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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

23 juillet 2010 5 23 /07 /juillet /2010 07:52

(Syfia/CRP) Certains retraités congolais deviennent changeurs de monnaie ou cultivateurs pour arrondir leurs fins de mois. D’autres, après avoir cotisé toute leur carrière, reçoivent un petit pactole de leur mutuelle quand ils quittent le monde professionnel. De quoi bâtir une vie plus digne.

 

Au coeur de Brazzaville, sur l’avenue Éboué qui mène au Beach, à 5 mètres les uns des autres, de vieux papas sont assis sur des chaises en plastique ou des bancs en bois. Changeurs de monnaies, ils guettent ici les voyageurs de passage. "Je fais ce métier depuis longtemps. Je soutiens ainsi ma famille", dit M. Oko. Ce fiscaliste de 70 ans, à la retraite, s’est lancé dans ce métier, car sa pension était trop maigre (10 600 Fcfa/mois, 15 € environ) et les versements trop irréguliers. Avec le change de devises, il peut gagner jusqu’à trois fois plus chaque mois. "Cette activité ne demande aucune force. L’essentiel c’est d’avoir un capital pour se lancer", précise M. Yebi, un retraité de 68 ans qui a commencé dans le métier avec 300 000 Fcfa (près de 460 €).

Au Beach, le dollar, l’euro et le franc CFA sont les principales monnaies en circulation. Les changeurs achètent 1 dollar à 540 Fcfa et 1 euro à 670 Fcfa et les revendent respectivement à 560 et 680 Fcfa. Ils sont un peu plus chers que les banques de la place, mais certains clients préfèrent malgré tout faire affaire avec eux. Carine est de ceux-là : "Ici, l’opération se fait à la minute", se félicite-t-elle. Selon M. Oko, il y avait 160 changeurs au Beach en 2008 et 150 en 2009, en raison du décès de certains d'entre eux. "Quand l'un de nous décède, chacun cotise 25 000 Fcfa. Et, lorsqu’un ami est en difficulté, nous donnons 50 000 Fcfa (75 € environ)", confie un changeur.

 

Pesanteurs administratives et arriérées

Un coup de pouce d’autant plus précieux que la vie d’un retraité congolais est loin d’être un long fleuve tranquille... Avant d’espérer toucher sa pension, il lui faut en effet d’abord constituer son dossier à Brazzaville. Certains, de l’intérieur du pays, renoncent à venir faire les papiers. "Il y a ceux qui sont encore derrière ces documents. D’autres meurent avant de les réunir… Un citoyen qui a travaillé pendant 30 ans, passe plus de cinq ans pour avoir sa pension", déplore un membre de l’Union des ressortissants retraités du district de Gamboma (URDG), à 320 km au nord de Brazzaville.

Une fois les droits établis, la régularité des versements de la pension accordée laisse parfois à désirer. "Ici, à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), nous avons 17 mois d’arriérés. Et avec des maigres pensions de 10 000 à 12 500 Fcfa (15 à 20 € environ) que nous touchons avec retard, on ne peut rien faire", se plaint un retraité. "J’ai deux lopins de terre à Brazzaville, mais je n’arrive pas à construire un hangar. Je continue à louer", déplore un ayant droit de la Caisse de retraite des fonctionnaires (CRF). Ce à quoi Thomas Onounou, directeur de la sécurité sociale au ministère du Travail et de la sécurité sociale,  répond : "En 2000, on parlait des 'maltraités' pour les retraités Actuellement, cette expression malheureuse a disparu parce que la CRF paie régulièrement les pensions". Selon Marcel Kouessabio, président de la Concertation des retraités contractuels du Congo, il y a 35 000 retraités à la CNSS. À la CRF, les chiffres ne sont pas connus.

 

Oublier la misère

Pour compléter le dispositif, différents systèmes existent. Par exemple, la MUGEF, la Mutuelle générale de la FETRASSEIC (Fédération des travailleurs de la science, des sports, enseignement, information, culture et arts), verse au retraité mutualiste "une prestation de 1 million à 1,5 million de Fcfa (de 1 500 à 2 300 €), après qu'il ait cessé de travailler. Cela lui permet d’amorcer une nouvelle vie", relate Sylvain Nzassi, président de cette structure. Pendant que le mutualiste exerce, il cotise 5 000 Fcfa (7,5 €) le mois. La prestation est échelonnée par rapport aux nombres d’années de cotisation. "La mutuelle a été créée au moment des différents programmes d’ajustement structurel (dans les années 80, Ndlr), quand le fonctionnaire était dans la précarité. Cette situation a obligé la Confédération syndicale congolaise à s’organiser pour soulager tant soit peu cette misère par la solidarité", explique M. Nzassi. Jean Makita, fonctionnaire retraité en 2007, témoigne : "J’ai touché 1,5 million Fcfa à la fin de ma carrière. Cet argent m’a permis d’ouvrir un atelier de peinture à Dolisie. Aujourd’hui, j’oublie que je suis retraité".

D’autres initiatives existent. "Nous cultivons l’igname à Gamboma depuis fin 2009. Nous sommes une quarantaine de retraités à avoir compris qu’il fallait nous lancer dans le domaine agricole", raconte un membre de l’URDG.

 

Jean Thibaut Ngoyi

Juillet 2010

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com