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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
  • Le blog de Syfia Congo Brazza
  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

5 février 2010 5 05 /02 /février /2010 09:34

(Syfia/CRP) Dans les grandes villes du Congo, la sape, plus qu'une simple mode vestimentaire rapproche les jeunes de toutes les ethnies et les éloigne de la violence. Une façon élégante et moderne de participer à l'unité du pays après une décennie de guerre civile.

 

Main Bleue, bar dancing situé à Bacongo, au sud de Brazzaville. Des jeunes, en veste et cravate, viennent à leur rendez-vous du week-end. Ils font des va-et-vient devant et à l’intérieur du bar. Leur façon de marcher et de parler attire les regards. Ces ardents défenseurs de la Sape (Société des ambianceurs et des personnes élégantes) viennent des sept arrondissements de la capitale et appartiennent à toutes les ethnies. Ils se côtoient, sans heurts. Les samedis et dimanches, les riverains des grandes artères et de certains bars dancing de la ville assistent à leurs défilés au cours desquels ils exhibent la griffe de leurs habits et leur art de marier les couleurs.

Samba Le Maire a été sacré meilleur sapeur de Brazzaville à l’issue d’un concours organisé en 2008 en partenariat avec les ambassades de France, d’Italie et des États-Unis. Étiqueté ambassadeur pour la paix universelle pour ses œuvres de bienfaisance envers les démunis, il raconte que lui et ses amis se sont rendus l’an dernier à Kinkala, Boko et Mindouli, villes du département du Pool touchées par la guerre, pour former des ex-combattants à la sape.

Chez nous, explique Amour Mayoma, un sapeur de Bacongo, il n’y a ni bandit, ni considérations ethniques : "Si on est bien habillé, on a droit à des applaudissements. Si on est mal habillé, on mérite des moqueries, cela quelles que soient les origines ethniques." Oba Prime, dit Igor Le nécessaire, sapeur de Mikalou au nord de la capitale, confirme : "J'ai des amis sapeurs qui vivent à Bacongo et Makelekelé (quartiers sud de Brazzaville majoritairement peuplés d'une autre ethnie que la sienne, Ndlr). Nous sommes tous des sapeurs congolais."

 

Bagarres et tribalisme démodés

La création de l’Association des sapeurs du Congo (ASSACO) en 2006, qui en regroupe près de 500 sur des milliers en activité, a permis de répertorier et de développer l'unité du mouvement. "À chaque fête d’indépendance, tous les sapeurs brazzavillois participent au défilé populaire devant le chef de l’État et les institutions de la République. Aujourd’hui, on n'assiste plus à des bagarres", souligne Destin Ndoudi, président de l'association. Les autorités confirment : "Nous n’avons jamais eu à arranger un différend entre sapeurs. Ce sont des personnes courtoises et intéressantes", estime un sous-officier de la direction générale de la police.

Certains se demandent cependant comment ils se procurent ces habits parfois extrêmement chers. Bindesso Honoré (connu sous le pseudonyme de Wassenga Kimpedi) lève le mystère : "La plupart ont des parents en Europe qui leur envoient des costumes, chemises, cravates ou des chaussures. D’autres exercent des métiers qui leur permettent de gagner honnêtement leur vie. En tout cas chez nous, le vol et l’escroquerie sont prohibés."


 

Festival et Prix du meilleur sapeur

Selon M. Rock Tondo Mayela, président de l'association Union pour la paix, la démocratie et le développement, les sapeurs contribuent à l’édification d’un Congo uni et réconcilié. Dans le même esprit, afin de faire tomber toutes les barrières, il demande aussi aux pouvoirs publics de promouvoir les mariages interethniques.

En attendant, l'attitude pacifique des sapeurs leur vaut la reconnaissance officielle. Pour M. Albert Kimbouala, directeur au ministère de la Culture et des arts, ils assurent la promotion des valeurs du Congo. Des films à leur sujet sont en effet vus dans le monde entier. Ils sont d'ailleurs souvent reçus par le chef de l’État. En 2010, le Prix du meilleur sapeur et un festival en leur honneur devraient être organisés par les autorités.

 

Bertier Batebi

 

Janvier 2010

 

 

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com