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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 13:06

(Syfia/CRP) Les enfants de la rue peuvent très bien faire à l’école, si on leur donne la chance d’y aller et que l’on croit en leurs capacités. Au grand étonnement de leurs camarades et de leurs enseignants, certains obtiennent de brillants résultats.

 

"Espace Jarrot, centre d’écoute, Foyer pour mineurs". Bovaldi, 15 ans, au niveau deux en classe d’alphabétisation, bute sur les mots quand il lit le prospectus du centre. Il a visiblement encore du mal à s’exprimer en français, mais cela ne l’empêche pas de prendre la parole devant ses amis qui le regardent d’un air  sérieux comme pour l’encourager.

Dans ce centre, les enfants de la rue, orphelins ou issus de familles recomposées, ne se laissent pas abattre par le sort. Aidés par un répétiteur, certains obtiennent même d’excellents résultats à l’école. "Georges, en classe d’alphabétisation depuis trois ans, a entre 15 et 18 sur 20 en histoire-géo et va présenter le CEPE. Son exemple nous pousse à aider ces enfants à aller loin dans leurs études", se félicite Franck Maboundou, éducateur. Ces élèves brillants suscitent aussi l’admiration de leurs camarades dits "normaux". Pour tous, un seul secret : le travail. "Mon ami me demande toujours comment je fais pour être premier. Je lui réponds que je lis beaucoup", déclare Michel, 12 ans, élève de CM2 et 1er de sa classe, incollable ou presque en calcul et en français.

Ce désir de réussite, on le retrouve aussi chez Guy, un autre pensionnaire, élève de 3e et parmi les premiers de sa classe avec 12 sur 20 de moyenne. Guy travaille dur dans toutes les disciplines pour réaliser son rêve de devenir médecin : "Au premier trimestre, je n’ai pas pu obtenir de bons résultats parce que j’étais malade, mais je suis sûr d’être parmi les premiers au second trimestre." À nouveau confiants dans leurs capacités, ces élèves appliqués étudient leurs leçons et parlent de leurs difficultés. Dany Mikouizi, répétiteur, apprécie et encourage ces attitudes positives : "Mon travail avec ceux de 3e consiste à revoir avec eux les leçons qu’ils ont apprises en classe. Avec ceux du primaire, nous révisons aussi les cours. J’associe les devoirs et les travaux pratiques pour détecter les faiblesses des uns et des autres." Le maître avoue cependant que, dans l’ensemble, le travail est difficile. Il faut en effet en permanence remobiliser ces élèves qui ont perdu l’habitude des contraintes : rendre ses devoirs dans les temps, venir régulièrement en classe, etc.

 

Indispensable persévérance

Pour inciter les plus doués à poursuivre leurs efforts et donner des idées à d’autres, le centre offre de temps en temps des cadeaux. Michel a ainsi dernièrement reçu un vélo. Une tactique qui fonctionne a priori plutôt bien. "Elle donne du punch aux uns et aux autres pour améliorer leur travail", se réjouit Dany.

Au niveau du Centre public d’insertion et de réinsertion des enfants vulnérables (CIREV), on retrouve aussi des enfants de la rue. Daudy Mbemba, éducateur, évoque leurs difficultés scolaires : "Nous insistons pour qu’ils comprennent leurs leçons. Parmi les neuf que nous encadrons, deux ont une moyenne très faible..." Certains parviennent cependant à obtenir des résultats encourageants. A l’image de Sarive, troisième de sa classe, fidèle au rendez-vous des séances de travail. Son souhait est de devenir… ministre pour aider les enfants de la rue, les malades, les veuves et les orphelins.

Pour lui comme pour les autres, le plus dur est sans doute à venir. Au CIREV, seuls quatre enfants sur quarante ont été réintégrés dans leurs familles d’origine et poursuivent leurs études au collège... À l’Espace Jarrot, le suivi de ces enfants concerne surtout les parents. Même quand ils font des efforts, ces jeunes ne sont pas au bout de leurs peines, "toujours mal perçus par leur l’entourage", regrette Franck. Manque d’éducation, voleur, sorcier, bon à rien… Les préjugés ont la vie dure. "Ils sont turbulents et indisciplinés", accuse une voisine du centre. "Ils sont têtus et récalcitrants et cela s’accentue lorsque leurs encadreurs s’absentent", renchérit une autre voisine qui ajoute qu’"ils insultent parfois les gens".

 

Avenir intact

Les adultes qui ont vu de quoi étaient capables ces enfants quand ils vont en classe ont changé d'avis. "C’est un enfant qui s’exprime très bien en français et peut mieux faire", rapporte un directeur à propos de l’un d’eux. "Brillant élève en classe qui répond bien aux questions !", note une maîtresse surprise en apprenant qu’elle avait à faire à un enfant de la rue.  

Parmi ceux qui ne poursuivent pas leurs études, certains avancent autrement et travaillent, à leur façon, à devenir de dignes citoyens. C’est le cas de Divin, 17 ans, ancien pensionnaire de l’Espace Jarrot, qui n’a pas obtenu son CEPE, mais est employé dans un restaurant. Désormais chez ses parents, il revient souvent voir ses anciens camarades.

Autant de leçons de vie encourageantes qui font dire à Franck Maboundou, "l’avenir des enfants de la rue n’est pas définitivement hypothéqué. Il suffit qu’on leur donne les mêmes chances qu’aux autres".

 

Annette Kouamba Matondo et Flaure Tchicaya

Juin 2010

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com