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Présentation

  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

27 novembre 2009 5 27 /11 /novembre /2009 09:24

(Syfia/CRP) Autodidactes pour la plupart et travaillant parfois avec du vieux matériel, les jeunes du Collectif génération Elili dépoussièrent le métier de photographe au Congo Brazzaville. Bon nombre d’entre eux parviennent à vivre de leur passion. Certains commencent même à être connus et reconnus.

 

Passion et besoin de se démarquer de leurs aînés. Telles ont été et sont encore les motivations des membres du Collectif génération Elili (image en lingala). Plutôt que les cérémonie et les portraits de famille, ce regroupement de 23 jeunes photographes préfère mettre en lumière des scènes de la vie quotidienne auxquelles on ne prête généralement pas attention : voyages en train, shégués (enfants de la rue), bars et musiques, "sapologie", etc.

Cinq passionnés d’horizons divers (bacheliers, étudiants, artisans) sont à l’origine de ce collectif créé après un stage en 2003 du Programme de soutien aux arts plastiques (PSAP), subventionné par l’Union européenne. Au départ, ils ne possédaient que quelques rudiments du métier, acquis auprès d’anciens photographes ou dans des ouvrages spécialisés.

Aujourd’hui, la "famille" s’est agrandie et se bat pour plus de visibilité dans le monde entier. Objectif en partie atteint pour certains. C'est le cas de Baudouin Mouanda, membre du Collectif, dont on peut notamment découvrir les images sur les séquelles de la guerre de 1997 en République du Congo sur le site d'Afrique in visu, plateforme d'échanges autour du métier de photographe en Afrique (http://www.afriqueinvisu.org). Elu meilleur photographe par le jury de l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa, il a été récompensé aux 5e Jeux de la Francophonie de Niamey (Niger) en 2005. La même année, Baudouin, encore lui, a été sélectionné trois fois au concours international pour le Grand prix photoreportage étudiant Paris Match/SFR. Il faisait partie des 30 candidats sélectionnés parmi quelque 4 000 !

En 2007, il se perfectionne à Paris au Centre de formation et de perfectionnement des journalistes (CFPJ), fait des stages à l’AFP et dans une école supérieure de l’image et couvre la campagne présidentielle française. Il y a deux mois, il couvre cette fois les élections au Gabon, avant de s’envoler à Bamako (Mali) où il expose en ce mois de novembre.

Que de chemin parcouru depuis sa première expérience photo en 1993. Alors élève de 6e, son père lui offre un appareil 28 mm avec une pellicule déjà entamée. "Heureux, j’ai photographié mes amis. Les photos étaient belles. Encouragé par mes copains, je me suis ensuite acheté ma première pellicule, mais cette deuxième expérience a été désastreuse. Sur 36 clichés seulement 7 étaient visibles", se souvient Baudouin. Cet échec ne le détourne pas de la photographie, au contraire. Plus tard à la fac, son père s’inquiète même de sa fidélité à cette passion. "Il me répétait souvent que la photo n’est pas un métier et qu’un jour je ne pourrais pas payer mon loyer", se souvient le fils.

 

Photographes plus visibles

Désiré Loutsono Kinzenguele, photographe et coordonnateur du collectif, se félicite de la reconnaissance de certains artistes membres. Des travaux ont ainsi bénéficié d’une aide à la création de CulturesFrance (organisme français d’aide aux initiatives culturelles) et sont présentés sur Afrique in visu. Des œuvres sont exposées à travers le monde, avec tous les avantages que cela entraîne (formations, ateliers, séminaires, bourses d’études). "A Brazzaville, les gens commencent petit à petit à s’intéresser à ce nous faisons", se réjouit Kinzenguele.

Qui dit visibilité dit premières retombées. "Comme tout travail artistique, il y a des hauts et des bas, mais j’arrive à en vivre", confie Armel Louzala, membre du collectif depuis fin 2006 et qui a bénéficié de plusieurs formations animées par des grands frères photographes. Comme Armel, ils sont de plus en plus nombreux à gagner leur vie grâce à la photo : "Ce n’est pas rose tous les jours, mais au moins nous n’allons pas mendier", résume Désiré Loutsono Kinzenguele.

Ce dernier est cependant conscient que cela n’est pas suffisant et qu’il faudrait ouvrir au Congo une école de photographie : "Nous, photographes, pourrions créer une école, mais avons-nous les moyens financiers et techniques pour mettre en place une telle institution sans l’apport du gouvernement ?", s’interroge-t-il. En attendant, le collectif continuera à se battre pour obtenir plus de prix et de formations afin d'aider ceux qui n’ont pas encore eu la chance de voyager.

 

Annette Kouamba Matondo

 

Novembre 2009

 

 

 

 

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com