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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 15:02

(Syfia/CRP) Face à la montée du chômage des jeunes diplômés et aux défaillances des structures d'aide à l'insertion professionnelle, la société civile prend des initiatives originales et relativement efficaces. Salon de l'emploi et formations pratiques contribuent à rapprocher les jeunes des besoins du monde professionnel.

 

Diplômée dans le secteur des assurances, Andocheline Otsoa est désemparée : "Je cherche du travail depuis dix ans…" Elle n'est pas la seule à vivre cette situation. Les jeunes Congolais ont en effet de plus en plus de mal à trouver un emploi à la fin de leurs études. Selon l'Office national de l'emploi et de la main-d'œuvre (ONEMO), le nombre de jeunes diplômés au chômage (15 000) a augmenté de 25 % l'année dernière. Anne Marie Bikindou, directrice de la prospection et du placement à l'ONEMO explique cela par l'absence, depuis de nombreuses années, "d'une politique d'emploi des jeunes diplômés".

Accompagnés par des structures officielles d'aide à l'insertion professionnelle pas assez performantes, les chercheurs d'emploi ont peu d'opportunités de rencontrer des recruteurs et de se faire repérer. Ces derniers temps, la société civile mène des actions concrètes pour y remédier. L'Association initiative d'aide au développement (AIDD) organise ainsi chaque année, depuis deux ans, un salon de l'emploi. Le but, explique Léocadie Ondzé, membre de cette association, est de "donner la chance aux jeunes diplômés qui cherchent un emploi d'aller vers les sociétés qui les intéressent et qui ont des offres". Les candidats sont également formés à la présentation de leur CV, la rédaction de lettres de motivation et la préparation aux entretiens d'embauche, etc.

 

Université inadaptée

Florent Madzou, directeur des ressources humaines des Mutuelles congolaises d'épargne et de crédit (Mucodec) était présent aux deux éditions de ce salon. "Nous y avons recruté trois personnes dont les profils correspondaient à nos besoins", explique-t-il. Laure, titulaire d'une Maîtrise en sciences économiques, aujourd'hui caissière dans ces mutuelles, est l'une de ces recrues. Lors du salon 2008, elle avait rencontré Florent Madzou avec qui elle s'était entretenue. "À sa demande, se souvient-elle, j'ai déposé mon dossier, passé un entretien et réussi le test final".

Comme elle, Paco Cleme, après ses études universitaires, a décroché un poste de comptable à Nathalys, une entreprise locale contactée au salon de 2009. À cette occasion, il avait discuté avec le directeur général de l'entreprise, faisant valoir l'expérience acquise lors de ses stages. Plus d'une quinzaine d'entreprises et environ 2 000 jeunes ont pris part au dernier salon qui s'est tenu en mai dernier à Brazzaville. Analysant les résultats de cette initiative depuis les débuts, Guylaine Mbany, présidente de l'AIDD, estime que "grâce au salon, nous avons pu placer 200 jeunes diplômés".

D'autres ONG obtiennent elles aussi des résultats encourageants. Dans un pays où les formations universitaires sont souvent trop théoriques ou inadaptées aux besoins du marché du travail, l'Association ville campagnes emplois (AVICE) a trouvé une parade dans le secteur agricole. Elle propose des formations pratiques aux lauréats de l'Institut du développement rural (IDR) et à d'autres volontaires. En trois ans, selon Victor Dimina, le président de cette association, "21 jeunes ont été formés, qui aujourd'hui se sont mis à leur propre compte". Parmi les bénéficiaires, Laure Batamio élève de la volaille : "Avec une ferme de près de 500 pondeuses, je gagne mieux ma vie que certains fonctionnaires !". Côme Bitsoumanou, président de Cercle d'action développement et d'animation rurale, est convaincu que l'agriculture et l'agro-alimentaire sont des secteurs porteurs à développer pour réduire le chômage des jeunes.

 

Développer les stages en entreprises

Le secteur pétrolier, qui a connu une forte croissance en 2009, manque lui aussi de personnel qualifié. Dans le journal interne de l'entreprise, Serge Bouiti-Viaudo, coordonnateur développement durable à Total E & P Congo, estime que l'Université devrait "revoir le contenu des programmes tout en formant des enseignants, afin d'orienter des étudiants vers des thématiques pétrolières qui correspondent à nos besoins".

Conscient de l’ampleur du problème, le ministère chargé de l'Emploi entend faire avancer les choses, notamment à travers l'ONEMO. Désormais, ce dernier affiche dans ses locaux toutes les informations sur les emplois. L'Office prévoit également de donner aux chômeurs des formations plus pratiques dans différentes filières, puis de leur trouver des stages, sortes de pré-emploi dans les entreprises.

Pour trouver des solutions adaptées, il faudra d'abord sans doute améliorer le diagnostic. Reste en effet à mettre en place l'indicateur de suivi prévu dans le Rapport d'avancement de la mise en oeuvre de la stratégie de réduction de la pauvreté, à savoir : le pourcentage de diplômés de l'enseignement supérieur ayant trouvé un emploi correspondant à leur formation dans les deux années suivant leur sortie.

 

Jean Thibaut Ngoyi

Septembre 2010

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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commentaires

kibala 14/07/2015 15:37

inscription

Omar Houache 16/01/2011 17:38


J'ai lu l'article; il est très interessant. Je voudrai s'il-vous-plait, avoir des informations sur le taux de chômage le plus récent en République du Congo (Brazzaville). Je suis chercheur et
auteur d'ouvrages.

Je vous remercie, et meilleures salutations.

houache11@yahoo.com


Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com