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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

7 décembre 2010 2 07 /12 /décembre /2010 09:55

(Syfia/CRP) Au Congo Brazzaville, les Pygmées n'ont plus peur de défendre eux-mêmes leurs droits. D'autant qu'une loi sanctionnant les discriminations à leur égard devrait bientôt être enfin adoptée.

 

Une révolution en peu de mots : "Les peuples autochtones (…) déterminent librement leur statut politique et assurent librement leur développement économique, social et culturel." Pour les Pygmées aka du Congo Brazzaville, défendus jusque-là essentiellement par des Ong internationales et nationales, la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones de 2007 a été un détonateur. "Ce texte nous a encouragés à créer nos associations pour mieux défendre nos droits", explique Franck, étudiant aka à la Faculté de Droit de Brazza et secrétaire général de l'Association Case des minorités ethniques des peuples autochtones (ACMEPA). Sorel Eta, coordonnateur de l'association Regard aux Pygmées, estime lui aussi qu'aujourd'hui, les Aka ont pris conscience de leurs droits.

Les Pygmées constituent 10 % environ de la population congolaise. Ils sont présents dans toutes les régions du pays. Guy Ngoma, président de l'ACMEPA, souligne les changements visibles en peu de temps : "Je suis en face de vous, un journaliste. Je m'exprime en français. Avant, je ne pouvais pas vous approcher." Au quotidien, les différentes associations encouragent les leurs à envoyer leurs enfants à l'école et à ne plus vivre en forêt pour montrer aux Bantous qu'eux aussi réfléchissent et ont les mêmes droits. Les ONG de Pygmées appliquent à elles-mêmes cette ouverture. En 2011, certaines d'entre elles projettent d'implanter des antennes dans tous les départements du pays et sont, au même titre que des associations bantoues, affiliées à la Convention nationale des associations et ONG de développement et d'environnement du Congo (CONADEC). Elles ont par ailleurs fait des propositions, avec des associations de droits de l'Homme, pour l'élaboration d'un projet de loi.

 

Une loi très attendue

"En 2004, l'Observatoire congolais des droits de l'Homme (OCDH) a publié un rapport tirant la sonnette d'alarme sur la marginalisation, la discrimination, les abus et le non-accès aux différents services sociaux de base. Résultat : le ministère de la Justice et des droits humains a initié un projet de loi pour la protection des Pygmées en 2005", rappelle Rock Nzobo, responsable des programmes à l'OCDH. Les consultations se sont multipliées depuis au niveau des peuples autochtones. Un comité de rédaction a ensuite été mis en place et le projet de loi a été amendé deux fois. Fin 2009, il a enfin été adopté par le Conseil des ministres et transmis au Parlement. Simon William M'viboudoulou, magistrat, directeur des affaires juridiques internationales au ministère de la Justice et des Droits humains, insiste sur le côté progressiste de ce texte qui prévoit des amendes (50 000 à 250 000 Fcfa, 75 à 380 €) en cas de discrimination avérée (exploitation, maltraitance, refus de soins, injures, etc.).

Le Rapporteur spécial de l'ONU sur les droits des peuples autochtones, James Anaya, au terme de sa visite au Congo, le 29 octobre 2010, a félicité le gouvernement congolais pour cette loi qui sera selon lui parmi les premières du genre en Afrique. Mais, le combat contre les discriminations sera dur à mener. James Anaya s'en est rendu compte sur le terrain : "J'ai constaté de mes propres yeux que les peuples autochtones au Congo vivent dans des conditions de marginalisation extrême. Beaucoup vivent dans les campements à la périphérie des villages et ne disposent pas de logement adéquat ou d'accès aux services sociaux de base. Ils sont victimes de comportements discriminatoires profondément enracinés."

 

"Des personnes comme nous"

"Les Bantous nous font travailler à longueur de journée pour 500 ou 1 000 Fcfa (0,75 ou 1,5 €)", témoigne D., originaire d'Impfondo (nord du pays), rencontré au Centre culturel français de Brazzaville en novembre dernier. Prospère, de la même localité, confirme : "Lorsque nous ne finissons pas leur travail, ils nous menacent sans que personne n'intervienne. Ils disent que nous sommes leurs esclaves !"

Pour l'OCDH, resté en contact avec des Aka qu'il a notamment formés à collecter des informations, gérer une structure ou faire un plaidoyer au sein de leur propre communauté, le projet de loi énoncera des principes. Au législateur ensuite d'en informer les citoyens et de veiller à l'application de la loi. Selon Rock, "ce processus va contribuer à renforcer leur protection". Simon William estime que ce projet de loi sera prêt en 2011 et constituera alors une avancée majeure "pour que nous reconnaissions tous que les Pygmées sont des personnes comme nous qui jouissent des mêmes droits."

 

Jean Thibaut Ngoyi

Décembre 2010

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com