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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 12:23

(CRP/Syfia) Au Congo Brazzaville, rares sont les hommes à aider leurs épouses dans les tâches ménagères. Cependant, lentement, les mentalités évoluent et quelques uns se distinguent.

 

Préserver son foyer plutôt que s'accrocher à une prétendue dignité. Jean Mayela pense que les us et coutumes qui interdisent soit disant aux hommes de s’occuper des tâches ménagères peuvent déséquilibrer les familles. "Des traditions, on doit retenir certaines choses et en rejeter d'autres pour éviter des conflits. Pour moi, ce n'est pas une humiliation de faire quelque chose qui revient en principe à ma femme, plutôt une complémentarité. Donc, je ne me retiens pas de participer à certaines tâches (laver les enfants, cuisiner, faire la vaisselle, nettoyer la maison, etc.). Evidemment, je ne peux pas tout embrasser, mais je peux au moins alléger son travail de temps en temps !"

Un avis que partage Madame Moungouo née Oyéla Marie Pauline, directrice générale de l’Approche genre et de la recherche à la direction générale de la Promotion et de l'Intégration de la femme au développement, en évoquant l'article 167 du Code de la famille : "Dans le foyer, le mari doit coopérer avec sa femme afin d'améliorer leurs conditions de vie. Il ne doit pas s'occuper seulement des charges financières, mais également l'aider dans les charges quotidiennes."

Un comportement que Clémentine Odoua, une habitante de Brazzaville, rêve voir son mari adopter. Mais, pour en arriver là, Joseph pose une condition : "Si elle est malade, je peux m'occuper de la maison." Et le reste du temps ? "Je ne peux pas aider ma femme dans les tâches ménagères, car je passe tout mon temps au travail. Même le dimanche après l’église, je vais jouer au ballon... Mon père avait un sens aigu du respect de la coutume. Il ne voulait pas que je fasse les travaux ménagers. Sil voyait un garçon dans la cuisine, il le tapait. Voila pourquoi je ne sais pas cuisiner par exemple", tente de se justifier Joseph.

 

Modernisme et évolution

Présidente du Groupement Jeunesse Onara d'Abala-Ndolo (district de Djambala),  Gabio Joëlle Martine se souvient elle encore des durs travaux que faisait sa mère tout en étant enceinte : "Quand maman revenait des champs avec une cuvette de tubercules de maniocs sur la tête,  elle trouvait son mari assis. Il ne l'aidait pas à faire descendre cette cuvette. Selon lui, cela sentait mauvais..."

Une attitude que Jacques Oyanké, un traditionnaliste vivant à Brazzaville, analyse comme "une sorte de loi des ancêtres, selon laquelle l'homme ne doit pas s'ingérer dans les affaires de la cuisine. D’après cette 'tradition', s'il est surpris entrain d'aider sa femme, on se moque de lui. Les gens diront même que son épouse l'a marabouté. Le traditionnaliste poursuit et relativise. Cependant, dans les grandes villes, avec le modernisme et l'influence de cultures extérieures, ces derniers temps, les hommes n'ont plus autant honte d'aider leur femme."

Toutefois, rares sont encore ceux qui osent s’afficher en train d'aider leur épouse en dehors du 8 mars (journée internationale des femmes) où le dimanche. Pour eux, la peur de se faire critiquer par des machos paresseux et rétrogrades est toujours plus forte que la volonté de soulager leur femme dans les multiples tâches ménagères quotidiennes...

Viviane Nkoua

Octobre 2014 

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com