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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

24 mai 2013 5 24 /05 /mai /2013 13:23

(CRP/Syfia) Certains députés congolais n'ont aucun collaborateur, alors que leur statut le leur permet. Un isolement préjudiciable aux citoyens. Politiciens et ONG invitent les électeurs à retirer leur confiance en ces élus trop gourmands.

 

Deux attachés parlementaires, un garde du corps et un chauffeur : quatre personnes entourent Gaëtan Nkodia, député de la 1ère circonscription de Tié-Tié à Pointe-Noire, membre du Parti congolais du travail (PCT), principale formation de la majorité présidentielle. "Agronome et géographe de formation, je ne maîtrise pas les questions de droit. J'ai donc besoin des services d'un juriste. J'ai été élu pour faire des propositions pertinentes sur les problèmes de la Nation. Ainsi, j'ai été obligé de m'entourer de collaborateurs", explique-t-il. 

Gaëtan Nkodia a par ailleurs une autre équipe de cinq membres à Brazzaville, soit un effectif de neuf personnes dans les deux villes : "Le cabinet de Brazzaville m'assiste directement dans mon travail à l'Assemblée (examen des dossiers, rédaction des rapports, etc. Ndlr). Je fais la coordination."

Au Congo, le Règlement intérieur de l'Assemblée nationale (articles 66 et 69) évoque le statut du député et son droit d'avoir des collaborateurs. Un chauffeur, un garde du corps, un attaché parlementaire sont pris en charge à hauteur de 150 000 Fcfa (230 €) et un suppléant à hauteur de 500 000 Fcfa (760 €), par le budget du Parlement.

 

"Les collaborateurs font les grands chefs"

Pour Pascal Loemba, suppléant de Paul Tchignoumba, député indépendant de la 2e circonscription (arrondissement 2 Mvoumvou) de Pointe-Noire, et qui est entouré de quatre collaborateurs, "que le législateur ait pensé à mettre une telle disposition ne peut que nous réjouir. Ce sont les collaborateurs qui font les grands chefs. Un parlementaire doit avoir des experts autour de lui. Dans une certaine mesure, cela contribue aussi à lutter contre le chômage ou la pauvreté."

Toutefois, une minorité de parlementaires n'ont pas d'assistants. Sur des questions majeures de la Nation, ils réfléchissent, examinent et élaborent seuls les documents inhérents à leurs fonctions. Sous couvert d'anonymat, un député de la législature précédente raconte l’histoire d’un député encore en fonction qu’il n’ose pas citer : "Ce collègue-là n'a pas de garde du corps, pas d'attaché parlementaire, pas de chauffeur, pas de secrétaire… Personne autour de lui. Un jour, après la session, il s'est plaint d'avoir égaré son sac qui contenait 700 000 Fcfa (plus de 1 000 €). À qui pouvait-il s'adresser ?" Affirmant avoir assisté à la scène, le secrétaire particulier d’un autre député, sous couvert d'anonymat, confirme : "Ce monsieur a failli pleurer dans la salle, pendant que ses collègues se moquaient de lui..."

Si certains parlementaires s'abstiennent de commenter cet isolement volontaire, d'autres, par contre, ont une explication toute trouvée. "C'est de la gourmandise, de l'égoïsme. Car, l'argent que le Parlement verse pour les collaborateurs passe par le député... Pour en jouir seuls, certains préfèrent évoluer seuls", déduit Pascal Loemba. Les députés touchent en effet chaque mois 3 millions de Fcfa (plus de 4 500 €) et perçoivent un fonds supplémentaire (inscrit dans leur ligne budgétaire). Et ce, même s’ils n’ont pas de collaborateurs à payer...

 

Hors sujet ou dormeurs

Pour certains observateurs, il y a un lien étroit entre les prestations des parlementaires et leur volonté de travailler sans assistants. "Notre parlement propose rarement des lois. Nos députés et sénateurs se contentent le plus souvent d'examiner des projets de lois venus du gouvernement", observe Jean de Dieu Batchi, juriste. "Même leurs interventions sont, à la limite, légères. Ils se contentent de corriger des virgules ou des fautes d'orthographe, alors qu'ils devraient examiner les lois en profondeur pour le bien-être du peuple. Par ailleurs, il y a des parlementaires qui dorment en pleine session…", déplore un professeur de philosophie qui n’a pas voulu être cité.

Le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale ne prévoit aucune sanction pour ces députés solitaires. Politiciens et membres de la société civile appellent donc les électeurs à "savoir qui ils envoient à l'Assemblée. Le vote-sanction est la meilleure manière de punir un élu qui déroge à ses devoirs", propose Jean Pierre Massamba, président du Mouvement international de la réconciliation (MIR), une ONG congolaise.

D’autres parlementaires estiment, eux, que le vote-sanction est un "coup d'épée dans l’eau" en raison des conditions dans lesquelles se déroulent les élections au Congo. "Si un parlementaire se comporte de la sorte, c'est parce qu'en fait, il n'a pas d'obligation de résultats ; il reconnaît ne pas avoir été choisi par le peuple. Pourtant, il doit en principe faire ses preuves en élaborant des propositions pertinentes au profit de la population", dénonce Zinga Mabio-Mavoungou du Rassemblement pour la démocratie et le progrès social (RDPS), parti de la majorité.

 

John Ndinga-Ngoma

 

 

 

 

 

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com