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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
  • Le blog de Syfia Congo Brazza
  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 14:05

(CRP/Syfia) Au Congo Brazzaville, médecins, associations, malades et politiciens demandent la gratuité des traitements contre le cancer. Jusqu'ici, sous-informés et pauvres, la plupart des patients découvrent tardivement leur maladie et ne peuvent supporter financièrement leurs traitements. 3 cancéreux sur 4 en meurent…

 

Un aveu d'impuissance. "Je pratique la cancérologie depuis 30 ans. Nous avons très peu de résultats probants…", a dernièrement reconnu le chef de service au Centre hospitalier et universitaire de Brazzaville (CHUB), le Pr Jean Bernard Nkoua Mbon. Le 4 février dernier, à l'occasion de la Journée mondiale contre le cancer, il a donc suggéré au gouvernement d'offrir la gratuité des traitements.

A noter qu'à la demande du directeur général de la santé, instruit par le ministre de la Santé et de la population, une commission composée de responsables de cancérologie et d'associations est en train de rédiger un programme national de lutte contre le cancer pour mettre en place un plan sectoriel et stratégique pour 2013-2016.

Le temps presse. Le CHUB enregistre en effet plus de 500 personnes touchées par cette maladie chaque année, soit 15 % des admissions. "Les 3/4 d'entre eux, arrivent au stade avancé et le 1/4 restant n'achève pas non plus toujours le traitement à cause de son coût élevé", alerte le Pr Nkoua Mbon. En moyenne, pour un cancer du sein généralisé, le coût est par exemple évalué à 6 millions de Fcfa (plus de 9 000 €)… Les malades démunis terminent donc leur vie sans soins, à leurs domiciles… "Sur ces 500 cas enregistrés, 350 meurent" (70 %, soit près de 3 malades sur 4 !), rapporte un spot publicitaire à la télé.

 

Dépistage précoce et vaccination

D'où l'utilité du dépistage précoce et de la vaccination. Certains cancers comme celui du col de l'utérus ou du foie (vaccination contre l'hépatite B) peuvent en effet être prévenus. La nouvelle association Solidarité Cancer du Pr Nkoua Mbon procédera ainsi en avril prochain à Oyo (400 km au nord de Brazzaville), à la vaccination de 5 000 filles âgées de 9 à 13 ans contre le virus du papillome humain, induisant le cancer du col de l'utérus. Cette opération, la toute première au Congo, devrait ensuite s'étendre à Mossendjo et à Mouyondzi (au sud), ainsi qu'à Ouésso (au nord). Suivra ensuite une évaluation. Les conclusions seront remises au ministère de la Santé pour voir comment intégrer ce vaccin à l'échelle du pays.

Une autre association, la Fondation Kalissa Ikama, du nom d'une adolescente décédée d'un cancer de l'intestin à l'âge de 15 ans, tire aussi la sonnette d'alarme. Son secrétaire à la communication et chargé de programmes, Ken Phineas Tchiteya, souligne : "Au Congo, au cours des cinq dernières années, en moyenne sur 30 enfants cancéreux reçus au CHUB, 29 meurent. Pourtant, en Occident, les cancers les mieux guérissables sont ceux de l'enfant..." En cause : l'absence de spécialistes en oncologie (cancérologie) pédiatrique. Cette association a mené diverses actions depuis sa création en 2008. Notamment une campagne de communication et de prévention en milieu scolaire ("85 jours pour s'unir contre le cancer"), et une pétition pour la mise en place d'un plan national de lutte.

Le registraire du service de cancérologie au CHUB, Gérard Ibara, rappelle de son côté que depuis 2000, le CHUB a fait des dépistages gratuits du cancer du col de l'utérus, grâce à un centre de lutte contre le cancer basé en France : "Nous avons fonctionné normalement pendant deux ans, puis ce centre a arrêté ses aides. Les malades qui ne peuvent se prendre en charge ont depuis été remis à la disposition des parents..."

 

Spots de sensibilisation

Pour les enfants comme les adultes, apprendre qu'on a un cancer équivaut presque aujourd'hui à une condamnation à mort… "J'ai perçu l'annonce de cette maladie comme une fatalité, vu les coûts élevés des traitements", se souvient Marie José, aujourd'hui pourtant en rémission. Si son état s'est amélioré, elle déplore tout de même le manque de moyens modernes dont souffre, selon elle, le CHUB. Ainsi, l'appareil de radiothérapie n'y fonctionne plus depuis 2009, faute de manipulateurs. "J'ai appris que les malades vont faire cet examen au Cameroun", regrette encore Marie José. "Depuis qu'une tache a été décelée dans mon poumon, je n'ai toujours pas rencontré le médecin traitant. Les rendez-vous ont été reportés à maintes reprises…", se plaint une autre patiente.

Médecins, associations et malades sont rejoints dans leur plaidoyer pour la gratuité par certains politiciens. A l'image de la sénatrice d'Okoyo, Victoire Ngolengo, qui a souhaité être la première à voter ce projet de loi s'il arrivait au Sénat. Elle a par ailleurs, elle aussi, déploré le manque de personnel qualifié pour manipuler certains appareils médicaux. Un attaché à la commission santé du Sénat, ayant requis l'anonymat, a également souhaité que la gratuité du traitement dont bénéficient les malades du VIH/Sida, paludisme et tuberculose, soit élargie à ceux du cancer. "D'après les statistiques de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le cancer fait plus de ravages que ces trois maladies réunies", affirme-t-il.

Le plaidoyer en cours pour la gratuité a au moins déjà un mérite : celui de briser le déficit de communication, la sous information étant la principale cause du diagnostic tardif au Congo. A cet effet, des spots de sensibilisation sur le cancer sont diffusés dans les médias audiovisuels pour attirer l'attention de la population et des décideurs.

 

Flore Michèle Makoumbou

 

 

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com