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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 16:54

(CRP/Syfia) A Ewo, dans la Cuvette-Ouest, les droits des femmes dans le couple font débat. Fin janvier dernier, autour de cette question, les échanges ont été animés entre journalistes, représentants de la société civile et autorités locales.

 

"La femme dans le foyer mérite d’être soignée par son mari. Elle doit manger à sa faim et avoir de quoi s'habiller", a commencé par lancer Angélique Kébi, présidente de l’association Wemeyi (Tu es venu de ton propre gré, en téké). Son discours autoritaire a tout de suite délié les langues dans l’assemblée.

C’était le 29 janvier dernier, au cours d’un débat communautaire sur "les droits de la femme dans le ménage" organisé à Ewo par le Centre de Ressources pour la Presse (CRP) en partenariat avec Syfia International dans le cadre du projet"Journalistes, associations et autorités locales contribuent  à un meilleur respect des droits de femmes rurales pour lutter contre la pauvreté." Un projet piloté par le CRP, avec l’appui financier de l’Union européenne.

Animé en lingala par Hortense Nathalie Ngatsongo et Alain Michel Otiéli, sous la coordination de Gaston Elbi Enkari et Marien Nzikou-Massala, respectivement coordonnateur et coordonateur adjoint dudit projet, ce débat a rassemblé 43 représentants (dont 8 hommes) du monde associatif, des autorités locales comme le représentant du maire d’Ewo, celui de l'Unité départementale de lutte contre le sida (UDLS) et des journalistes.

 

Dialogue permanent

D'emblée, les participantes, à l'image de Julienne Ngotala, présidente du groupement Olingui Oyi (Tu peux venir si tu le désires), ont expliqué : "Il ne suffit pas de connaître nos droits, encore faut-il que cela se traduise dans les actes... Une fois qu’on épouse une femme, tous ses besoins doivent être comblés par son conjoint. Or, ce n’est pas toujours bien perçu par les hommes et c’est aussi sans doute pour cela qu’ils n’accordent pas d’importance aux droits des femmes."

Angélique Onounga, directrice départementale de la Promotion de la femme dans la Cuvette-Ouest, a confirmé que, malgré les différentes sensibilisations de sa direction, "la question des droits de la femme dans les ménages entraine des disputes dans les foyers et même des divorces." Prenant son exemple, elle a exhorté les couples à maintenir entre eux un dialogue permanent. "Je répète sans cesse à mon mari, ce qui t'appartient, m’appartient. Il sait que je ne plaisante pas sur certaines choses. Femmes, sachez revendiquer vos droits dans vos foyers !", a-t-elle martelé, faisant allusion, notamment, au droit à la santé, ou encore à ceux de vivre dans un habitat décent ou d'être nourrie. A propos de ces violences économiques, Angélique Kébi, a précisé que lorsque qu'une femme s'estime bafouée dans ses droits, elle peut ester en justice son époux : "Rien n’est plus humiliant que de manquer de savon, de sel ou d’huile dans sa maison …"

Des droits qui ne seront respectés que grâce à la ferme volonté de la femme d’émerger et de se faire entendre, a témoigné Hortense Apelé du groupement Congo-Victoire : "Certains hommes, quand tu leur fais état de tes besoins, ils se mettent en colère. Moi, dans ces cas là, je reviens à la charge une fois que mon mari est de bonne humeur. Nous pouvons alors discuter jusqu’à des heures indues si nous ne trouvons pas de compromis."

 

"Que la femme brise le silence"

Angélique Onounga a encouragé les femmes lésées à consulter les services de sa direction. "Si vous avez un problème dans votre foyer, nos portes sont ouvertes. Si votre problème demande d’autres compétences nous pouvons vous accompagner dans vos démarches (vers les autorités judiciaires, des agents sociaux ou le chef du quartier pour conseiller le couple, Ndlr). Nous voulons que la femme brise le silence et qu’elle dénonce tout ce qu’elle subit au sein de son foyer", a résumé la 'DD'.

Un avis contesté par Jacques Okaka, chef du quartier Ouenzé à Ewo : "Sur dix droits, je peux en respecter trois ou quatre... C'est largement suffisant ! Trop de droits tuent le droit. Dans un ménage, il ne peut y avoir qu'un seul chef !" Même son de cloche pour Emile Kekounda, chef du quartier Bouta : "Une fois que la femme est sous votre toit, elle dilapide l’argent à sa guise ! Même quand vous lui donnez l'opportunité de travailler, vous devenez son pantin. Je respecte ma femme, c’est l’essentiel. Quant à ses droits, cela va de paire avec son comportement..." Une opinion qu'a semblé partager Olouabiri Ebaye,  représentant le maire d'Ewo lors de ce débat.

De son côté, Aimé Kessakatira, chef de quartier Ewo-village, a insisté sur les nécessaires concessions : "Les femmes  ont certes des droits, mais elles les revendiquent mal. Il faut savoir parler à son mari, même quand celui-ci est pauvre."

Annette Kouamba Matondo

Mars 2015

 

 

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com