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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 07:14

(Syfia/CRP) "Doter, ce n'est pas acheter une femme !" Forts de cette conviction, des médiateurs traditionnels, regroupés en associations, tentent de convaincre les familles qui détournent la tradition et la loi de demander un montant raisonnable pour la dot. Certains couples arrivent ainsi à s'unir.

 

Un médiateur traditionnel, arrangeant un mariage, salue l'assistance. "Le mariage est une bonne chose, ne le rendons pas compliqué !", dit le doyen Pierre Kiminou, membre de l'association des nzonzi du Congo. Les deux familles rient de bon cœur et acclament cette parole sage. Après discussion préalable entre deux nzonzi, la famille de la fille qui réclamait  une dot d'1 million de Fcfa (plus de 1 500 €) avait revu ses prétentions à la baisse et accepté de ne toucher que 400 000 Fcfa (600 € environ).

Les médiateurs traditionnels, appelés couramment nzonzi (en langue kongo, au sud du pays), twèrè ou totelé (en mbochi, au nord), militent ces derniers temps activement contre le coût de la dot qu'ils estiment exagéré et non conforme à l'esprit de la tradition. "La dot n'est pas l'achat de la femme !", souligne M. Mbemba, secrétaire général de l'association des nzonzi du Pool. La bataille pour une dot juste a commencé en 2007 dans cette région puis a gagné Brazzaville un an après. Pierre Kiminou explique : "Nous nous retrouvons souvent au tribunal traditionnel de Terenkyo (à Makélékélé) pour débattre. Au cours des cérémonies de mariage, nous sensibilisons ironiquement parents et futurs mariés pour qu'ils nous consultent."

 

Tradition et loi bafouées

Ces démarches diplomatiques et humoristiques persuadent certains parents. M. Mbemba, confie : "Cette année, entre mars et mai, j'ai fait marier quatre filles de l'honorable Mayindou (un député, Ndlr). Pour chacune de ces dotes le montant était de 300 000 Fcfa (près de 460 €)". Alain Boukongou, devenu un fin connaisseur de la tradition, a lui aussi été persuadé par un nzonzi de laisser convoler en justes noces sa fille qui avait déjà fait deux enfants avec son prétendant. Le papa estime à présent : "C'est une chance aujourd'hui lorsque quelqu'un vient solliciter la main de ton enfant. Pour ma fille infirmière, je n'ai demandé que 350 000 Fcfa."

Toutes les familles ne l'entendent cependant pas de cette oreille... Certaines, au nom d'une pseudo-tradition, n'hésitent pas à réclamer 600 000 Fcfa (900 € environ), voire plus, sans compter la dot à verser en nature. Pour M. Kayikoné, modérateur traditionnel de l'association des totelé/twèré de Boundzi (Plateaux, à 150 km au nord de Brazzaville, Ndlr), ces pratiques n'ont rien à voir avec ce qui se passait hier encore. "Dans la tribu mbochi, on ne pouvait pas imaginer dépenser plus de 150 000 Fcfa pour marier son enfant. La dot avait de la valeur, mais se faisait à moins de 100 000 Fcfa (150 €)", affirme ce totelé. Le traditionaliste Auguste Miabeto explique qu'à l'origine, dans la coutume, on ne donnait que des cadeaux symboliques (par exemple deux bêtes pour la fécondité), mais on n'exigeait rien : "Ceux qui vendent leurs filles sont des véreux ! Ce qui se passe maintenant n'à rien à voir avec le rite !"

 

Appliquer ou changer la loi

Les exigences de certaines familles sont non seulement contraires aux coutumes, mais en plus illégales. Le Code de la famille de 1984, en son article 140, dit en effet que : "La dot a un caractère de symbole. Elle est facultative. Elle peut être payée en nature ou en espèces ou sous les deux formes. En aucun cas son montant ne pourra dépasser la somme de 50 000 Fcfa (75 €)." Herman Batamio Matondo, juriste et secrétaire permanent de l’association Mibeko, précise qu'en cas de dépassement aucune sanction n'est prévue dans le Code pénal. Un laisser-aller qui entraîne selon lui une instabilité dans les foyers : durée prolongée du séjour des filles sous le toit parental ou du concubinage parfois pendant plus de 10 ans, problèmes de reconnaissance des enfants et de succession, etc.

Simon William M'viboudoulou, directeur des affaires juridiques internationales au ministère de la Justice et des droits humains, estime pour sa part irréaliste les 50 000 Fcfa fixés par la loi et appelle à revoir ce montant. Selon lui, il faut réunir toutes les tribus du pays pour trouver un montant conforme aux aspirations des unes et des autres : "Cela ferait la médiane entre celles qui pensent que la dote doit être chère et celles qui estiment qu'elle doit l'être moins. Cette démarche sera retenue pour la révision (en cours depuis 2009, Ndlr) du Code de la famille qui devrait se terminer d'ici 2016."

D'ici là, d'autres jeunes, pour pouvoir financièrement se marier, auront sans doute recours aux médiateurs traditionnels. A l'image de Séraphin, 37 ans, qui a consulté un nzonzi. Celui-ci, qui parlait la même langue que sa femme, l'a aidé à ne débourser que 350 000 Fcfa au lieu des 600 000 Fcfa exigés au départ par la belle-famille. "Il est important de trouver un nzonzi qui maîtrise bien les us de l'épouse", conseille Séraphin aux futurs mariés.

 

Jean-Thibaut Ngoyi

Juin 2011

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com