Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
  • Le blog de Syfia Congo Brazza
  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
  • Contact

Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

Recherche

.

Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 09:14

 

(Syfia/CRP) Pour faire connaître leurs droits et encourager les jeunes filles à dénoncer les enseignants qui les harcèlent, l’Association des parents d’élèves et étudiants du Congo organise des réunions dans différents établissements scolaires. Elle a également lancé une émission éducative pour les parents, de plus en plus prompts à demander des comptes aux directeurs de collèges et de lycées.

 

"J'ai refusé de satisfaire les désirs de mes enseignants. J’ai manqué ma licence et abandonné mes études", témoigne une victime de harcèlement à la Faculté des lettres et sciences humaines de Brazzaville, qui a malgré tout réussi à devenir journaliste. D'autres ont eu moins de chance… "Après avoir dit non à mon professeur, j’ai été recalée pour un point", explique une autre victime qui poursuit ses études. Une autre encore, au département d’histoire, chôme à présent dans la maison de ses parents : "J’ai été obligée de tripler ma première année, puis j'ai abandonné les cours".

Du collège à l’université, les victimes de harcèlement sexuel sont nombreuses au Congo. Pour faire connaître leurs droits aux jeunes filles et les encourager à dénoncer leurs agresseurs, l’Association des parents d’élèves et étudiants du Congo (APEEC) organise des réunions et des séminaires dans des établissements scolaires. "Dans nos rencontres avec les autorités du ministère chargé de l’Enseignement, nous abordons toujours ce sujet. A notre demande, des parlementaires ont promis de proposer de réviser la loi Portella relative à la protection des mineurs. Nous avons par ailleurs lancé une émission éducative (École des parents), qui passe deux fois par semaine sur Radio Bénie dans le département de la Sangha", complète Christian Ipouma, premier vice-président de ladite association.

 

Des parents réagissent

Une loi du 22 juin 1966 punit de six mois à trois ans de prison ou d'une amende de 50 000 à 200 000 Fcfa (75 à 300 €) toute personne qui, sans être reconnue comme futur époux, aura mis en état de grossesse une élève de moins de 21 ans. Cette peine est doublée lorsque l’infraction a été commise par une personne ayant une autorité ou une direction de droit ou de fait sur la jeune fille. Le Code pénal condamne également le viol, l'atteinte à la pudeur et l'incitation de mineur à la débauche.

Pour éviter ces crimes et délits aux conséquences dramatiques pour les élèves, les futurs enseignants suivent à l’École normale supérieure des cours de déontologie. Et, dans certains collèges et lycées, des parents n'hésitent plus à menacer directement les enseignants et les chefs d'établissement. "Si ma fille continue à être dérangée, je porterai la main sur vous", a dernièrement promis la mère d’une victime à un directeur. De quoi empêcher certains de récidiver et rendre plus attentifs les directeurs.

Raphaël Likibi, directeur des études au Lycée technique industriel de Brazzaville, assure de son côté : "Chez nous, on n’a jamais enregistré ce genre de cas". Gabriel Mahindou, directeur lui aussi, précise : "Nous n’avons jamais reçu de victimes dans nos bureaux. Mais, l'enseignant qui serait surpris à agir ainsi serait interpellé et mis à la disposition de la hiérarchie".

Grégoire Kimbangu, directeur au lycée Chaminade de Brazza, estime, pour sa part, que "les regards des enseignants ne sont plus tournés vers leurs élèves", même si certaines arrivent en cours en tenue provocante. "Nous sommes menacés par leurs charmes, mais cela ne nous attire plus", assure un enseignant. A l’université Marien Ngouabi, où le harcèlement sexuel est connu de tous, d’aucuns pensent que les étudiantes sont les principales responsables de ces pratiques. "Les filles séduisent les enseignants par leurs tenues", juge Kaka, étudiant, dédouanant ses professeurs masculins. L'un d'eux affirme d'ailleurs sans scrupule : "On ne peut pas parler de harcèlement à l’université, car ces filles sont adultes !

 

Peur et impunité

La plupart des victimes n'osent de toute façon pas encore porter plainte. Jeanne Ngala, chargée des questions de genre au ministère de l’Enseignement primaire et secondaire, explique que "les filles ont souvent peur de ternir l’image de l’enseignant". Du coup, les ONG mènent peu d’actions sur le sujet. "Nous manquons de témoignages de victimes", reconnaît un membre de l’Association des femmes juristes.

Le harcèlement sexuel est encore un sujet tabou, totalement absent ou presque des médias. Généralement, les contentieux entre enseignants et enseignées s’arrêtent donc au niveau des écoles et les auteurs ne sont pas sanctionnés, faute de preuves. Faute aussi, parfois, de volonté d'en finir avec ces pratiques… "C’est à la police ou à la justice de les sanctionner", réagit ainsi une autorité du ministère chargé de l’Enseignement, qui a requis l’anonymat.

 

Mamadou Bineta

Mars/Avril 2010

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
commenter cet article

commentaires

Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com