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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 07:59

(Syfia/CRP) Des femmes pygmées dynamiques et entreprenantes, formées par une association, ont monté des unités de production de savons qu'elles vendent dans le département de la Lékoumou, à 350 km à l'ouest de Brazzaville. Une réussite qui étonne les Bantous. Reportage.

 

"Quatre jours seulement après avoir reçu les premières notions du métier, les femmes pygmées avaient produit 150 morceaux de savons. Les hommes et leurs formatrices étaient surpris !", se souvient Nina Mboyo, coordonnatrice de l'ONG Azur Développement à Sibiti, une localité située à plus de 350 km à l'ouest de Brazzaville. "Au début je ne pensais pas qu'elles allaient s'adonner si facilement à ce travail, car aucun de nous ne le faisait avant", confirme Mpika, époux d’une de ces fabricantes de savons, rencontré avec sa femme au campement d’Indo, à cinq kilomètres de là.

Son épouse fait partie des 28 apprenantes formées depuis deux ans, par Azur Développement à Sibiti et Mayéyé (à 80 km de là toujours dans le département de la Lékoumou). Nina Mboyo précise qu'elles sont toutes désormais économiquement indépendantes. Au début, les formateurs avaient organisé le travail par groupes de trois ou quatre, pour leur permettre de s’organiser et de se compléter plus facilement. Aujourd’hui, chacune d’elle a son unité de production, mais celles qui sont dans le même campement se rendent toujours visite.

 

Indépendantes et décomplexées

Pour ces femmes qui, hier encore, accompagnaient leurs maris à la chasse et à la cueillette ou travaillaient dans les champs, la savonnerie représente une activité moins dure et plus rentable. "Je gagne chaque jour 5 000 Fcfa (plus de 7,5 €). A la fin du mois, je me retrouve parfois avec 150 000 Fcfa (près de 230 €)", se félicite Isabelle Diebe. Indépendantes, elles ne sont plus exploitées par un quelconque patron ou maître. Toutou Ngamiye, président de l’Association pour la promotion socioculturelle des Pygmées du Congo (ASPC) se souvient avoir ainsi porté plainte contre certains Bantous qui faisaient travailler des Pygmées durant toute la journée dans leurs plantations et les payaient "généreusement" en retour 500 Fcfa...

Avec la savonnerie, les Pygmées montrent qu'ils peuvent réussir dans des domaines traditionnellement réservés aux Bantous. Dorénavant, dans cette activité, ces deux peuples transcendent leurs préjugés et travaillent ensemble. Leurs savons sont livrés sur le marché de Sibiti et dans les villages environnants. Le morceau est vendu entre 50 et 100 Fcfa (entre 0,07 € et 0,15 €). "Je ne sens pas la différence entre celui d'un Bantou et celui d'un Pygmée. Tous utilisent les mêmes composants, obtiennent une bonne qualité et surtout un prix à la portée de tous", observe Alain Moussounda, un client bantou rencontré au marché de Sibiti. Comme d'autres, il apprécie la débrouillardise des Pygmées dans ces petits métiers.

Décomplexées et résolument entreprenantes, certaines vont plus loin. Pour écouler ses savons, Antoinette Nzambab a créé des dépôts de vente dans de petits villages. Elle aide ainsi d’autres jeunes qui les revendent au détail. "J'envoie les savons dans ces villages. Chaque fin de semaine, je m’y rends pour collecter l'argent. Je remets ensuite un pourcentage à ceux qui vendent à ma place, ce qui permet aussi à ces derniers de subvenir à certains de leurs besoins", fait-elle savoir. "Des jeunes femmes viennent nous demander quand nous allons organiser des formations sur la savonnerie !", ponctue Antoinette. Une bonne idée pour Isabelle : "Nous souhaitons transmettre certaines connaissances à d'autres pour qu'elles aussi profitent de ces revenus. Cela aiderait notre communauté."

 

Ouverture payante sur l'extérieur

La direction départementale des petites et moyennes entreprises basée à Sibiti, juge elle aussi encourageante l’initiative actuelle. "Une unité de production qui emploie deux voire une dizaine d'employés constitue une entreprise aussi petite soit-elle qui participe à la réduction de la pauvreté", explique en substance un cadre de cette direction sous le sceau de l’anonymat. Les difficultés ne manquent cependant pas. Les fabricantes connaissent ainsi une période de basse d'activité entre juin et septembre, à cause de la rareté sur le marché de l’huile de palme, un des composants de la fabrication du savon. "En saison sèche, ceux qui raffinent cette huile en augmentent les prix. Les bidons de 25 litres sont vendus entre 11 000 et 12 000 Fcfa (entre 16 et 18 €) contre 8 000 Fcfa (12 €) le reste de l'année", déplore Madeleine Moueme, une autre fabricante.

Outre la savonnerie, dans le département de la Lékoumou, Azur Développement et d'autres ONG comme l'ASPC ou l'Association congolaise pour l’intégration des peuples autochtones développent en faveur de ces groupements différentes activités : couture, vente de poissons salés, cueillette et vente de feuilles de manioc, etc. Chez les fabricantes de savon, on remarque déjà des changements : habits neufs, nouveaux ustensiles de cuisine, poste radio, etc. L'indépendance et l'ouverture sur l’extérieur sont passées par là…

 

Marien Nzikou-Massala

Mai 2011

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com