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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

15 janvier 2010 5 15 /01 /janvier /2010 10:07

(Syfia/CRP) Désireux d'arrondir leurs fins de mois, des enseignants négligent le public pour le privé où leurs compétences sont recherchées. Ils y font plus sérieusement leur travail par crainte d'être sanctionnés. Pendant ce temps, leurs élèves du public sont un peu délaissés…

 

Neuf heures. Les élèves du collège public de la Liberté à Talangaï sortent en recréation. La cour se teinte de kaki et de bleu, les couleurs de la tenue des élèves de ce collège brazzavillois. A l'intérieur, certains professeurs s’apprêtent à prendre le relais dans les salles de classe, d’autres font déjà le point de la journée. "Les cours se déroulent normalement. Les enseignants sont présents en dehors de quelques cas isolés", se félicite une autorité de cette école.

Dans bon nombre d'établissements, des professeurs sont en effet aux abonnés absents ou bâclent leur travail pour aller donner des cours dans le privé où ils arrondissent (40 à 50 000 Fcfa, 60 à 75 €) leurs fins de mois. "Notre salaire (70 à 80 000 Fcfa, 105 à 120 €, Ndlr), assure Bled, professeur dans une école publique, est insuffisant pour joindre les deux bouts." Dans le privé, ils s’investissent davantage parce qu’ils sont payés à l’heure (1 000 Fcfa, 1,5 €) et ont peur d’être renvoyés. Ils sont par ailleurs obligés de terminer les programmes scolaires. "Si un enseignant manque le cours, il est sanctionné. La rigueur et le suivi font défaut dans le public", résume Paulin, un enseignant du privé.

Les professeurs des écoles d'Etat sont très sollicités, car ils ont en général participé à des formations pédagogiques efficaces. "L'encadrement qu’ils ont reçu est aussi bénéfique pour le privé", déclare Brice, directeur d’une école, avant de poursuivre, "sur 15 agents, sept de l’école publique évoluent avec nous ; le reste se forme sur place." Un cumul de postes mal perçu du côté du ministère chargé de l’Enseignement. "Les textes n'autorisent pas à exercer à la fois dans le privé et dans le public", rappelle Gaëtan Mayoukou, inspecteur général de l’enseignement primaire, secondaire et de l’alphabétisation, qui contrôle l'ensemble des écoles. "Chacun doit respecter ses heures de travail avant d’aller ailleurs", conclut-il.

 

Scolarité à deux vitesses

Certains élèves, découragés par l'irrégularité de leurs enseignants, sont tentés d'abandonner leurs études. D'autres peinent à suivre dans une classe où ils sont au moins 60, contre seulement 20 à 30 dans le privé. D'après Bienvenu Eyiamoro, parent d’élève, "dans les établissements privés, on ne regarde que l’argent. Même s'il échoue, l’enfant se retrouve en classe supérieure. Par contre, celui du public passe grâce ses propres efforts". Dans certaines écoles, l’élève paye 5 à 10 000 Fcfa (7,5 à 15 €) par mois, alors que l’enseignement est gratuit dans le public.

Les parents qui en ont les moyens préfèrent inscrire leurs enfants dans le privé, estimant meilleurs la qualité de l’enseignement et le suivi des élèves. Les résultats aux examens nationaux indiqueraient toutefois que les élèves de ces différents établissements ont les mêmes chances de réussite. "Les examens organisés par l’Etat sont nationaux. Les candidats du privé sont toujours brassés avec ceux du public. Ils passent les mêmes épreuves", précise Landry Ebata, directeur d'une école privée.

 

El-Staël Enkari

 

 

Janvier 2010

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com