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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

17 décembre 2009 4 17 /12 /décembre /2009 11:03

(Syfia/CRP) Dans les grandes villes du Congo Brazzaville, les services de voirie n’ont plus de camions pour vidanger les latrines. Pour suppléer à ce manque, il s’est créé un métier utile et rentable : cureur de WC. Reste à l’encadrer pour mieux préserver la santé et l’environnement.

 

"Benda WC, benda WC !" Chaque matin, les cureurs annoncent à grands cris leur présence dans les quartiers de Brazzaville qu’ils sillonnent à la recherche de clients, munis de pelles, de pioches et de boîtes vides. Cette activité est née au sortir de la guerre de 1997 pour remédier au manque de véhicules vidangeurs des services de voirie. La journée, les jeunes creusent les trous où ils déverseront la nuit les matières fécales qu’ils ont vidangées.

Les cureurs participent activement à l’amélioration de la salubrité des villes. Mais leur activité doit être mieux encadrée. "Ils déversent les matières fécales dans les parcelles, dans la rue ou dans les rivières et exposent ainsi la population à des maladies", se plaint un habitant voisin de la rivière Madoukou, à Moungali, dans le 4e arrondissement de Brazzaville. Autre souci pour la santé et l’environnement : pour ne pas déranger le voisinage, lorsqu’ils travaillent, les cureurs brûlent des pneus afin que la forte odeur de la fumée masque celle des matières fécales... "Ils polluent ainsi l’atmosphère. Par ailleurs, ils s’exposent à la fièvre typhoïde ou aux vers intestinaux. Ils devraient avoir des gants, des bottes et des cache-nez et surtout enterrer les excréments vidangés", résume Émile Boubanga, épidémiologiste au Centre hospitalier universitaire.

Au niveau des services d’hygiène, ce métier n’est pas bien vu non plus. Le Dr Innocent Victor Ossete Ayessa, médecin-chef du Centre d’hygiène et de génie sanitaire de Brazzaville, y voit "un vecteur important de maladies telles que les diarrhées, la typhoïde et le choléra". Un autre employé du même service, insiste hors micro pour que l’État interdise cette pratique, fournisse à la mairie des véhicules à moindre coût et mette à disposition un lieu où seront déversés les excréments.

 

Vidanges rentables

Dominique Matondo, secrétaire général de Congolaise Terre des hommes association (CTHA), une OSC oeuvrant dans l’assainissement et la protection de l’environnement, plaide dans le même sens : "Les services de voirie devraient créer de petites unités pour protéger la population et éviter que ces jeunes ne s’exposent aux maladies". Il renchérit : "Ces cureurs devraient avoir une visite médicale tous les trois mois : leur santé en dépend."

Au départ, le métier de cureur, considéré comme avilissant, était réservé aux jeunes Congolais originaires de RDC qui, appliquait "l’article 15" cher à leur ancien président, le maréchal Mobutu, à savoir, en résumé : "Débrouille-toi pour survivre". "Je fais ce métier depuis trois ans. Les premiers mois, quand je suis arrivé à Brazza, j’étais à la charge des amis que j’avais suivis. Un jour, ils m’ont mis dehors. Sans métier ni qualifications, j’étais contraint de me lancer dans cette activité. Aujourd’hui, j’ai fait venir de Kinshasa ma femme et mes deux enfants", annonce triomphalement Johnny. Faute d’emplois, certains Brazzavillois suivent timidement le même mouvement. Comme Alain, qui fait connaître à un maximum de personnes son numéro de téléphone personnel. "Souvent, d’anciens clients me rappellent", se réjouit-il.

Chaque jeune cure quatre à cinq WC par semaine. Le prix de la vidange dépend de la profondeur des latrines : il varie entre 7 500 et 12 000 Fcfa (entre 11 et 18 €). Johnny estime gagner au minimum 90 000 Fcfa (137 €) par mois, nettement plus que le Smig (50 000 Fcfa, environ 75 €).

 

Marien Nzikou-Massala

 

Décembre 2009

 

 

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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com