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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

30 avril 2010 5 30 /04 /avril /2010 08:53

(Syfia/CRP) Pour plusieurs associations qui, sur le terrain, donnent des fournitures et des bourses aux meilleurs élèves, l'État gagnerait à encourager davantage ses écoliers et étudiants les plus méritants. Comme il le faisait hier, il fournirait ainsi au pays de futurs cadres compétitifs.

 

Pascal Lissouba, premier docteur d’État (en génétique), fait partie de ces intellectuels qui ont fait la fierté du Congo à l'étranger. Comme d'autres, il a été soutenu par les pouvoirs publics. De l’indépendance aux années 90, l’État récompensait en effet les meilleurs élèves par la remise de prix et de bourses d’études, ainsi que le placement en internat.

"Une merveilleuse vie nous attendait à la fac et au campus", se rappelle Kally Djatou. Aujourd’hui professeur de lettres dans un collège, il se souvient des vélomoteurs que se procuraient la plupart des étudiants grâce à leur bourse mensuelle de 30 000 Fcfa (45 €) allouée par l’État. En 1985, Bertin Joël Likibi, instituteur dans une école privée, avait, lui, bénéficié de différentes fournitures après avoir obtenu la meilleure moyenne au collège.

Pierre Mbou, économiste, résume ainsi cette période : "C’était l’époque de l’école agréable. Même le fils d’un pauvre pouvait aller aussi loin que possible dans son parcours scolaire. La preuve en est qu’une bonne partie des intellectuels congolais d’aujourd’hui est constituée de fils de paysans."

 

"Mes illusions se sont effondrées"

La donne a changé. Depuis les années 90, il n’existe plus d'internats. Quant à la bourse versée par l'État, son montant n'a pas changé (30 000 Fcfa), mais les conditions d'obtention se sont durcies. À l’époque, les étudiants de moins de 25 ans en bénéficiaient dès la première année de fac, à présent ils doivent passer en deuxième année et avoir moins de 23 ans. En outre, elle est désormais payée par trimestre et non plus chaque mois. Pas évident de faire face à l'explosion du nombre d'étudiants. À l’université Marien Ngouabi, unique université publique du pays, ils sont désormais environ cinq fois plus qu'en 1971... "Il n’y a pas d’argent", regrette un agent de l’administration scolaire.

Du coup, les pouvoirs publics n’organisent plus d'émulations, "gages pourtant de l’excellence", estime un agent de la Direction départementale de l’Enseignement de Pointe-Noire. Au grand dam de beaucoup d’écoliers. "Quand j’étais enfant, je rêvais d’être aussi performant que mon oncle, aujourd’hui journaliste, quand je l’accompagnais aux proclamations des résultats des examens et quand il me remettait une partie de sa ration alimentaire. Je me disais alors que c’était merveilleux d’étudier. Aujourd'hui, mes illusions se sont effondrées", souligne Grâce Ndinga-Matondo, élève au lycée technique qui souhaite devenir ingénieur en génie civil, mais se montre pessimiste à cause des "onéreuses conditions d’études" et envisage, à défaut, une carrière en politique.

 

Des associations réagissent

Certaines associations congolaises se mobilisent pour redonner espoir aux jeunes les plus prometteurs. En décembre 2009, la Fondation Mesmin Kabath (Fomeka) a ainsi signé des contrats annuels d’excellence avec les 50 meilleurs élèves des collèges et lycées publics de Pointe-Noire et du département du Kouilou. Outre les fournitures scolaires qu’il a reçues le jour de la cérémonie, chaque élève percevra, durant neuf mois, une bourse de 30 000 Fcfa. Il perdra cet avantage si sa moyenne est inférieure à 12. Les fruits de cette initiative, entamée en 2008, sont pour le moment décevants. Des 50 boursiers de 2008, deux seulement ont réussi à sauvegarder leur bourse. "On espérait recevoir au moins la moitié des bénéficiaires de l’année dernière…", déplore-t-on au sein de la Fomeka.

De son côté, l’Association Gaétan Nkodia pour le développement (AGKD), remet, depuis 2007, des kits aux meilleurs élèves des collèges et d'écoles primaires. Mais, comme à la Fomeka, il n’y a pas de réel suivi de ces enfants tout le long de l'année. Un suivi d'autant plus fondamental dans des familles où les parents ne peuvent pas s'en charger eux-mêmes. Autre problème, en amont celui-là, ces deux associations se basent sur des listes d'élèves fournies par les établissements dans lesquels le système d'évaluation est sujet à caution à cause de la corruption, de la complaisance et du favoritisme.

Le rayon d'action des associations est donc réduit. À l'image de l’AGKD, qui limite son soutien au niveau de Tié Tié I (Pointe-Noire), circonscription électorale du député Gaétan Nkodia, son président. Alain Ivouvou, professeur d’anglais dans un collège privé, milite pour une approche plus globale : "Les parlementaires ont une part de responsabilité dans la déchéance du système éducatif congolais. En acceptant par exemple (en 2009, Ndlr) seulement 6 % du budget national soient accordés à l’éducation, ils cautionnent le déclin de l’enseignement". Réplique de Victor Foudi, député : "Nous reconnaissons qu’il y a quelques flottements, mais tout est en train de se régler graduellement".

Les élèves les plus méritants verront-ils bientôt leurs efforts et leur patience récompensés ?

 

 

John Ndinga-Ngoma

 

Avril 2010

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com