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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

17 décembre 2009 4 17 /12 /décembre /2009 11:02

(Syfia/CRP) Il est désormais strictement interdit de vendre au bord des grandes artères de Brazzaville. La police fait énergiquement appliquer la mesure, mais les commerçants tardent à tous intégrer les marchés qu’ils jugent moins fréquentés, pas assez aménagés et donc moins rentables pour eux.

 

Total, le plus grand marché de Brazzaville, dans le deuxième arrondissement Bacongo. Nkouka Bateké, la principale avenue qui traverse ce marché est désormais accessible aux véhicules et aux passants. Les vendeurs qui l’obstruaient depuis des décennies ont désormais interdiction formelle d’y travailler. Mais nombre d’entre eux continuent à vendre non loin de là. "Nous regardons à droite et à gauche pour prendre rapidement la fuite au cas où les policiers arriveraient", raconte C., 27 ans, vendeur de pains. Malgré leur vigilance, certains tombent dans les mailles du filet. La marchandise de C. a par exemple été détruite par des agents des forces de l’ordre à trois reprises. Au total, il estime avoir perdu 26 000 Fcfa (40 €).

Comme d’autres, C. s’acharne tout de même à rester à proximité de cette avenue très passante, car il estime qu’intégrer le marché ne lui permettrait pas de bien écouler ses produits. Selon lui, les acheteurs pressés n’y entrent pas et les étalages sont difficilement accessibles. C. comme les autres vend donc désormais en catimini, exposant d'abord un simple échantillon et, ce n'est que quand un client mord à l’hameçon qu'il lui apporte le reste ou l’amène voir le reste de la marchandise. "C’est moins risqué. En cas d’irruption de la police, nous ne perdons presque rien", déclare Tony, 25 ans, vendeur ambulant de lait en sachet.

 

Brazzaville se refait une beauté

Entre les vendeurs et les autorités, le jeu du chat et de la souris a commencé en septembre dernier, quand la municipalité de Brazzaville a débuté son opération "déguerpissement des occupants anarchiques du domaine public", qui vise à assainir, protéger et conserver l’espace public et à terme, embellir la ville. Premiers visés : les baraques et étalages installés sur des espaces publics. À ce jour, Jean-Claude Oniangué Ollingo, conseiller du maire, responsable de ladite opération, estime que la moitié des objectifs sont atteints, car, selon lui, les principales artères du centre-ville ont été assainies : "L’opération se poursuit. Elle durera jusqu’à ce que toutes les artères concernées soient balayées".

Pour le conseiller, l'opération en cours semble réussir mieux que les précédentes : "À plusieurs endroits, des occupants ont eux-mêmes débarrassé la rue de leurs baraques avant que les agents de l’ordre ne passent. Des boutiques ont été démolies sans résistance des propriétaires." En 2004, l’opération avait échoué à cause d’interventions d’autorités civiles et militaires qui parrainaient certaines baraques. Par ailleurs, les patrouilles de police sont plus régulières aujourd’hui, assure M. Ollingo.

Casses de boutiques par-ci, confiscations de la marchandise et pénalités par-là… Des commerces font faillite et de nombreuses personnes sont réduites à l’oisiveté. Edvin Ntsila, 42 ans, père de trois enfants, a décidé de ne plus vendre depuis qu’il a été déguerpi du marché de fortune de PK Mfilou dans le 7e arrondissement. "On nous a demandé d’intégrer le marché de Bissita (situé à 500 mètres de PK Mfilou, Ndlr). Mais là bas, les vendeurs de produits congelés sont nombreux. On ne peut y vendre qu’un jour sur deux. Le carton de poisson que je vendais par jour dehors, il me faut deux ou trois jours pour le vendre dans le marché. Comme je faisais moins de bénéfices, j'ai préféré rester à la maison."

 

Méthodes musclées

Des policiers organisent des contrôles réguliers. "Lorsqu’il y a résistance ou récidive sur le terrain, explique un agent du commissariat central de Brazzaville, la police procède à la casse ou emporte la marchandise au commissariat. Au propriétaire de venir la délivrer." Une manière de faire qu’un officier de la Direction générale de la police nationale (DGPN) n’apprécie pas : "Il y a toujours eu des dérapages dans ce genre d’opération. La police devrait se faire accompagner par des agents municipaux à chaque descente sur le terrain." Un point de vue partagé par un responsable du Comptoir juridique junior (CJJ) qui pense que "les policiers devraient suivre des formations en droits de l’homme avant d’exécuter ce genre d’opérations".

Pour le Collectif des responsables de rayons de vente du marché Total, la mesure est cependant la bienvenue. Son vice-président, Étienne Nsana, montre du doigt "ceux qui vendent hors des étalages échappent au contrôle et ne payent pas les taxes". Il reconnaît cependant l’insuffisance d’étalages dans le marché et pense que le problème sera totalement réglé après la construction du nouveau marché moderne sur deux niveaux, prévue en 2010.

 

Bertier Batebi

 

Décembre 2009

 

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com