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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 15:27

(Syfia/CRP) Malgré des progrès significatifs enregistrés dans plusieurs hôpitaux de Brazzaville, les séropositifs continuent à être discriminés par certains personnels de santé. Autorités et associations organisent des formations et des concertations pour faire changer durablement les mentalités, en attendant l'adoption d'une loi pour mieux protéger ces malades.

 

Il est 16 heures. Depuis 8 heures du matin, une femme séropositive attend de consulter un médecin du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Brazzaville pour une plaie à la jambe. Une marque de discrimination évidente, selon elle : "Dès que des médecins extérieurs au Centre de traitement ambulatoire (CTA) qui me suit habituellement, voient le cachet du CTA, ils me disent qu'il n'y a plus de place ici pour moi et que ma cause est perdue. Si je n'étais pas soutenue spirituellement, je me suiciderais…" Un autre séropositif dit avoir vécu un rejet  similaire dans ce même hôpital : "J'avais rendez-vous avec un docteur, mais, à ma grande surprise, un de ses collaborateurs m'a dit sans plus d'explications qu'il ne me recevrait pas. Cela  m'a choqué."

Selon Carine, sage femme au CHU, la peur d'être infecté, l'image négative du sida et des séropositifs qu'on a donnée par le passé ainsi que le manque de déontologie professionnelle et de formation d'une partie du personnel, sont autant de raisons qui expliquent de telles attitudes. Pour Sylvie Niombo, présidente de l'ONG Azur Développement (AD), la stigmatisation et les discriminations sapent les efforts de prévention du VIH et doivent être considérées comme des violations des droits humains : "Nous devons les combattre, afin que les séropositifs vivent sans honte, ni sentiment de culpabilité et bénéficient du soutien de leurs proches et de leurs soignants."

 

Plus instruits et plus respectueux

Petit à petit, la détermination de certaines associations commence à porter ses fruits. Simon, assistant au projet VIH/sida à AD, explique : "Nous organisons des ateliers dans des hôpitaux avec le personnel soignant, des séropositifs et des associations. Nous formulons des recommandations pour les uns et les autres : considérer le sida comme toute maladie chronique, bien suivre les prescriptions du médecin, ne pas sombrer dans l'auto stigmatisation, connaître ses droits et devoirs, etc."

Après avoir, dans une étude de 2004, tiré la sonnette d'alarme sur certains comportements graves du personnel soignant (injures, négligence ou refus de soins, annonce brutale de leur séropositivité aux malades et par des personnes non qualifiées, remise des résultats à une tierce personne, etc.), le ministère de la Justice et des droits humains, constate, lui aussi, quelques progrès. Cyrille Louya, directeur de la coopération chargé de l'unité de lutte contre le sida dans ce même ministère, rappelle : "Après notre étude, nous avons mené beaucoup d'activités qui ont apporté au public une connaissance exacte de la pandémie. Il y a également eu une grande évolution au niveau des personnels de santé grâce à nos formations, réunions et ateliers."

La mentalité de certains professionnels de santé commence en effet à changer. Ainsi, lors d'une communication de Blandine Sita, présidente de l'association Femmes plus du Congo, en août dernier, un médecin s'est excusé pour avoir discriminé des séropositifs. Plusieurs médecins suivent désormais avec plus de respect ces patients. Certains font passer le message aux autres personnels de santé. Le Dr Regis, pédiatre et responsable de l'unité de prise en charge des séropositifs à l'hôpital de Makélékélé, rappelle à son équipe de prendre soin des sidéens comme des autres malades.

 

Une loi très attendue

Depuis 2007 et la gratuité des antirétroviraux (ARV) dans les hôpitaux, les séropositifs sont globalement mieux suivis et pris en charge. Les progrès enregistrés sont cependant fragiles. En particulier quand les hôpitaux et les pharmacies manquent d'ARV, en raison de délais d'acheminement trop importants, comme l'explique, sous anonymat, un des responsables de la Congolaise des médicaments génériques (Comeg). Selon cette même source, la Comeg, qui achète et reçoit les ARV de l'étranger puis assure leur distribution dans les pharmacies et hôpitaux du pays, est en rupture de stock depuis environ cinq mois. Pour le Dr Regis, cette situation contribue à discriminer à nouveau les séropositifs, car plus malades et plus facilement repérables, ils sont aussi plus montrés du doigt.  

Les associations cherchent une solution durable et réclament le vote d'une loi qui protège les séropositifs, comme il en existe dans d'autres pays africains. Un projet datant de 2004 se trouve toujours au Secrétariat général du gouvernement. "Il doit partir au Parlement, s'impatiente Mme Sita. Cette loi doit être adoptée et promulguée au Congo." En août dernier, la présidente de Femmes plus du Congo a plaidé devant les femmes parlementaires pour qu'elles apportent leur soutien à l'adoption de ce texte.

 

Jean Thibaut Ngoyi

Octobre 2010

 

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com