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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
  • Le blog de Syfia Congo Brazza
  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 09:06

(CRP/Syfia) Dans sa loi des finances 2013, le gouvernement du Congo Brazzaville vient d'instituer une nouvelle taxe sur le tabac et les alcools. Leurs prix ont augmenté plus que prévu. Du coup, les consommateurs en achètent moins ou… plus du tout !

 

"Un bâton à 50 francs, trois à 100 francs". Depuis le début de l’année, cette offre promotionnelle figure devant les points de vente de tabac. La loi des finances 2013 est passée par là. Cette dernière instaure une taxe spécifique sur le tabac et les alcools. Le prix d'un paquet de cigarettes a ainsi été officiellement revalorisé de 50 Fcfa (moins de 10 centimes d'€) ; celui des boissons alcoolisées de 65 cl a lui augmenté de 25 Fcfa.

Le gouvernement entend ainsi récupérer des recettes qui seront, selon les termes de la loi des finances 2013, allouées à la couverture des dépenses de santé et de sport. Il veut aussi inciter les consommateurs à réduire leur consommation… Dans un document publié en mai 2012*, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) explique, en effet, que "si aucune mesure n’est prise d'urgence, le nombre annuel de décès dus au tabac pourrait atteindre plus de 8 millions d’ici 2030 dont plus de 80 % surviendront dans des pays à revenu faible ou intermédiaire."

Quant à l'alcoolisme, d'après l'OMS, il entraînerait chaque année la mort de près de 2 millions de personnes sur notre planète... Sur le long terme, la consommation d'alcool à doses fortes ou moyennes répétées contribue à plus de 60 maladies et affections : cancers, maladies du foie et du pancréas, troubles cardiovasculaires, maladies du système nerveux et troubles psychiques (agressivité inhabituelle, rapports sexuels à risque sans préservatif, etc.).

 

"Nous sommes obligés d'arrêter !

Depuis janvier, il n'y a pas que les conséquences sur la santé qui sont dissuasives pour les consommateurs…A Pointe-Noire, la hausse dépasse le seuil fixé par l’autorité. A l’unité, le prix de la cigarette a doublé, passant de 25 à 50 Fcfa. La bouteille de 65 cl est elle passée de 500 à 600, voire 700 Fcfa (plus d'1 €). Du coup, les consommateurs y réfléchissent désormais à deux fois… "Hier, avec 500 Fcfa, j'avais 20 cigarettes, aujourd’hui, avec la même somme, je n'en ai plus que 10… J'ai donc réduit ma consommation de moitié !", assure Brice Mouagna. Berole Mankessi va plus loin : "Nous sommes obligés d'arrêter ! Si, chaque jour, il fallait payer 500 Fcfa, à la fin du mois, nous aurions dépensé 15 000 Fcfa (23 €) ! Une somme qu'on peut utiliser pour payer les frais d’écolage de sa progéniture !"

Jadis solidaires, les fumeurs changent de comportement. "Ces derniers temps, quand l'un d'entre eux demande à un autre s'il peut le 'dépanner', on entend dire : 'Mon gars, les temps ont changé, la cigarette devient chère tu sais !'", observe Yvette Saya, présidente de l’Association congolaise pour la santé publique et communautaire (ACSPC). Depuis 2002, le plaidoyer de cette association a débouché, dix ans plus tard, sur l’adoption et la promulgation, le 4 juillet, de la Loi n°12-2012 relative à la lutte anti-tabac. Avant cela, en 2010, cette OSC avait appelé au boycott des transports en commun dans lesquels on fumait. La même année, l’initiative avait intéressé les hôpitaux. La Loi de 2012 (article 2) interdit dorénavant très clairement "la consommation de tabac, sous toutes ses formes, dans les lieux affectés à un usage public, notamment sanitaire, scolaire et professionnel, et dans les moyens de transport en commun." Ceux qui ne respectent pas cette interdiction sont passibles d'amendes de 6 000 à 24 000 Fcfa (de 9 à 36 €).

 

Une avancée à confirmer

La Société civile ne semble pas seule dans ce combat. "Dans les bars et restaurants notamment, des espaces pour fumeurs devraient être aménagés, afin que ces derniers n'agressent pas les non fumeurs", souligne Jean-François Kando, 1er secrétaire du Conseil municipal de Pointe-Noire. Conformément à la Loi, les affiches publicitaires sur le tabac ont déjà disparu des artères de la ville. Ne sont plus visibles que celles pour des boissons alcoolisées. Début février dernier, la direction départementale de la santé a toutefois attiré l’attention des populations sur les dangers de l'alcool. Des médias parlent aussi de ces questions. En janvier dernier, la chaîne de télévision privée DVS+ a donné la parole à Mafoua Niari, parvenu après plusieurs années, à rompre avec la cigarette : "Avec la volonté, j’ai pu m'en sortir. Tout le monde peut en faire autant !"

L'augmentation des prix aidera, sans doute, certains à suivre le même chemin. Mais, il faudra aussi que le grand public soit davantage informé. Une enquête publiée par l’ACSPC montre en effet que 59 % des personnes interrogées ignorent les produits toxiques (goudron, nicotine, monoxyde de carbone, etc.) contenus dans la cigarette. Pour Yvette Saya, il faudrait appliquer la Loi et "présenter sur les paquets les effets sur le corps humain, afin que les consommateurs prennent conscience des risques liés au tabagisme." Plusieurs associations s’accordent à dire qu’il faut répéter au public que la consommation d’alcool et de tabac est dangereuse pour la santé et pas seulement l’abus.

Ces OSC voient donc dans les nouvelles taxes une avancée, mais attendent des initiatives supplémentaires des pouvoirs publics.

Serge Patrick Mankou

 

* http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs339/fr/index.html

 

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com