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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

13 octobre 2009 2 13 /10 /octobre /2009 10:25

(Syfia/CRP) Ces derniers temps, les Églises catholiques et protestantes traditionnelles voient revenir d’anciens fidèles, déçus par les promesses non tenues des Églises du Réveil. Ils n’y ont trouvé ni la richesse, ni la guérison promises, mais abus parfois criminels et arnaques en tous genres.

 

"Notre pasteur disait que mon fils, qui souffrait d’épilepsie, était possédé. Je savais qu’il racontait des sornettes, mais j’avais peur de parler à cause de sa popularité au sein de l’Église. A la mort de mon bébé, mon mari m’a quittée et je suis repartie à l’Église catholique. Ici ou là-bas, Dieu n’est-il pas le même ?", s’interroge Julie. "Une de mes amies a quitté Brazzaville avec sa fille de 16 ans abusée sexuellement par notre pasteur. Son père tente de convaincre un maximum d'adeptes de quitter notre assemblée", témoigne Rita, elle aussi à nouveau fidèle du culte catholique.

Difficile de dire combien, comme Julie ou Rita, retournent dans leurs paroisses catholiques ou protestantes traditionnelles après une aventure malheureuse dans les Églises du Réveil. À Saint-François, l’abbé Ghislain Aymar Nkodia dit recevoir en moyenne trois à quatre personnes par semaine. Il décrit des gens déçus de n'avoir trouvé ailleurs ni l’ascension sociale promise, ni soutien spirituel, d'où un certain sentiment de culpabilité. "Ces Églises édulcorent le message du Christ ; c’est l’évangile de la facilité", regrette l’abbé. "Nous, Église de la mission du temple de la fin (une Église du Réveil, Ndlr), nous prêchons la Bonne nouvelle. Je ne nie pas qu’il y ait des dérapages dans quelques Églises, mais toute œuvre humaine est imparfaite", dit en réponse un adepte.

 

Une forme d’exploitation

Les dérapages imputés à ces assemblées sont plus ou moins graves. Bon nombre d’anciens adeptes ont par exemple le sentiment de s’être fait escroquer. "Plusieurs soi-disant pasteurs érigent des églises ici et là. Ils demandent ensuite des offrandes de toutes sortes pour subvenir à leurs besoins", explique Daniel qui a déserté sa communauté après y avoir passé plus d’un an. Gérant d’un cybercafé, tous les papiers administratifs de l'Église étaient faits dans son entreprise et à ses frais. Certains adeptes venaient même naviguer gratuitement. "Aujourd’hui, cette forme d’exploitation a pris fin", se réjouit Daniel qui a regagné l’Église évangélique du Congo (EEC, protestante) où il a été baptisé. "Quand on est malade, on est capable de tout donner ! Sans l’intervention de mon fils, j’offrais une de mes parcelles à un pasteur qui disait qu’elle était envoûtée et que je devais m’en débarrasser pour guérir", témoigne Fernand, aujourd’hui en pleine forme.

D’autres n’ont pas trouvé leur bonheur spirituel dans l’enseignement proposé. "Cela fait six mois que je suis revenu à l’Église catholique. Avant, j’étais dans l’Assemblée du Dieu vivant. Les prédications parsemées d’alléluia et d’applaudissements vous laissent à un certain moment perplexe. Je n’arrive pas à prier avec autant de bruit. Avec le temps, je me suis aperçu que l’enseignement était creux et que la prophétie se limitait aux richesses terrestres", raconte Philipe, resté plus de deux ans dans cette assemblée.


 

"Solidarité sournoise"

Mais, si certains quittent ces groupes de prières qui ont vu le jour dans les années 1990 avec l'ouverture démocratique, d’autres continuent à affluer… Pour garder leurs brebis fraîchement arrivées à elles, certains ont en effet instauré ce que l’abbé Aymar appelle "une solidarité sournoise" : "Elle consiste à visiter régulièrement les fidèles pour les persuader, par des témoignages alléchants, de rester. Par ailleurs, une grande partie des frais de mariage est prise en charge par les cotisations des membres. D'où la ruée des femmes qui espèrent y trouver chaussure à leur pied."

Entre 2002 et 2003, le ministère de l’Administration du territoire et de la décentralisation a recensé au Congo 39 Églises du Réveil. Entre 2008 et 2009, 58  assemblées supplémentaires ont été comptabilisées. A Brazzaville comme ailleurs dans le pays, difficile de les dénombrer avec exactitude. Certains pasteurs ne prennent en effet pas la peine de se faire enregistrer et plusieurs d’entre eux, à qui les autorités ont refusé l’installation, enfreignent la loi. Dans les assemblées qu’ils connaissent, les enquêteurs du ministère vérifient si la sécurité des fidèles, la tranquillité des voisins et la salubrité sont assurées. Quand, au hasard de leur tournée, ils tombent sur une église qui n’est pas aux normes, ils convoquent le prometteur et établissent un dossier en vue d'une reprise éventuelle de ses activités.

Pas de quoi, a priori, freiner sensiblement l’essor de ces assemblées. Les conflits de leadership qui y règnent provoquent en effet des dislocations puis de nouvelles branches qui attirent à leur tour de nouveaux adeptes...

 

Annette Kouamba Matondo

 

 

 

 

 

Octobre 2009

 

 

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com