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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

29 avril 2011 5 29 /04 /avril /2011 08:53

(Syfia/CRP) À Brazzaville, des personnes âgées, accusées de sorcellerie, sont délaissées par leurs familles. Pouvoirs publics et ONG tentent de faire tomber les préjugés, rappellent aux enfants leur obligation d'assistance envers leurs parents et accueillent ces vieilles et vieux qui ont tout perdu.

 

"Quand je suis arrivée un jour après l'enterrement de mon mari, la belle famille a refusé de me montrer sa tombe, prétextant que j'étais l'auteur de sa mort. Elle m'a fait asseoir, tard dans la nuit, pour me juger", témoigne une veuve qui a requis l’anonymat. Elle poursuit : "Avant que je ne rentre au Congo, ses parents sont allés barricader la maison de mon mari et ont pris tout le mobilier. Je me suis retrouvée à la rue avec les enfants..."

Plusieurs causes sont à l'origine de l'abandon des veuves et des personnes âgées à Brazzaville, mais les accusations de sorcellerie sont bien souvent au cœur des divisions dans les familles. François-Xavier Mayouya Mifoundou explique que, dans ces cas-là, son association, l'Œuvre Notre-Dame des veufs et orphelins du Congo (ONDV&OC), écoute enfants et parents, puis tente un rapprochement : "Nous avons dernièrement fait une médiation. Des enfants avaient rejeté leur maman parce qu'un de ses fils disait avoir rêvé faire des rapports incestueux avec elle. Nous lui avons fait comprendre que ce n'est pas maman qui avait fait cela, mais plutôt un esprit maléfique."

Au Congo, ces accusations sont assez courantes. Herman Batamio Matondo, secrétaire permanent de l’association Mibeko, constate : "Toute personne âgée est soupçonnée d'être sorcière ou sorcier. C’est fréquent de nos jours. Pourtant, le Code de la famille établit une assistance familiale." L’article 319 dudit Code dit ceci : "L'enfant, à tout âge, doit honneur et respect, aide et assistance à ses pères et mères, aux collatéraux de ces derniers et à ses autres ascendants." Certains se conforment à cette obligation. Franck raconte que ses frères et sœurs ont laissé leur père (veuf), l'accusant d'être un sorcier : "Moi, je ne l'ai pas abandonné. Je suis seul à vivre avec lui depuis 1998. Je garde malgré tout de bons rapports avec mes sœurs et frères."

 

"Mes enfants m'ont rejetée"

Dans son rapport d'activités du 3e trimestre 2010, la direction départementale des Affaires sociales de Brazzaville, estime à 2 373 veuves et 5 360 vieilles et vieux (60 ans et plus), les personnes âgées délaissées à Brazzaville. "Nous sommes en contact avec le centre Caritas Paul Kamba. Nous discutons avec lui du placement de ces personnes. Ensuite, nous négocions des vivres et allons les déposer", révèle Daniel Mondinzoko, directeur départemental.

L'hospice des vieillards Paul Kamba est présent depuis près de 35 ans à Brazzaville, à Poto-Poto, dans le 3e arrondissement. Il compte 10 pensionnaires internes et 45 externes qui reçoivent deux fois par mois des dons de bienfaiteurs. Pour les soins, c'est la fondation Congo Assistance qui leur vient en aide. Nestor Akambo, permanent, explique qu'ici aussi, le principal prétexte d'abandon est la sorcellerie : "Nous sommes une structure catholique et ne tenons pas compte de cela. Nous recevons des veuves, des vieilles et des vieillards, de toutes les confessions." Généralement, l'hospice fait une enquête auprès des voisins, puis entre en contact avec la famille. Si aucune solution n’est trouvée avec elle, il lui demande de signer une décharge, attestant qu'elle rejette totalement cette personne.

Parmi ces personnes abandonnées, une veuve ose s'exprimer : "Mes enfants m'ont rejetée. Ils disent que je suis une sorcière, raconte cette interne à l'hospice depuis novembre 2010. Elle ajoute, la mort dans l'âme, je suis en rupture totale avec eux. C'est pour cela que je me retrouve ici."

 

Jean Thibaut Ngoyi

Avril 2011

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com