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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

29 septembre 2014 1 29 /09 /septembre /2014 12:55

(CRP/Syfia) A Ewo, à 630 kilomètres au nord de Brazzaville, des hommes cultivent les champs avec leurs femmes. Cette complicité rend le couple plus productif et profite au foyer.

 

"Continuer à penser que l’homme est le chef de ménage et qu’à ce titre, il a le droit de contraindre sa femme à la servitude est une attitude anachronique !" Au cours d’un débat sur les relations entre les femmes d’Ewo et les autorités locales, Albertine Onounga, directrice départementale de la Promotion de la femme de la Cuvette-Ouest, n’a pas mâché ses mots. Pour elle, "l’homme et la femme doivent travailler main dans la main pour le bonheur de leur foyer."

Cette déclaration est intervenue en juillet dernier lors d’un débat à Ewo. Y aurait-il depuis un début de prise de conscience ? Toujours est-il qu’à ce jour, dans la Cuvette-Ouest, de plus en plus d’hommes assistent leurs femmes dans les activités agricoles. "Ils préparent le terrain. Nous prenons la relève pour semer et récolter", résume Françoise Louboyo du groupement La main dans la main.

Dans les régions forestières, la participation de l’homme est déterminante. "Avec ma machette et ma hache, je coupe  les grands arbres. Je les dessouche et je les brûle. Madame forme les sillons et sème", explique Jacques Okaka, chef de quartier Ouenzé à Ewo. Les femmes apprécient. "Mon mari participe aux travaux agricoles. Son aide m’est très précieuse" se félicite Angélique Kebi du groupement We me yi ("Tu es venu de ton propre gré", en langue téké),

 

"Le butin appartient à la maison"

Ces femmes reconnaissent volontiers que, sans l’apport de leurs époux, elles cultiveraient sur une surface réduite. Certains couples arrivent ainsi à exploiter jusqu’à un hectare, alors que seule, une femme ne travaille généralement que sur un demi hectare. Quand le couple partage les efforts, les résultats sont là. La récolte, qui se fait une fois l’an, pour les cossettes de manioc peut être de cent sacs vendus dans des grandes agglomérations à hauteur de 30 000 Fcfa (45 €) l’unité. Ce qui est bénéfique pour le foyer. "Après avoir vendu notre production, ma femme et moi affectons l’argent obtenu à la popote et à bien d’autres besoins de la maison", souligne Jacques Okaka.

Dans d’autres couples, des hommes disent ne pas toujours être informés du montant réel de la vente, alors que la décision de vendre a été prise de façon concertée. "Certaines épouses ne présentent pas toujours les gains à leurs maris", confirme Julienne Ngotala, habitante d’Ewo et membre du groupement Olingui oyi ("Si tu veux, tu viens"). Pour ces femmes, leurs époux ne sont là que pour les aider, mais restant gestionnaires de l’argent du ménage, elles ne peuvent ou ne veulent pas lui monter le gain obtenu. Une attitude qui découragerait leurs maris. Kessa Ketsiba, chef de quartier Ewo-village, y voit plutôt "une question de mentalité et de volonté et non de partage du butin qui appartient forcément à la maison."

Certains ou plutôt certaines sont beaucoup plus à plaindre, à l’image des veuves et des femmes célibataires obligées de payer de la main d’œuvre pour préparer leurs champs. Par jour, elles déboursent environ 2 000 Fcfa (3 €) à chaque personne qui les aide. Ces services, dans le département de la Bouenza, précisément à Nkayi, au sud du pays, s’appellent moukomboto ("travail fastidieux", en langue kamba). Ils sont aussi parfois exécutés par des groupements religieux ou des associations, qui demandent alors un prix forfaitaire (10 000 Fcfa, 15 € pour une équipe de 20 personnes), une fois dans la semaine. Des tarifs inaccessibles pour les veuves et les célibataires les plus pauvres qui cultivent donc des terres à la limite de leurs forces et pratiquent une agriculture d’autoconsommation.

Mbawé Emilienne, du groupement des femmes rurales, dénonce "l’absence d’aide des autorités. Du coup, ces femmes travaillent à la main, dans des conditions pénibles." En juillet, les autorités présentes au débat ont fait leur mea-culpa et affirmé vouloir dorénavant  les aider. Les promesses seront-elles bientôt concrétisées en actes ?

Serge Patrick Mankou

Septembre 2014

 

 

 

 

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com