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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

23 novembre 2012 5 23 /11 /novembre /2012 08:53

(CRP/Syfia) Au Congo Brazzaville, les candidats aux élections n’ont pas tous les mêmes ressources financières pour faire campagne. Des disparités qui, faute de règlementation, semblent fausser le jeu démocratique. La société civile et des politiciens de différentes tendances, proposent de limiter les budgets des campagnes.

 

"Je veux briguer un siège au conseil municipal de Pointe-Noire l’année prochaine, mais je crains de ne pas avoir assez de moyens pour rivaliser avec mes adversaires aux poches biens remplies", déclare un Ponténégrin. Ce dernier caresse l’ambition de faire ses premiers pas en politique lors des élections des conseillers locaux de 2013, dans le 3ème arrondissement de la capitale économique.

Ses craintes sont révélatrices des disparités constatées lors des dernières campagnes électorales. Le plus souvent, les candidats peu fortunés se contentent d’une visibilité réduite, pas de mégas meetings, pas de carnavals, difficile accès aux médias, absence de publicité, etc. Ils ne font que du porte à porte ou organisent quelques activités ludiques. A contrario, les candidats disposant de gros budgets mènent des actions d'envergure. "Un meeting me coûte 6 millions de Fcfa (plus de 9 000 €)", déclarait lors du 2e tour des législatives d’août dernier et sous le sceau de l’anonymat, un candidat à la députation. Durant la campagne, il aura finalement organisé trois meetings et dépensé ainsi 18 millions de Fcfa (27 500 €).

De telles dépenses ne sont pas à la portée de tous. Ce qui fait dire à Georges Nguila, chef d’antenne de l’Observatoire congolais des droits de l’homme (OCDH) : "Quand tous les prétendants n'ont pas les mêmes possibilités financières, les plus nantis prennent de l'avance sur les autres." Alain Louganana, de la Commission diocésaine justice et paix (CDJP), abonde dans ce sens : "La différence financière entre challengers est source de frustration. Elle contribue au recul de la démocratie."

 

Une loi pour plafonner les dépenses

Les acteurs politiques, toutes tendances confondues, semblent unanimes sur la question. Martin Tsika de l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS, opposition) pense que "si on n’a pas tous les mêmes forces sur le plan financier, les jeux sont faussés." Jean François Kando, membre du Parti congolais du travail (PCT, au pouvoir), reconnaît, lui aussi, que "l’absence de plafond des budgets de campagnes ne favorise pas le perfectionnement de notre démocratie."

Alors que, dans de nombreux pays, le financement des campagnes électorales est strictement réglementé (dépenses plafonnées, mouvements de fonds réglementés, comptes strictement contrôlés après les élections), la loi électorale congolaise n’impose pas ce genre de restrictions. Chaque candidat peut donc investir autant qu’il le souhaite, dans la limite de ses moyens.

Pour préserver les chances de tous les concurrents, la limitation des budgets de campagne est de plus en plus réclamée. "L’Etat devrait plafonner ces budgets pour donner à tous les candidats les mêmes chances avec des moyens quasi identiques. Il y a un vide juridique. L’idéal serait donc de légiférer sur la question", avance Jean-François Kando. Il informe que le gouvernement peut faire un projet de loi qui sera examiné puis voté par le parlement. Une fois la limitation acquise, Martin Tsika prône la mise en place d’une commission qui veillera au respect du seuil fixé. Pour lui, "cette commission devrait recevoir les devis et factures définitives de campagne. On aurait ainsi une idée de ce que chacun a dépensé. Ceux qui ne s’exécuteraient pas seraient écartés de la course." Alain Louganana, de son côté, plaide pour une limitation au cas par cas : "On devrait tenir compte de la taille de chaque formation politique, du nombre de militants dans les circonscriptions et de la taille de chaque circonscription."

 

Le message plus précieux que l’argent

Toutefois, plusieurs citoyens pensent que l’argent seul ne permet pas forcement à un candidat de l'emporter. "On en a vu qui avaient habillé toute une circonscription et multiplié les actions de charme, mais qui n’ont pas été élus... Les populations accordent de plus en plus leurs suffrages aux candidats qui leur proposent d'agir pour le bien-être social et non à ceux qui les comblent de cadeaux", souligne Alix, enseignant dans un lycée.

Pour Eddy, réalisateur de cinéma, la proximité du prétendant d’une élection avec les populations est un élément clef dans le choix des électeurs. "On a vu des candidats qui, bien que pauvres, ont fait bonne figure. (Comme Roger Massoukou, candidat indépendant, qui a contraint à un 2e tour Claudine Munari, ministre du Commerce, dans la circonscription de Mouyondzi dans le département de la Bouenza, Ndlr). L’argent est l’argument de ceux qui sont en mal d’arguments", ajoute-t-il.

Pour plusieurs autres observateurs, la limitation du budget contribuerait tout de même à réduire l'achat des votes. Selon eux, les candidats, à la fin de la campagne, devraient ainsi fournir les justificatifs détaillés sur l’utilisation de leurs budgets.

 

Serge Patrick Mankou

 

 

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com