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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

13 août 2014 3 13 /08 /août /2014 16:04

(CRP/Syfia) Au Congo Brazzaville, rares sont les couples à utiliser des moyens de contraceptions. Les femmes ont parfois ainsi plus de 6 enfants. Autant de bouches difficiles à nourrir…

 

"Au quotidien, la vie est devenue chère. Nous n’arrivons plus à nourrir, ni à scolariser nos enfants. Mon mari et moi avons donc décidé d’utiliser un moyen de contraception. Je vais prendre la pilule, car nous allons être encore plus pauvres à force de faire trop d’enfants... Mieux vaux nous arrêter là", explique Aline Légnoki, la quarantaine révolue,  déjà mère de neuf enfants. Aline est agricultrice à Mossaka (département de la Cuvette) à plus de 400 km au nord de Brazzaville. Elle était de passage dernièrement dans la capitale pour une consultation, avec son mari, au quartier Plateau des 15 ans, à la clinique de l’Association congolaise pour le bien-être familial (ACBEF).

Comme Aline, au Congo bon nombre de femmes utilisent jusqu’ici peu les méthodes contraceptives qui limitent les naissances. Zéphirin Abel Moukolo, directeur des programmes de l’ACBEF, précise : "A Brazzaville et à l’intérieur du pays, seule une femme sur cinq les utilisent et moins d’une sur deux a recours aux méthodes naturelles (respect du cycle menstruel, coït interrompu, Ndlr)." Des calculs approximatifs et des comportements qui multiplient les risques de grossesses incontrôlées. Selon une enquête démographique et de santé réalisée en 2011-2012 par le Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP), le taux de fécondité était de 4,5 enfants par femme en ville et de 6,5 enfants en milieu rural.

Certaines mamans remarquent que ces multiples grossesses les rendent moins productives. "Quand je n’avais pas encore beaucoup d’enfants, je pouvais faire deux plantations de maniocs et de bananes par an. Mais, les grossesses m’ont affaiblie. Et, avec le poids de l’âge, je ne pense plus battre ce record", regrette Aline Légnoki.

 

Futurs enfants de la rue ?

Carmen Diansi, 36 ans, déjà mère de six enfants avec lesquels elle partage un studio de 15 m2 environ, vit les mêmes difficultés : "A cause de cette précarité, un de mes fils a mis fin à ses études au cours préparatoire deuxième année (CP2)..." Pour assurer la survie de sa famille, Carmen, dont le mari habite dans une autre localité et ne travaille pas, est contrainte de tresser des clientes. Elle gagne entre 1 000 et 2 000 Fcfa (entre 1,50 et 3 €) par coiffure.

"Avoir trop d’enfants empêche la femme de s’épanouir qu’elle soit citadine ou rurale", résume une infirmière de l’ACBEF qui a requis l’anonymat. Une conception qui est encore loin de faire l’unanimité… "Dans les villages, un homme avec beaucoup d’enfants est mieux considéré. Si tu fais faillite dans les affaires, tes enfants seront toujours là pour te soutenir", estime par exemple Hélène Ngokouba.

Le grand nombre de naissances semble favorisé par le manque d’informations des couples. "C’est l’une des principales raisons qui poussent certaines femmes à multiplier le nombre d’enfants. La plupart du temps, cela les plonge dans la pauvreté…", regrette Inès Féviliyé, secrétaire générale de l’association Mouvement des mères pour  la paix, la solidarité et le développement.

Du coup, les préjugés contre les moyens de contraception sont tenaces. "Je ne permettrai jamais à ma femme de prendre la pilule, car cette dernière rend stérile !", croit savoir un journaliste qui a requis l’anonymat. Marna Mankéné, la trentaine, déjà maman deux fois, a un avis radicalement opposé : "La venue d’un enfant doit être préparée. En dépit du contexte africain qui soutient que les enfants sont synonymes de richesse ou un don de Dieu, il faut aussi tenir compte du coût de la vie. Elle conclut, si les naissances ne sont  pas programmées, le risque est grand que ces bébés deviennent ensuite des enfants de la rue."

 

Flore Michèle Makoumbou

 

Août 2014

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com