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  • : Le blog de Syfia Congo Brazza
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  • : Sur ce blog, vous trouverez des articles et des émissions sur la société civile congolaise. Un projet soutenu par l'Union européenne et mené par Syfia international et le Centre de Ressources pour la Presse (CRP).
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Le projet

Soutenu par l'Union européenne, le projet encourage le dialogue entre les autorités locales et les organisations de femmes qui luttent contre la pauvreté et pour un meilleur respect de leurs droits en milieu rural. Les journalistes vont jouer le rôle de médiateurs en favorisant notamment les rencontres débats entre ces trois groupes.

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Articles réalisés avec l'aide financière de l'Union européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de Syfia international et du CRP ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l'Union européenne.

Qui sommes-nous ?

Crée en 1994, le Centre de ressources pour la presse (CRP), association à but non lucratif de la presse congolaise, coordonne cette action. Il est le garant de la ligne rédactionnelle en étroite collaboration avec son partenaire, Syfia International. Il sélectionne, forme et suit individuellement les journalistes, organise les ateliers, les débats communautaires et les conférences de rédaction, assure les relations avec les médias locaux et suit la diffusion des émissions et des articles.

8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 07:19

(Syfia/CRP) Nelly Mouloumou est la première infirmière et vaccinatrice pygmée du Centre de santé intégré de Mayéyé, dans le département de la Lékoumou, à 350 km à l'ouest de Brazzaville. Présidente d’une association, elle est un exemple pour les membres de sa communauté comme pour les Bantous.

 

"La première fois que j'ai porté une blouse blanche et travaillé au service de la population sans qu'on tienne compte de l'ethnie de l'un ou de l'autre, je n'en revenais pas", se souvient avec joie Nelly Mouloumou, encore surprise de son accueil par les malades et le personnel soignant. Depuis 2004, Nelly est la première autochtone infirmière et vaccinatrice au Centre de santé intégré (CSI) de Mayéyé, localité située à environ 350 km à l’ouest de Brazzaville dans le département de la Lékoumou.

Encouragée par ses collègues, cette énergique femme de 39 ans, célibataire et mère de trois enfants, tient bon face aux railleries de quelques malades : "Je ne peux pas me faire traiter par un 'Mubongo' (Pygmée, en kituba, Ndlr)". "Certains vous regardent avec dédain, mais je les affronte de face. Même dans ma communauté, certaines personnes ne me voient pas d'un bon œil, car je suis contre les paresseux qui aiment tendre la main et ternissent l'image d'autochtone." Nelly n’a jamais fréquenté une école de santé, mais, formée aux soins infirmiers par le chef du CSI, un Bantou, elle a vite appris les rudiments du métier et est devenue son assistante. "Au début, j'avais des difficultés à comprendre certains termes médicaux, mais les amis et le chef m'ont beaucoup aidée", explique-t-elle, modeste.

Courageuse et déterminée dans son travail, elle fait l’honneur de sa communauté et attire des membres de celle-ci vers le CSI. "Les Pygmées fréquentent de plus en plus notre centre de santé, surtout ceux qui sont dans les villages faisant parti du district de Mayéyé. Ceux des campements reculés en forêt ne viennent se faire consulter que pour des interventions chirurgicales ou s'il y a des complications lors d'un accouchement", observe Antoine Mboungou, chef du CSI.

 

"Se faire une place par le travail"

Avant, les Pygmées se soignaient souvent avec des plantes médicinales. Avoir un des leurs employés à l’hôpital leur redonne espoir et dignité. "Quand j'étais là-bas, maman Nelly ne cessait de venir me demander comment j'allais et était très attentionné avec mon bébé", se souvient Marie Batetana, qui a accouché en mars dernier d’un petit garçon. Pour Antoine Mboungou, Bantous et Pygmées ont les mêmes droits : "Médecins et infirmiers qui ont prêté serment ne devraient pas regarder les clivages ethniques avant de recevoir ou de traiter la population." Depuis l’arrivée de Nelly au CSI, le comportement de certains personnels de santé a changé. Tous les malades sont désormais traités sans préjugés. 

Pour ne pas en rester là, avec des amis de son quartier Indoungou à Mayéyé, Nelly a crée en 2010 l’association Essayons Voir. Cette ONG compte aujourd'hui 50 adhérents. "Nous nous sommes regroupés pour être plus solidaires et faire face à n'importe quelle situation qui pourrait survenir dans la communauté", fait savoir la dynamique fondatrice et présidente. A ce jour, l'association a placé en apprentissage six jeunes filles pygmées dans des ateliers de couture tenus par des Bantous et cultive le manioc sur un champ de plus de deux hectares.

Autant d'actions qui contribuent à faire voler en éclats le complexe d'infériorité qui paralysait jusque là certains. "Un grand pas a été franchi. Il y a de plus en plus de jeunes Pygmées à l'école primaire et au collège. Certains veulent être comme Nelly…", se réjouit l'intéressée, ravie que son exemple et celui de certains cadres puissent servir de tremplin. Elle conclut : "C'est par le travail que l'autochtone peut se faire une place dans la société et être traité d'égal à égal avec le Bantou. Il faut inciter les jeunes à étudier !"

 

Marien Nzikou-Massala

Juin 2011

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Published by Syfia Congo Brazza - dans articles presse
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Le partenaire

Syfia international est partenaire du CRP dans la mise en œuvre du projet. Son bureau français, l'association Journalistes Médiateurs (J'M), assiste le CRP dans la gestion financière de l'action et le suivi rédactionnel des journalistes, en particulier dans la production des articles. Syfia regroupe 15 agences de presse dont 12 en Afrique (parmi lesquelles le CRP) et 3 en Europe. Les 100 journalistes de l'équipe travaillent en réseau pour produire et diffuser des informations prioritairement destinées aux médias et aux lecteurs et auditeurs du Sud.

Les medias associés

La vingtaine de journalistes participants sont tous membres de radios ou de journaux de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Sibiti, Djambala et Ewo. Leurs responsables diffusent les émissions et les articles réalisés dans le cadre du projet et participent activement aux formations. La présente action mise en particulier sur les radios rurales pour élargir la diffusion vers l'intérieur du pays.

 

Autorités et OSC associées

24 associations de soutien aux femmes et 24 autorités locales (4 sur chacun des 6 sites de l'action) prennent l'habitude de se réunir régulièrement. Les OSC rurales sont davantage connues des médias et reconnues par les autorités.

Contact

Centre de Ressources pour la Presse – Gaston Elbi Enkari
g.elbienkari(a)gmail.com

 

Syfia international – Bureau français : association Journalistes Médiateurs - 125, rue Raimu - 34 070 Montpellier - Emmanuel de Solère Stintzy
edesolere(a)gmail.com