ai dû payer 500 000 Fcfa. Et la belle-famille m'a laissé toutes les charges liées aux obsèques…". Il a heureusement été aidé par ses proches.

A Brazzaville, les mariages post-mortem sont devenus assez fréquents. Du vivant de leurs filles, certaines familles avides d'argent réclament plus de 500 000 Fcfa pour la dot au lieu des 50 000 Fcfa (75 €) maximum prévus par le Code de la famille de 1984. "Cela pousse les jeunes à ne pas se marier. Il n'y a pas longtemps, j'ai tranché le cas d'un couple qui avait vécu… 22 ans en union libre. Entre temps, les parents de la fille n'avaient jamais reçu ne serait-ce qu'un verre de vin !", observe Okouesse Ngantsio, juge traditionnel.

 

"Une invention des hommes"

Tout se complique si la concubine meurt avant le mariage… "Il y a trois semaines, j'ai tranché une affaire dans laquelle les beaux parents exigeaient 900 000 Fcfa (près de 1 400 €) d'un jeune homme. J'ai aidé ce dernier. Il n'a finalement payé que 250 000 Fcfa", raconte Philipe Moubié, juge traditionnel. "En 2010, il y a eu près de dix cas dans mon secteur. Depuis janvier 2011, j'en suis à mon neuvième cas en cinq mois seulement…", ajoute-t-il. Pour Gervais Olandzobo, "la belle famille devrait plutôt trouver un terrain d’entente avec le mari, au lieu de le harceler financièrement".

Pour certains, le mariage post-mortem est non seulement indécent, mais non-conforme à l'esprit de la coutume. "C'est une invention des hommes ! On ne peut pas épouser une femme décédée ! Cette pratique est une façon de soutirer de l'argent. L'État doit prendre des décisions pour mettre fin à un tel rite", s'indigne le traditionaliste Auguste Miabeto. "La loi ne reconnaît pas ce rite. Qu’on prenne des mesures pour le bannir !", abonde dans le même sens Xavier Olangala, greffier principal près du tribunal d’instance de Talangaï-Ouenzé.

"C'est par ignorance et par peur de la sorcellerie que les gens acceptent ce mariage. Les pouvoirs publics doivent adapter le Code de la famille à la réalité actuelle et réglementer le concubinage", propose Lilian Barros, responsable de l'association Comptoir juridique junior. A l'avenir Vial prendra en tout cas ses précautions avant de vivre avec une nouvelle femme : "Si j'en trouve une, j'irais d'abord me présenter à ses parents, afin de ne plus être victime."

 

*Prénom d'emprunt

 

El-Staël Enkari

Juin 2011

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com