.
Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.
Le Congo s’engage à partir de cette année dans un processus électoral avec des élections législatives en 2012 et des élections locales en 2013. Soutenu par l’Union européenne, le projet vise à former une équipe de reporters électoraux qui fournira aux médias des reportages et des articles leur permettant de participer pleinement au déroulement apaisé du processus électoral. Les articles et reportages de terrain, proches du quotidien des citoyens, donneront au grand public l’envie de plus s’informer et de participer aux différents scrutins.
(Syfia/CRP) Ces derniers mois à Brazzaville, l’Unité mobile de dépistage du VIH sida rencontre un franc succès. En un an, près de 12 600 personnes se sont faites dépister gratuitement et anonymement. Une action qui ne demande qu’à être étendue dans toute la capitale et ailleurs dans le pays.
L’Unité mobile de dépistage du VIH (UMODEV) entre dans l’enceinte de l’Institut national de la jeunesse et des sports (INJS) à Brazzaville. Les étudiants, informés à l’avance, se regroupent autour de la fourgonnette blanche du Conseil national de lutte contre le sida (CNLS). Les agents sortent des chaises, installent une tente et disposent leur matériel dans leur véhicule transformé en laboratoire. Ils expliquent ensuite à la foule la procédure à suivre : s’enregistrer, recevoir un ticket avec un numéro, aller sous la tente pour un entretien et faire un prélèvement de sang. Comme dans les centres fixes, le dépistage est ici volontaire et gratuit. En attendant leurs résultats, pendant une heure environ, ceux qui ont fait le prélèvement reçoivent un sandwich et un jus.
En cette journée d’avril, les candidats au dépistage sont nombreux. "Je dois le faire pour savoir si je suis atteint. Je motive aussi mes camarades", lance un étudiant. Une fois informé de ses résultats, il explique, souriant : "Je me réjouis de ne pas être contaminé. Je souhaite que ma petite amie fasse aussi ce test. Je dois continuer à me protéger." Pour un autre étudiant, l’arrivée de ce véhicule dans son Institut est aussi une opportunité à ne pas manquer : "Le fait qu’il vienne jusqu’à nous nous arrange. Je sors d’un coin de brousse dans le département des Plateaux (au centre du pays, Ndlr), où il n’y a pas la possibilité de se faire dépister…"
Un seul véhicule
Depuis décembre 2009, l’UMODEV sillonne ainsi, quartiers, marchés, écoles et autres places publiques les plus fréquentées de Brazzaville. Elle fonctionne cinq jours sur sept avec une semaine de repos par mois. En mai, elle n’a cependant pas circulé, pour des "raisons techniques", mais devrait reprendre la route en juin, selon le CNLS. Chargé de la réponse communautaire à ce Conseil, le Dr Achille Lanzy, estime que le travail journalier de l’Unité mobile surpasse celui de 30 centres fixes sur la cinquantaine que compte le pays. "En un seul jour, l’Unité mobile dépasse les cent personnes dépistées. Ces dernières ont leurs résultats le même jour", affirme-t-il. Selon le Dr Hervé William Poaty, responsable de la composante santé au CNLS, du lancement, en décembre 2009, à décembre 2010, près de 12 600 personnes ont ainsi été dépistées.
Alexis Elira Dokekias, directeur général de la Santé estime qu’il y a "plus d’engouement parce que la confidentialité est mieux faite et les conditions d’accueil sont bonnes". Dans les centres fixes, comme dans les hôpitaux, les agents sont en effet moins accueillants et livrent les résultats des examens en retard, ce qui crée une crise de confiance entre eux et les patients.
A côté de ceux qui louent l’action de l’UMODEV, d’autres lui reprochent de se limiter à Brazzaville. Raïssa Damba, vice-présidente de l’association Salut fraternel qui lutte pour la prévention du VIH auprès des filles mères, estime qu’avec un seul véhicule, cette Unité ne peut être régulière sur le terrain. "Pour parler d’une prévention effective, il faut que le dépistage se fasse partout", préconise-t-elle. Son souhait : "Avoir deux véhicules de dépistage à Brazzaville et d’autres dans les départements." En écho à cette demande, le Dr Achille Lanzy, déclarait le 19 avril dernier : "Dans les prochains jours, nous ferons en sorte d’avoir des unités mobiles dans au moins trois ou quatre autres départements." Un mois plus tard, la situation était toujours la même…
Convaincre les indécis, conseiller les malades
Les résultats obtenus ces dernières années sont cependant encourageants. Le CNLS note que, de 4,1 % en 2003, le taux de séroprévalence au Congo est passé à 3,2 % en 2009. Selon le Dr Achille, c'est dû aux campagnes d'information et aux distributions de préservatif dans les ministères, les casernes, les marchés, les écoles, dans les villes comme dans les campagnes, avec la participation des Eglises, des chefs de communautés, des enseignants, des instructeurs de l'armée, etc. Ce docteur évoque aussi la prise en charge gratuite des malades traités aux ARV.
On retrouve cette même tendance dans les résultats de l’unité mobile, puisque, fin 2010, seuls 260 volontaires s’étaient révélés positifs (soit 2 % des personnes dépistées). L’Unité mobile les alors conseille et les oriente vers des centres de dépistage anonyme pour un test de confirmation, puis, au besoin, vers un centre de prise en charge pour qu’elles suivent un traitement anti-rétroviral gratuit, souligne le Dr Hervé William Poaty.
De quoi, peut-être, finir par convaincre ceux qui ont encore peur de connaître leur statut sérologique et risquent ainsi de propager le sida. A l’image de cette jeune femme, qui, à l’INJS, avait requis l’anonymat et refusait de se faire dépister. "Si le résultat était positif, cela briserait ma vie !", avait-elle lancé en quittant les lieux...
Dieudonné Moukouamou Mouendo
Juin 2011
Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.
Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonnera cette action. Il sera garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionnera, formera et suivra individuellement les journalistes, organisera les ateliers et les conférences de rédaction, assurera les relations avec les médias locaux et suivra la diffusion des émissions et des articles.
Syfia international est le partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français (IciLàBas media) assistera le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Association de droit français, Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.
- L'implication de la Commission électorale et du Conseil supérieur de la liberté de communication permettra une reconnaissance officielle de l'action par les autorités.
- Des OSC comme le Comptoir juridique junior (CJJ) et l'Observatoire congolais des droits de l'homme (OCDH) avec lesquelles le CRP est habitué à travailler et qui œuvrent pour la défense des droits humains, l'éducation civique et la gouvernance électorale, participeront activement à certaines conférences de rédaction.
Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi
Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com
Syfia international – Emmanuel de Solère Stintzy
desolere[a]syfia.info
20, rue du Carré du Roi
34 000 Montpellier
France
Tel : + 33 4 67 52 79 34
Fax : + 33 4 67 52 70 31