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Présentation

  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
  • Le blog de Syfia Congo Brazza
  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 09:10

 

(Syfia/CRP) Ces derniers mois, une vingtaine d'aveugles ont été initiés à l'informatique par une OSC congolaise. Certains d'entre eux sont entre temps devenus eux-mêmes formateurs. Une initiative rare et encourageante qui devrait s'inscrire dans la durée pour lutter efficacement contre l'analphabétisme et les discriminations à l'embauche.

 

 

"Acquérir des compétences en informatique serait une nouveauté, un déclic. Cela nous permettrait d'être au même niveau que les voyants dans ce domaine", envisage Guy Mabiala, un aveugle. Ce qui semblait hier encore irréaliste devient aujourd'hui possible, notamment grâce à des ordinateurs à commande vocale. Allumer et éteindre un ordinateur, saisir un texte, naviguer sur Internet... "Les malvoyants suffisamment avancés dans leur apprentissage en forment d’autres", précise Fréjus Ntsakala, l’un des trois encadreurs à avoir reçu une formation de formateurs, par ailleurs permanent au centre d’apprentissage de Viens et Vois. Au total, 19 aveugles ont été initiés depuis novembre 2009 par cette OSC congolaise. Ils se comprennent facilement entre eux et dépensent ainsi moins d'argent que dans des formations classiques.

Cette formation, donnée à Brazzaville, est une première au Congo. Les participants viennent de Brazza et de Pointe-Noire. Ils sont ponctuels, réguliers et motivés, déterminés à sortir de l’analphabétisme où la plupart se trouvent. Pour Hugues Boukélé, président de l’Union nationale des aveugles et malvoyants du Congo (UNAMAC), cette démarche est importante pour leur épanouissement et leur affirmation. Jusqu'ici en effet, certains parents estiment qu'investir dans la scolarité de leur enfant aveugle est un gâchis, puisque trouver un travail lui sera ensuite presque impossible. Mais, d'autres comprennent que tous les enfants ont les mêmes droits. Des efforts accompagnés par Viens et Vois, qui organise des sessions d'alphabétisation des aveugles chaque année afin de leur permettre de lire et écrire en braille.

 

Aussi efficaces dans le travail

Avec l'informatique, de nouvelles perspectives s'ouvrent pour les plus instruits. À l'image de Dieudonné Mbimi : "Je peux à présent naviguer sur Internet, suivre les informations, faire des recherches pour ma maîtrise en sciences et techniques de la communication et saisir certains documents de mon association", se réjouit-il. Pour cet universitaire, c'est un premier pas important vers le marché de l’emploi : "L’informatique est un domaine où voyants et malvoyants peuvent se rencontrer. Un aveugle est capable de traiter un certain nombre de dossiers avec son ordinateur spécialement équipé et rendre ce travail à son chef de service. L’informatique rend les aptitudes des aveugles vraiment visibles !"

Un avis partagé par certains patrons. Rufin Mahinga, directeur de publication du journal Le Manager, explique : "Si un aveugle est capable de rendre le même travail qu’un voyant, pourquoi lui refuser un poste ou un emploi ? Je pense que l'important pour un chef, c’est que ses employés atteignent les objectifs qu’il s’est assignés". Même avis du côté d'Appo Moussavou, administrateur au CHU : "Lorsqu’un aveugle effectue le travail auquel vous attendez, la question de voyant et malvoyant n’a pas de sens".

 

Suivi individuel

Au niveau des autorités, sur le quota de 12 aveugles qui devaient en principe être embauchés dans la Fonction publique, en décembre 2009, huit ont finalement été intégrés, selon leur formation, à différents ministères. Un effort à poursuivre et à amplifier, militent les OSC. Selon le président de l’Union nationale des handicapés du Congo (UNHACO), l'implication totale des handicapés à des postes à responsabilités serait une manière pour le gouvernement de ne pas les délaisser. Pour le directeur général des Affaires sociales et de la famille, Jean Clotaire Tomby, les Technologies de l’information et de la communication (TIC) offrent à cet égard de multiples opportunités : "Le monde du handicap visuel s’ouvre difficilement, mais de plus en plus aux TIC. L’informatique est un domaine où aveugles et voyants peuvent se retrouver les plus égaux, car il existe des solutions pour rendre l’informatique accessible".

Emerson Massa, président de Viens et Vois, ONG soutenue financièrement par la Mission évangélique braille de Suisse, insiste sur l'importance du suivi individuel des aveugles formés, afin de consolider leurs acquis et d'en former une centaine d’autres d'ici fin 2010 : "Ce projet demande des ressources importantes, car notre centre est le seul dans tout le Congo. Les aveugles doivent le fréquenter régulièrement. Pour permettre aux 100 000 aveugles et malvoyants de notre pays d'accéder facilement à Internet, il leur faudrait par ailleurs des ordinateurs portables".

 

Marien Nzikou-Massala

 

Mars/Avril 2010

 

 

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com