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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 13:08

(CRP/Syfia) Au Congo Brazzaville, de plus en plus de femmes sont victimes de violences sexuelles ou domestiques. Aidées par des associations, des psychologues et des policiers, elles tentent de briser le silence et l'impunité.

 

"La proportion de femmes qui subissent des sévices physiques ou sexuels à un moment de leur vie peut atteindre 70 %." Ce pourcentage effrayant, a été avancé, le 25 novembre dernier, par M. Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’ONU lors de la 13e Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Au Congo Brazzaville, la situation est préoccupante. Selon la cellule psychologique de l’hôpital de base de Makélékélé (Brazzaville), environ 40 % des femmes seraient victimes de violences sexuelles ou domestiques. Une proportion qui va grandissante ces dernières années...

Le Dr Tshikoura Samba, responsable de cette cellule, affirme que son service a enregistré 542 violences (viols, agressions physiques ou morales) entre 2010 et le 1er semestre de 2012. Il y voit plusieurs explications : "La peur de la sorcellerie et la familiarité entre les parents de la victime et ceux de l’auteur enfoncent le stress post traumatique par la peur des représailles. Une attitude qui participe à l’impunité de l’auteur…"

 

Collecter les données

Pour tenter de "ramener la sécurité dans les foyers", Azur Développement, une ONG congolaise, mène chaque année depuis 2009, du 25 novembre au 11 décembre, une campagne contre les violences domestiques. Cette association ambitionne ainsi de "former des groupes locaux de femmes et des organisations de droits humains à utiliser les outils technologiques (blogs, réseaux sociaux, Ndlr) et une plateforme de documentation de ces violences, afin de produire des preuves." L'idée étant de "déceler les manquements et d'amener les parties prenantes à améliorer la réponse nationale", résume Ida Moussa, coordonnatrice d’Azur Développement, Pointe-Noire.

En 2012, 50 chefs de quartiers de la capitale économique et ceux des deux arrondissements de Nkayi (Bouenza, 250 km environ à l'ouest de Brazzaville), ont ainsi été formés à "collecter des données et orienter des victimes vers des structures de lutte contre les violences." Alain Marius Kouanda, de l’arrondissement 3 Tié-Tié de Pointe-Noire, un des chefs de quartier associé à cette initiative, s'en félicite : "Je crois qu’à travers la mise en place de cette plateforme, les pouvoirs publics feront désormais plus attention."

Des avancées existent déjà, ici et là. La vingtaine révolue, une habitante de Mbota à Pointe-Noire, en témoigne : "J'étais victime d’une menace. L'affaire a été amenée au Poste de sécurité et de police (PSP) de mon quartier. Le commissaire m'a orientée vers Azur Développement pour un suivi juridique. J'ai été reçue une fois au tribunal. Nous attendons le verdict." Françoise Damba, directrice départementale de l’éducation civique de Pointe-Noire, observe : "Hier, la femme ignorait ses droits. Aujourd’hui, avec l’aide d'associations, elle commence à se mettre debout ! Si elle a été violée ou battue, elle ne doit pas avoir peur d'aller vers les structures adaptées pour régler ses problèmes."

 

Campagnes "tolérance zéro"

Pas évident, pour les détenu(e)s, d'y parvenir... Mme Bahanda Emilie Catherine, chef de bureau de la direction départementale droits humains à Pointe-Noire, souligne que de plus en plus de viols se produisent en effet dans les prisons. Pour renforcer la lutte globale contre l'impunité, le ministère de la Justice et des droits humains a lancé, fin novembre dernier, des campagnes nationales "Tolérance zéro maintenant sur les violences sexuelles basées sur le genre".

Beau Paul Makouangou, président du Réseau des associations de solidarité positive (RASP), une OSC de Pointe-Noire de défense des femmes, nuance : "Il reste des pesanteurs, telles que des dessous de table au niveau de la Justice qui font que certaines plaintes n’aboutissent pas. Sur quelques trois cas que nous avons suivis au niveau du Tribunal de grande instance de Pointe-Noire, aucun dossier n’a marché, malgré notre pression. La Justice est aujourd’hui impuissante et les auteurs de violences domestiques ne sont pas emprisonnés."

De son coté, Blanche Olga Zissi, juriste au Tribunal de grande instance de Brazzaville, justifie ce dysfonctionnement par la difficulté, pour la victime, de réunir les preuves nécessaires et le vieillissement du Code pénal congolais : "Le droit fait usage des sanctions prévues pour coups et blessures pour réprimander les violences domestiques." Ce Code, comme la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants du 10 décembre 1984 à laquelle le Congo a adhéré, prévoit "un emprisonnement de deux à cinq ans et une amende de 4 000 à 48 000 Fcfa (6 à 75 €) s’il résulte de ces violences, une maladie ou incapacité de travail personnel pendant plus de vingt jours."

 

Marien Nzikou-Massala

 

 

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com